La matinée s’est déroulée dans une grande amertume à cause de la privation de mon suprême et unique Bien. J’étais hors de mon corps.

Ma souffrance était si grande que ce que je trouvais en moi, je voulais le détruire parce que je le voyais comme un empêchement à trouver Dieu, mon tout.

N’y arrivant pas, je criais, je pleurais et je courais plus vite que le vent. Je voulais tout bouleverser, tout mettre sens dessus dessous pour trouver la Vie qui me manquait.

Oh ! Privation, comme ton amertume est grande et toujours nouvelle !

Cette amertume étant toujours nouvelle, l’âme éprouve toujours de nouveau ta souffrance. C’est comme si une chair se séparait en de nombreux lambeaux, lesquels se débattent pour leur vie, cette Vie qu’ils ne peuvent trouver que s’ils trouvent Dieu qui est plus que leur vie. Qui pourrait décrire l’état dans lequel je me trouvais ?

Pendant ce temps, les saints, les anges et les âmes du purgatoire accoururent et firent une couronne autour de moi. Ils m’empêchaient de courir, compatissaient avec moi et m’assistaient.

Cela était inutile pour moi . Parce que je ne trouvais pas Celui qui seul pouvait alléger ma souffrance et me restituer la vie.

En pleurant, je criais plus fort : « Dites-moi où je puis Le trouver. Si vous voulez avoir pitié de moi, ne tardez pas à me Le montrer. Je n’en peux plus ! »

Après cela, Jésus sortit du fond de mon âme en feignant de dormir et de ne pas se préoccuper de mon pauvre état.

Malgré qu’Il ne se préoccupait pas de moi et qu’Il dormait,

  • seulement à Le voir, je respirais sa vie comme on respire l’air. Je dis : « Ah ! Il est avec moi ! »

Cependant, je n’étais pas libérée de ma douleur. Il ne me prêtait même pas attention.

Par après, Il se réveilla et Il me dit :

« Ma fille, les autres tribulations peuvent servir

  • de pénitences, d’expiations et de satisfactions,.

Mais seulement la privation est une souffrance de feu qui

  • enflamme,
  • consume,
  • anéantit et ne s’arrête que quand la vie humaine est détruite. En consumant, elle vivifie et constitue la Vie divine. »