Me trouvant dans mon état habituel, mon aimable Jésus me transporta hors de mon corps. Ensuite, en sortant de mon intérieur,
Il se fit voir tellement immense qu’Il absorbait en Lui toute la terre Et son Immensité s’étendait tellement que mon âme n’en voyait pas les limites.
Non seulement je me sentais absorbée en Dieu, mais toutes les créatures étaient absorbées en Lui.
Oh ! Comme me paraissait indécent l’affront que nous faisons à Notre Seigneur quand nous, vermisseaux vivant en Lui, nous osons L’offenser ! Oh ! Si tous nous pouvions voir la façon dont nous sommes en Dieu, oh ! Combien nous nous garderions de Lui déplaire le moindrement !
Ensuite, Jésus se fit voir tellement grand qu’Il absorbait en Lui toute la cour céleste.
Ainsi, je les voyais tous en Dieu Lui-même : les anges et les saints. J’entendais leurs chants. Et je comprenais tellement de choses sur le bonheur éternel.
Après cela, je vis que s’échappaient de Jésus beaucoup de ruisseaux de lait. Je buvais à ces ruisseaux. Mais, étant très limitée et Jésus étant si immense qu’Il n’y avait pas de limites à son immensité, je n’arrivais pas à absorber tout ce lait en moi. Beaucoup de ruisseaux coulaient à l’extérieur de moi, bien qu’ils demeuraient en Dieu.
Cependant, j’éprouvais du mécontentement : j’aurais voulu que tous accourent pour boire à ces ruisseaux, mais très peu des âmes qui cheminent sur la terre y buvaient. Notre Seigneur aussi était mécontent.
Il me dit : « Ce que tu vois, c’est ma Miséricorde réfrénée. Cela irrite davantage ma Justice. Comment ne dois-Je pas faire Justice quand ils freinent ma Miséricorde ? »
Et moi, en Lui prenant les mains, je les Lui serrai ensemble en disant :
« Non, Seigneur, Tu ne peux pas faire Justice : je ne le veux pas. Et si moi, je ne le veux pas, Tu ne le veux pas non plus Parce que ma volonté n’est plus la mienne, mais la Tienne. Ma volonté étant la Tienne, tout ce que je ne veux pas, Tu ne le veux pas non plus.
Ne m’as-Tu pas dit Toi-même que je dois vivre en tout et pour tout de ta Volonté ?»
Mes paroles désarmèrent mon doux Jésus. Et, de nouveau, Il se fit petit et s’enferma dans mon intérieur. Quant à moi, je revins dans mon corps.