Me trouvant dans mon état habituel, mon très doux Jésus se fit voir brièvement, totalement fusionné en moi.
Il me dit : « Ma fille, veux-tu savoir quels sont les signes, permettant de reconnaître si l’âme possède ma grâce ? » Je répondis : « Seigneur, fais comme il plaît à ta très sainte Bonté ! »
Il poursuivit :
Le premier signe pour savoir si l’âme possède ma grâce, c’est que tout ce qu’elle peut entendre ou voir
- à l’extérieur d’elle et provenant de Dieu lui fait éprouver intérieurement
- une douceur et une suavité toutes divines, qui ne peuvent être comparables à rien d’humain ou de terrestre.
Il en est comme pour une mère qui,
- simplement à la respiration ou à la voix de son enfant, reconnaît en lui le fruit de ses entrailles, ce qui la fait jubiler de joie.
Il en est aussi comme pour deux amis intimes qui,
- à mesure qu’ils conversent ensemble, partagent mutuellement
- les mêmes sentiments, les mêmes intérêts,
- les mêmes joies et les mêmes afflictions. En voyant qu’ils ont les mêmes affinités,
- ils en éprouvent un grand plaisir et une grande joie, et
- ils en retirent tellement d’amour qu’ils ne peuvent se détacher l’un de l’autre.
Il en va ainsi pour la grâce intérieure qui réside dans l’âme. Lorsque la personne voit extérieurement
- le fruit de ce qui l’habite intérieurement, elle éprouve une joie et une douceur si grandes qu’elle ne peut l’exprimer.
Le second signe est que le discours de l’âme qui possède la grâce
- est paisible et
- a la puissance d’implanter la paix chez les autres,
alors que le même discours dit par celui qui ne possède pas la grâce ne fait aucune impression et n’apporte aucune paix.
Ensuite, ma fille, la grâce dépouille l’âme de tout. De l’humanité de la personne, elle forme un voile recouvrant l’âme, de sorte que si ce voile est écarté,
- on découvre le paradis caché dans cette âme.
Il n’est donc pas étonnant de trouver dans cette âme
- la véritable humilité,
- l’obéissance et
- les autres vertus, puisqu’il ne reste rien d’autre de la personne qu’un simple voile.
L’âme voit clairement qu’à l’intérieur d’elle il y a uniquement la grâce
- qui agit et
- qui tient en ordre toutes les vertus.
La grâce permet à l’âme de demeurer dans une disposition continuelle d’ouverture à Dieu. »