Me trouvant hors de mon corps, il me sembla voir le moment où les saints Mages sont arrivés dans la grotte de Bethléem.

Dès qu’ils furent en présence de l’Enfant, Celui-ci

  • se fit un plaisir de faire briller extérieurement les rayons de sa Divinité
  • et se communiqua à eux de trois façons : avec Amour, avec Beauté et avec Puissance.

Ainsi, ils sont restés ravis et absorbés en présence du petit Enfant Jésus, tellement que

  • si le Seigneur n’avait pas caché derrière son Humanité les rayons de sa Divinité,
  • les Mages seraient restés là pour toujours, sans ne plus pouvoir bouger.

Dès que l’Enfant retira sa Divinité,

  • les saints Mages revinrent à eux-mêmes,
  • stupéfaits de voir un si grand excès d’amour. Car, dans cette Lumière, le Seigneur leur avait fait comprendre le mystère de l’Incarnation.

Ensuite, ils se levèrent et offrirent leurs dons à la Reine Mère. Elle a parlé longuement avec eux. Mais je ne peux pas me rappeler de tout ce qu’elle disait. Je me souviens seulement qu’elle les a incités fortement à travailler

  • à leur salut et
  • à celui de leurs peuples. Ils devaient n’avoir aucune crainte d’exposer leur vie pour atteindre ce but.

Après cela, je me retirai en moi-même et me retrouvai en compagnie de Jésus.

Il voulait que je Lui dise quelque chose, mais je me voyais si mauvaise et tellement confuse par son invitation que je n’osais rien dire.

En voyant que je ne disais rien, Jésus continua de me parler des saints Mages.

Il me dit : « En m’étant communiqué aux Mages de trois façons, Je leur ai obtenu trois effets. Car je ne me communique jamais aux âmes inutilement. Elles reçoivent toujours quelque chose pour leur profit.

Ainsi,

  • en Me communiquant avec Amour, Je leur ai obtenu la grâce du détachement d’eux-mêmes,
  • en Me communiquant avec Beauté, Je leur ai obtenu la grâce du mépris des choses de la terre.
  • en Me communiquant avec Puissance, Je leur ai obtenu la grâce que leurs cœurs restent totalement liés à Moi, et qu’ils aient le courage de verser leur sang pour Moi. »

Jésus ajouta : « Et toi, que veux-tu ? Dis-Moi, M’aimes-tu ? Comment voudrais-tu M’aimer ?»

Et moi, ne sachant quoi dire, et plus confuse que jamais, je répondis : « Seigneur, je ne veux rien d’autre que Toi.

Et si Tu me dis “M’aimes-tu ?”, je n’ai pas de paroles pour te répondre. Je peux seulement te dire que j’éprouve en moi cette passion qui veut que personne ne puisse me dépasser en amour pour Toi. Je désire T’aimer plus que tous, et que personne ne puisse me surpasser en amour pour Toi.

Mais, cela ne me satisfait pas. Pour être satisfaite,

  • je veux T’aimer au moyen de ton propre Amour et, ainsi,
  • pouvoir T’aimer avec l’amour avec lequel Tu T’aimes Toi-même. Ah oui ! Alors seulement cesseront mes craintes au sujet de mon amour envers Toi ! »

Content de mes sottises, si je peux dire, Jésus me serra tellement contre Lui que je me vis intérieurement et extérieurement transformée en Lui. Il me communiqua une partie de son Amour. Après, je suis revenue en mon corps.

Il me sembla que plus l’Amour m’est donné, plus je possède mon Bien et, si je J’aime peu, je le possède peu.