L’heure habituelle étant venue d’entrer dans mon état habituel de souffrance. A cause de ma grande amertume, une amertume telle

  • que je n’en avais pas éprouvé de semblable dans toute ma vie, mon esprit ne pouvait pas perdre connaissance.

Ma Vie, mon Trésor, celui qui est tout mon bonheur,

  • mon tout aimable Jésus ne venait pas.

Je cherchais à me recueillir du mieux que je le pouvais, mais je sentais mon esprit tellement éveillé que je ne pouvais

  • ni perdre les sens,
  • ni dormir. Par conséquent, je ne faisais rien d’autre que de laisser couler mes larmes.

Je faisais tout ce que je pouvais pour effectuer dans mon intérieur ce que je faisais les autres fois quand j’étais sur le point de perdre connaissance.

Un à un, je me souvenais

  • des enseignements,

  • des paroles et

  • de la façon dont je devais toujours me tenir unie à Jésus.

Ces souvenirs étaient autant de flèches

  • qui blessaient âprement mon cœur en me disant :

« Aïe ! depuis quinze ans que tu l’as vu chaque jour,

  • tantôt plus longtemps, tantôt moins longtemps,
  • tantôt trois ou quatre fois et tantôt une seule. Tantôt Il te parlait et tantôt tu le voyais en silence, mais tu le voyais toujours.

À présent, tu L’as perdu, tu ne Le verras plus. Tu n’entendras plus sa voix douce et suave. Pour toi, tout est fini. »

Mon pauvre cœur se remplissait de tellement d’amertume et de douleur que je peux dire

  • que ma douleur était mon pain et
  • que mes larmes étaient ma boisson.

Mon cœur en était tellement rassasié

  • que je ne pouvais pas avaler une seule goutte d’eau. À cela s’ajoutait une autre épine.

J’avais souvent dit à mon adorable Jésus : « Comme je crains

  • que je sois la cause de mon état,
  • que mon état soit entièrement le fruit de mon imagination ! Je crains que ce soit de la simple fiction. »

Jésus me répondait :

« Écarte ces craintes. Plus tard, tu verras des jours où, au prix

  • de n’importe quel effort et
  • de n’importe quel sacrifice pour perdre connaissance, tu ne le pourras pas. »

Malgré tout cela, j’étais calme dans mon intérieur, puisque, au moins, j’obéissais, bien qu’il m’en coûtait la vie.

Je croyais que les choses allaient continuer ainsi

  • en me convainquant que le Seigneur,
  • puisqu’Il ne me voulait plus dans cet état, s’était servi de l’entremise de Monseigneur pour me donner cette directive.

Après deux jours passés ainsi, le soir,

  • alors que j’étais en train de faire l’adoration du crucifix, un éclair de lumière se présenta devant mon esprit.

Je sentis qu’on m’ouvrait le cœur et qu’une voix me disait :

« Pendant quelques jours, Je te tiendrai suspendue de ton état de victime Et, ensuite, Je te ferai tomber de nouveau dans cet état. »

Alors, je dis : « Seigneur, ne me feras-Tu pas Toi même revenir à mes sens, si Tu me fais tomber ?»

La voix répondit : « Non, c’est un décret de ma Volonté que tu quittes ton état de souffrance par l’action du prêtre. S’ils veulent savoir pourquoi, qu’ils viennent à Moi pour me le demander.

Ma Sagesse est incompréhensible. Elle utilise beaucoup de moyens inusités pour obtenir le salut des âmes. Cependant, bien qu’Elle soit incompréhensible, s’ils veulent trouver ses raisons,

  • qu’ils descendent dans la profondeur de la chose et
  • ils les trouveront, claires comme le soleil.

Ma Justice est comme une nuée chargée

  • de grêle, de tonnerre et de foudre.

En toi, Elle trouvait un frein pour ne pas trop peser sur les populations. Il ne faudrait pas qu’ils cherchent à anticiper le temps de ma colère ! »

Je répondis : « Tu as réservé ce châtiment pour Moi seule,

  • sans que je puisse espérer être libérée.

Tu as accordé tellement de grâces aux autres âmes. Elles ont tellement souffert pour ton amour et, pourtant, elles n’avaient besoin d’aucune action du prêtre. »

La voix continua : « Tu seras libérée,

  • mais pas maintenant,
  • au moment où commenceront les massacres en Italie. »

Cela fut pour moi un nouveau motif de douleur et de larmes amères. Tellement que mon très aimable Jésus, par compassion pour moi, remua en mon intérieur en plaçant comme un voile devant les paroles qu’Il m’avait dites.

Sans se faire voir, Il me fit entendre sa voix qui me disait :

« Ma fille, viens à Moi. Il ne faut pas t’affliger, éloignons un peu la Justice. Donnons-nous longuement à l’Amour de peur que tu ne succombes.

Écoute-Moi, J’ai tellement de choses à t’enseigner. Crois-tu que J’ai fini de te parler ? Non. » Je pleurais tant que mes yeux étaient devenus deux rivières de larmes.

Jésus poursuivit : « Ne pleure pas ma bien-aimée, mais écoute-Moi bien. Ce matin, Je veux entendre la Messe avec toi pour t’enseigner comment tu dois l’entendre. » Ainsi, Jésus expliquait et je suivais de près.

Puisque je ne Le voyais pas,

  • mon cœur était continuellement déchiré par la douleur. Et, de temps en temps, pour interrompre le flot de mes larmes, Il m’appelait.

  • Tantôt, Il m’enseignait quelque chose sur la Passion en m’expliquant sa signification et,

  • tantôt, Il m’enseignait à faire ce qu’il faisait dans son intérieur durant sa Passion.

Pour le moment, j’omets d’écrire ces choses. Je les réserve pour un autre temps, s’il plaît à Dieu.

Je continuai ainsi pendant deux autres jours.