J’avais parlé à mon confesseur de mes craintes quant à savoir
- si, oui ou non, mon état de victime correspondait à la Volonté de Dieu et
- si, pour vérifier cela, je ne devais pas essayer de quitter cet état, pour voir si je pouvais réussir.
Mon confesseur, sans ses difficultés habituelles, me dit : « Très bien, demain tu essaieras. »
Je me suis sentie comme libérée d’un fardeau. Le prêtre célébra la sainte messe. Ayant communié, j’ai vu mon adorable Jésus en moi. Les mains jointes, Il me fixait du regard et suppliait pour de la pitié et de l’aide. À ce moment, j’ai quitté mon corps.
Je me suis trouvée dans une chambre où il y avait une femme noble et vénérable, gravement infirme et couchée dans un lit. La tête de son lit était si haute qu’elle touchait le plafond. J’étais forcée de rester au haut de cette tête de lit, soutenue par un prêtre, pour garder le lit stable et veiller sur la femme malade.
Pendant que j’étais dans cette position, j’ai vu quelques religieux
- entourant le lit et
- préparant des traitements pour la patiente. Avec beaucoup d’amertume, ils se disaient entre eux : « Elle est très malade, tellement malade ! Tout ce que ça prendrait, c’est une petite secousse du lit. »
Je me concentrais à tenir fermement la tête du lit de peur qu’un mouvement du lit puisse causer la mort de la dame. Voyant que l’épreuve se prolongeait, et ennuyée par mon inactivité, j’ai dit à celui qui me tenait :
« Par pitié, laissez-moi descendre. Je ne fais là rien de bien et je ne l’aide pas. À quoi ça sert que je reste comme cela ? En bas, je pourrais au moins la servir et l’aider. »
Le prêtre répondit :
« N’as-tu pas entendu que le plus léger mouvement du lit peut lourdement aggraver sa condition ? Si je te laisse descendre, il n’y aura personne pour stabiliser le lit et elle mourra. »
Je repris : « Est-ce possible qu’en ne faisant que cela je puisse empêcher sa mort ? Par le ciel, pose-moi par terre !»
Après que j’eus répété ces paroles plusieurs fois, il me posa sur le plancher sans que plus personne ne me tienne. Je me suis approchée de la malade et, à ma grande surprise et mon grand regret, j’ai vu que le lit bougeait. Sa face devint livide. Elle trembla et fit entendre les râlements de la mort. Les quelques religieux présents commencèrent à pleurer en disant : « Il est trop tard, elle en est à ses dernières respirations. »
Puis des ennemis, des soldats et des officiers entrèrent dans la chambre pour battre la malade. Quoique si gravement malade, elle se leva et, avec beaucoup d’intrépidité et de dignité, s’offrit pour être battue et blessée.
Voyant cela, j’ai commencé à trembler comme une feuille et je me suis dit en moi-même : « Je suis la cause de tout cela ; à cause de moi, ce mal arrive. »
J’ai compris que cette femme symbolisait l’Église, infirme dans ses membres et en bien d’autres choses (que je n’ai pas besoin de mentionner, puisque la signification est claire par ce que j’ai écrit).
Puis, à l’intérieur de moi, Jésus dit : « Si Je te suspends en permanence, mes ennemis commenceront à verser le sang de mon Église. »
Je répondis : « Seigneur, ce n’est pas que je ne veux pas rester dans cet état. Que le Ciel ne permette pas que je me retire de ta Volonté, même pour un instant. Si Tu veux que je reste, je resterai ; sinon, je quitterai. »
Jésus reprit : « Ma fille, si ton confesseur te dégage en disant : “Très bien, demain tu essaieras.”, ton rôle de victime cessera.
C’est seulement à travers l’obéissance qu’on devient une âme victime.
Si c’est nécessaire, Je ferai un miracle de ma Toute-Puissance pour éclairer celui qui te dirige. J’ai souffert volontairement, mais c’était l’obéissance à mon cher Père qui fit de Moi une victime. Il voulait que toutes mes actions soient marquées du sceau de l’obéissance. »
Revenant dans mon corps, j’étais effrayée de quitter mon état de victime, mais je me suis empressée de dire : « Celui qui.me dirige par l’obéissance doit y penser. Si le Seigneur me veut, moi je suis prête. »