Après plusieurs jours d’absence, Jésus eut ce matin la bienveillance de venir et Il me transporta hors de mon corps. Pendant que je me trouvais en présence de Jésus béni, je vis beaucoup de gens ainsi que les maux de la génération présente.

Mon adorable Jésus jeta sur eux un regard de compassion et, en se tournant vers moi,

Il me dit : « Ma fille, veux-tu savoir où commence le mal dans l’homme ? Le commencement, c’est quand l’homme est à l’âge où il se connaît à peine lui-même, c’est-à-dire, quand il commence à avoir l’âge de raison. Il se dit alors : “Je suis quelqu’un.”

« En croyant être quelqu’un, l’homme s’éloigne de Moi.

Il n’a pas confiance en Moi qui suis le Tout. Toute sa confiance et sa force, il la puise en lui-même Et, à cause de cela, il peut en arriver à perdre tout bon principe. Et, ayant perdu ses bons principes, qu’en sera-t-il de sa fin ?

Imagine-la toi-même, ma fille. D’ailleurs, en s’éloignant de Moi qui contiens tout bien,

  • que peut espérer de bien un homme devenu un océan de mal ?

Sans Moi, tout est corruption et misère, sans l’ombre du véritable bien. C’est ainsi qu’est la société actuelle. »

En entendant cela, j’éprouvai une si grande affliction que je ne puis l’exprimer. En voulant me soulager, Jésus me transporta ailleurs Et, me trouvant seule avec mon bien-aimé Jésus, je lui dis :

« Dis-moi, m’aimes-tu ?»

Il me répondit : « Oui. » Je continuai : « Je ne suis pas satisfaite d’uniquement ce oui. Je voudrais que tu m’expliques mieux combien tu m’aimes. »

Il dit : « Mon Amour pour toi est si grand que, non seulement il n’a pas eu de commencement, mais il n’aura pas de fin. Dans ces quelques mots, tu peux comprendre combien est grand, fort et constant mon Amour pour toi. »

Pendant quelques instants, je réfléchis à cela et je voyais un abîme de distance entre mon amour et le sien.

Toute confuse, je dis : « Seigneur, quelle différence il y a entre mon amour et le Tien ! Non seulement mon amour a eu un commencement, mais, dans mon passé, je vois des vides dans mon âme pour ne pas t’avoir aimé. »

Plein de compassion, Jésus me dit : « Ma bien-aimée, il ne peut y avoir de ressemblance entre l’amour du Créateur et celui de la créature.

Toutefois, Je veux te dire une chose

  • qui te servira de consolation et à laquelle tu n’as jamais pensé :

Pendant tout le cours de sa vie,

  • chaque âme doit M’aimer constamment sans aucun intervalle.

En ne m’aimant pas toujours, elle laisse en elle des vides pour chacun

  • des jours, - des heures et-des minutes où elle a négligé de M’aimer.

Personne ne pourra entrer au Ciel s’il n’a pas comblé ces vides.

L’âme pourra les combler

  • en M’aimant doublement pendant le reste de sa vie ou,
  • si elle n’y arrive pas, par le feu du purgatoire.

Quant à toi, lorsque tu es privée de Moi,

  • la privation de l’objet aimé fait redoubler ton amour et,
  • par cela, tu parviens à combler les vides qui se trouvent dans ton âme. »

Je lui dis : « Mon doux Bien, laisse-moi venir avec toi dans le Ciel. Et si tu ne veux pas que ce soit pour toujours,

  • au moins que ce soit pour quelque temps.

De grâce, je T’en prie, contente-moi. »

Il me répondit : « Ne sais-tu pas que pour entrer dans ce bienheureux séjour, l’âme doit être entièrement transformée en Moi

  • de manière à être comme un autre Christ ?

Autrement, de quoi aurais-tu l’air au milieu des autres bienheureux ? Tu aurais honte de te tenir ici, au milieu d’eux. »

Je répondis : « C’est vrai que je suis très différente de Toi. Mais, si Tu veux, Tu peux me rendre telle que je dois être. »

Pour me contenter, Jésus m’enferma totalement en Lui,

  • de sorte que je ne me voyais plus moi-même, mais uniquement Lui. Et, de cette façon, nous nous sommes élevés vers le Ciel.

Lorsque nous sommes arrivés à un certain endroit, nous nous sommes trouvés devant une Lumière indescriptible.

Devant cette Lumière, j’expérimentai une nouvelle vie, une joie incomparable, jamais éprouvée auparavant. Comme je me sentais heureuse ! Même, il me semblait me trouver dans la plénitude de toutes les félicités.

Pendant que nous avancions devant cette Lumière, j’éprouvai une grande crainte. J’aurais voulu louer le Seigneur, lui rendre grâces mais,

  • ne sachant pas quoi dire, je récitai trois Gloria Patri auxquels Jésus et moi répondions ensemble.

Cela à peine terminé, comme un éclair, je me retrouvai dans la misérable prison de mon corps.

Ah ! Seigneur, combien peu de temps a duré mon bonheur ! Il me semble que l’argile de mon corps est trop dure et qu’il lui faudrait un dur coup pour se briser, car elle empêche mon âme de se détacher de cette misérable terre.

J’espère qu’un choc violent parviendra non seulement à briser cette argile, mais à la pulvériser.

Alors, n’ayant plus de maison où demeurer sur cette terre, Tu auras pitié de moi. Et Tu m’accueilleras pour toujours dans le céleste séjour, pendant le reste de sa vie ou, si elle n’y arrive pas, par le feu du purgatoire.