Les affres de mes douleurs augmentent toujours. J’aurais bien voulu
- les cacher et faire en sorte que personne ne s’en aperçoive,
- tenir secret ce que j’ai dit plus haut sans avoir à m’en ouvrir à mon confesseur. Mais mes souffrances étaient si intenses que cela m’était impossible.
D’autre part, en se prévalant de l’arme habituelle de l’obéissance, mon confesseur me commanda de tout lui manifester. D’où, après lui avoir tout révélé en détail, il me dit que, par obéissance, je devais prier le Seigneur de me libérer. Autrement, je commettrais un péché.
Qu’est-ce que cette obéissance ? C’est toujours elle qui met une entrave à mes desseins. Alors, à contrecœur, j’acceptai cette nouvelle directive de mon confesseur.
Malgré tout cela, je n’avais pas à cœur de prier le Seigneur pour qu’il me libère d’une amie si chère qu’est la souffrance. D’autant plus que je m’attendais à sortir de l’exil de cette vie.
Jésus béni me tolérait et, quand Il vint, Il me dit :
« Tu souffres beaucoup : veux-tu que Je te libère ?» Et moi, ayant oublié un instant l’ordre reçu, je Lui dis : « Non, Seigneur, non, ne me libère pas : je veux aller vers Toi. D’ailleurs, Tu sais que je ne peux pas T’aimer, que je suis froide, que je ne fais pas de grandes choses pour Toi.
Je t’offre au moins cette souffrance comme satisfaction envers Toi pour ce que je ne sais pas faire par amour pour Toi. »
Jésus reprit : « Et Moi, ma fille, J’infuserai en toi tellement d’amour et tellement de grâces que personne ne pourra M’ aimer ni Me désirer autant que toi. N’en es-tu pas heureuse ?»
Je répondis : Oui, mais je veux aller vers Toi ! » Puis Il disparut.
En revenant dans mon corps, je me suis souvenue de l’ordre reçu et j’ai dû m’accuser à mon confesseur. Il me dit avec force qu’il ne voulait absolument pas que je parte et que le Seigneur devait me libérer. Quelle souffrance j’éprouvai en recevant cet ordre ! Il me semble que Jésus veut vraiment pousser ma patience à la limite.