Me trouvant dans mon état habituel, je vis mon doux Jésus brièvement. Je me suis mise à me plaindre sur mon pauvre état causé par ses absences.
Je lui dis que j’éprouvais une espèce de fatigue physique et morale, comme si je sentais ma pauvre nature broyée et que je me sentais faiblir de toute part.
Il me dit : « Ma fille, ne crains pas parce que tu te sens faiblir de toute part.
Ne sais-tu pas que tout doit être sacrifié pour Moi,
- non seulement l’âme,
- mais aussi le corps ? Ne sais-tu pas que de toutes les parcelles de ton être, j’exige ma gloire ?
Ne sais-tu pas que,
- de l’état d’union,
- on passe à un autre état appelé l’état de consommation ?
Il est vrai que, puisque Je dois châtier le monde, Je ne viens pas te visiter selon mon habitude. Mais Je me sers aussi de cette souffrance pour toi, pour ton profit,
- qui est non seulement de te garder unie à Moi,
- mais de te consumer par mon Amour.
De fait, Moi, en ne venant pas et toi, en te sentant faiblir à cause mon absence, n’en viens-tu pas à te consumer pour Moi ?
Tu n’as pas vraiment raison de t’affliger. D’abord parce que, lorsque tu Me vois,
- c’est toujours de ton intérieur que tu me vois sortir, ce qui est un signe certain que Je suis là avec toi.
D’autre part,
- il n’y a pas un jour qui se soit écoulé où tu peux dire que tu ne m’as pas vu parfaitement. »
Puis, en prenant un ton de voix plus doux et plus bienveillant, Il ajouta :
« Ma fille, Je te recommande très fortement de ne pas laisser s’échapper de toi le moindre acte qui ne reflète
-
la patience,
-
la résignation,
-
la douceur,
-
l ‘équilibre et
-
la tranquillité en tout. Autrement, tu en viendrais à Me déshonorer.
Il en est comme pour un roi qui habiterait un palais
- bien riche intérieurement, mais qui,
- extérieurement, paraîtrait tout lézardé, décoloré et sur le point de s’effondrer.
Ne dirait-on pas : “Comment se peut-il qu’un roi habite un palais qui paraît si délabré,
- au point qu’on ait même peur de s’y approcher ?
Quelle sorte de roi habite ce palais ?” Ne serait-ce pas là un déshonneur pour ce roi ?
Pense que si, de toi, sort quelque chose qui n’est pas vertueux, les gens diraient la même chose en ce qui te concerne et Me concerne. J’en serais déshonoré, puisque J’habite à l’intérieur de toi. »