Me trouvant dans mon état habituel, Jésus béni ne venait pas. Oh ! Comme j’ai souffert et combien de sottises j’ai dites ! Il est inutile de raconter cela ici.

Après m’être énormément fatiguée, je me suis sentie tout près d’une personne sans voir son visage. J’ai étendu la main pour la toucher et je l’ai trouvée avec sa tête appuyée sur mon épaule.

Elle était sans connaissance. Je l’ai regardée et j’ai reconnu mon doux Jésus. Il me semblait qu’il s’était évanoui à cause des nombreuses sottises que j’avais dites.

Dès qu’il eut repris connaissance, je ne sais combien d’autres sottises je voulais lui dire, mais Il me dit :

« Tais-toi, tais-toi ! Il ne faut plus parler. Autrement tu me ferais perdre connaissance.

Ton silence me permettra de reprendre vigueur. Et, ainsi, Je pourrai au moins

  • te donner un baiser, t’embrasser et te rendre heureuse. » Ainsi, j’ai gardé le silence et nous nous sommes embrassés maintes fois. Jésus me fit beaucoup de démonstrations d’amour, mais je ne sais les décrire.

Ensuite, je me suis retrouvée hors de mon corps Et je me suis mise à la recherche du Bien-Aimé de mon âme.

Ne Le trouvant pas, j’ai levé les yeux vers le Ciel : qui sait si je ne Le retrouverai pas.

Là-haut, j’ai vu la Reine Mère et Jésus Christ placés dos à dos. Ils se disputaient et, comme Jésus ne voulait pas écouter sa Mère, Il lui avait tourné le dos. Il avait l’air furieux et il me semblait que, de sa bouche, sortait le feu de sa colère.

La seule chose que j’ai comprise, c’est que, ce jour-là, Notre Seigneur voulait détruire tout ce qui servait de nourriture à l’homme, alors que la très Sainte Vierge ne voulait pas cela.

Jésus lui dit :

« Mais, sur qui épancher le feu de ma colère ? » La Mère lui répondit en me montrant du doigt : « Voici celle sur qui Tu peux épancher ta fureur. Ne sais-Tu pas qu’elle est toujours prête à accomplir nos volontés. »

En entendant cela, Jésus se tourna vers sa Mère comme s’ils avaient fait une trouvaille. Ils appelèrent des anges en donnant à chacun une étincelle de ce feu qui sortait de la bouche de Jésus.

Ces anges m’apportèrent ces étincelles. Ils en mirent une dans ma bouche et les autres sur mes mains, mes pieds et mon cœur. Comme j’ai souffert ! Je me sentais dévorée et rendue amère par ce feu.

Cependant, j’étais résignée à tout supporter. Jésus béni et sa Mère étaient spectateurs de mes souffrances. Jésus semblait un peu apaisé.

Pendant ce temps, je réintégrai mon corps. Mon confesseur était là pour me rappeler à l’obéissance selon son habitude.

Mieux que cela, il manifesta l’intention de me faire souffrir la crucifixion. Jésus se mit d’accord pour me partager ses souffrances. Il me sembla que mon confesseur avait complété l’œuvre commencée par la Reine Mère. Que tout soit pour la gloire de Dieu. Qu’il soit toujours béni.