Me trouvant dans mon état habituel, je me suis sentie hors de mon corps.

Après m’être déplacée un peu, je me suis trouvée à l’intérieur d’une grotte. J’ai vu la Maman Reine en train de donner naissance au petit Enfant Jésus. Quel stupéfiant prodige ! I

Il me semblait que la Mère autant que le Fils étaient transformés

  • en Lumière très pure. Dans cette Lumière, on apercevait très bien la nature humaine de Jésus
  • portant en elle la Divinité. Son Humanité servait de voile pour couvrir sa Divinité. De sorte qu’en déchirant le voile de sa nature humaine, on trouvait Dieu.

Voici le prodige des prodiges : Dieu et homme ! Homme et Dieu !

Quelle merveille que le Fils qui, sans quitter le Père et le Saint-Esprit

  • car, dans le véritable amour, on ne se sépare jamais-, prend une chair humaine et vient habiter parmi nous !

En ce moment des plus heureux, il me sembla que la Mère et le Fils étaient comme spiritualisés.

Pendant que les deux débordaient d’un excès d’amour, alors,

  • sans le moindre obstacle, Jésus sortit du sein maternel.

C’est-à-dire que, pendant que ces très saints corps étaient transformés en Lumière, Jésus Lumière sortit sans le moindre obstacle

  • de l’intérieur de la Lumière de sa Mère.

Les deux corps restaient sains et intacts. Ensuite, ils revinrent à leur état naturel.

Qui pourrait décrire la beauté du petit Enfant qui, en ce moment de sa naissance, laissait voir extérieurement les rayons de sa Divinité ?

Qui pourrait décrire la beauté de la Mère qui restait tout absorbée dans ces rayons divins ? Et saint Joseph ?

Il me sembla qu’il n’était pas présent à l’acte de la naissance,

mais qu’il se tenait dans un autre coin de la grotte,

  • tout absorbé dans ce profond mystère. Et s’il n’a pas vu ce mystère avec les yeux de son corps, il l’a très bien vu avec les yeux de son âme. Car il était ravi en une extase sublime.

Dans l’acte où le petit Enfant vint à la lumière,

  • j’aurais voulu voler pour Le prendre dans mes bras,
  • mais les anges m’en empêchèrent en me disant que l’honneur de le prendre revenait en premier à la Mère.

La Vierge très sainte, comme secouée, revint à elle-même. Et, des mains d’un ange, elle reçut son Fils dans ses bras. Dans l’épanchement d’Amour dans lequel elle se trouvait,

  • elle le serra avec tellement de force qu’il sembla qu’elle voulait l’enfermer de nouveau dans son sein.

Ensuite, en voulant donner à son Enfant un épanchement de son ardent amour, elle Le plaça pour qu’Il puisse boire à son sein.

Pendant ce temps, j’étais tout annihilée, J’attendais d’être appelée, afin ne pas recevoir un autre reproche de la part des anges.

Alors, la Reine me dit : « Viens, viens prendre l’objet de tes délices, et réjouis-Le toi aussi, Epanche ton amour avec Lui. » En disant cela, je me suis approchée et la Maman déposa l’Enfant dans mes bras. Qui pourrait décrire mon bonheur, les baisers, les étreintes et les tendresses que nous avons échangés ?

Après avoir quelque peu épanché mon amour, je lui dis : « Mon Bien-Aimé, Tu as bu le lait de notre Maman, partage-le avec moi. » Tout condescendant, Il déversa de sa bouche une partie de ce lait dans la mienne.

Ensuite, Il me dit : « Ma bien-aimée, J’ai été conçu et suis né uni à la douleur. Et Je suis mort dans la douleur.

En utilisant les trois clous avec lesquels ils m’ont crucifié, J’ai crucifié les trois puissances des âmes qui brûlent de M’aimer : l’intelligence, la mémoire et la volonté.

J’ai fait en sorte que ces âmes restent totalement attirées vers Moi, vu que le péché

  • les avait rendues infirmes et

  • les avait dispersées loin de leur Créateur, sans rien pour les retenir. »

Pendant que Jésus disait cela,

  • Il jeta un regard sur le monde et
  • Il commença à pleurer sur ses misères.

Moi, en le voyant pleurer, je lui dis : « Mon aimable Enfant, ne rends pas triste par tes larmes une nuit si joyeuse pour ceux qui t’aiment. Au lieu de donner un épanchement à tes larmes, donnons un épanchement à notre chant. »

Ce disant, je commençai à chanter. Jésus se laissa distraire en m’entendant chanter et Il cessa de pleurer. Après mon chant, Il chanta le sien avec une voix tellement harmonieuse que toutes les autres voix disparurent devant sa voix des plus douces.

Ensuite, je priai l’Enfant Jésus pour mon confesseur, pour les miens, et enfin pour tous. Jésus semblait totalement condescendant. Pendant que je faisais cela, Il disparut et je revins dans mon corps.