Ce matin, mon adorable Jésus est venu et m’a transportée hors de mon corps au milieu des gens. Qui peut décrire les maux, les horreurs qu’on voyait ?
Tout affligé, Jésus me dit :
« Ma fille, quelle puanteur transmet la terre, elle qui ne devrait faire qu’un avec le Ciel !
Comme, dans le Ciel,
- on ne fait rien d’autre que de M’aimer, Me louer et Me rendre grâce,
- l’écho du Ciel devait absorber l’écho de la terre,
- les deux échos ne formant qu’un.
Mais, la terre est devenue insupportable. Toi, unis-toi avec le Ciel et, au nom de tous, donne-moi satisfaction. »
En un instant, je me suis retrouvée au milieu des anges et des saints. Je ne peux expliquer comment, j’ai perçu ce qu’ils chantaient et disaient. Tout comme eux, je fis ma part au nom de toute la terre.
Après cela, tout heureux et en se tournant vers tous, mon doux Jésus dit : « Voici, venant de la terre, une note angélique. Comme Je me sens satisfait ! »
Pendant qu’Il disait cela, comme pour me récompenser, Jésus me prit dans ses bras. Il m’embrassait sans arrêt en me montrant à toute la cour céleste comme l’objet de ses plus chères complaisances.
En voyant cela, les anges dirent : « Seigneur, nous te prions de montrer au monde entier ce que tu as opéré dans cette âme par un signe prodigieux de ta toute-puissance. Pour ta gloire et pour le bien des âmes, ne tiens plus cachés les trésors que tu as déversés en elle.
Ainsi, en voyant et en touchant du doigt
- l’œuvre de ta Toute-Puissance opérée dans un des leurs, ce témoignage sera
- source de repentir pour les mauvais et
- un plus grand stimulant pour ceux qui veulent être bons. »
En entendant cela,
- je me suis sentie saisie par une certaine crainte et,
- en m’annihilant totalement, au point que je me voyais comme un petit poisson, je me suis jetée dans le Cœur de Jésus en disant :
« Seigneur, je ne veux rien d’autre que Toi et d’être cachée en Toi.
Cela, je Te l’ai toujours demandé et je Te prie de le confirmer. » Cela dit, je me suis enfermée dans l’intérieur de Jésus comme si je nageais dans les très vastes océans de l’intérieur de Dieu.
Jésus dit à tous : « Ne l’avez-vous pas entendue ? Elle ne veut rien d’autre que Moi et d’être cachée en Moi. Cela est son plus grand bonheur. Moi, en voyant une intention aussi pure, Je me sens davantage attiré vers elle.
Et, en voyant son dégoût de se montrer au monde comme un signe prodigieux opéré par Moi, pour ne pas la contrister, Je ne vous concède pas ce que vous Me demandez. »
Il me semblait que les anges insistaient, mais je n’ai plus prêté attention à personne.
Je ne faisais rien d’autre que de nager en Dieu pour essayer de comprendre l’Intérieur divin.
Ce faisant, il me sembla être comme un petit enfant tentant d’étreindre dans sa petite main un objet de grandeur démesurée.
Pendant qu’il cherche à le saisir, l’objet lui échappe.
C’est à peine s’il arrive à le toucher, de sorte que l’enfant ne peut ni dire combien il pèse, ni quelle est sa grandeur.
Ou encore, je suis comme cet autre enfant
- qui n’est pas parvenu à faire des études avancées. Avec anxiété, il essaye de tout apprendre en peu de temps,
- mais il arrive à peine à apprendre les premières lettres de l’alphabet.
Ainsi, la créature ne peut dire autre chose que : « Je l’ai touché. Il est beau. Il est immense. Il n’y a pas de biens qu’il ne possède pas. Quel est son degré de beauté ? Quelle est sa grandeur ? Combien de biens possède-t-il ? Je ne peux pas le dire. »
Ainsi, la créature ne peut dire de Dieu que les premières lettres de l’alphabet. Elle doit laisser tomber toute étude avancée.
Même au Ciel, en tant que créatures, mes très chers frères les anges et les saints n’ont pas la capacité de tout comprendre au sujet de leur Créateur. Ils sont comme autant de récipients remplis de Dieu. Mais, lorsqu’on veut les remplir davantage, ces récipients débordent.
Je crois que je suis en train de dire beaucoup de sottises. C’est pourquoi je m’arrête.