Luisa prie Jésus de l’amener au Ciel.
Ce matin, mon adorable Jésus me transporta hors de mon corps et me fit voir beaucoup de mal qui se commet contre la charité envers le prochain. Que de souffrances cela apportait à mon très patient Jésus ! Il me semblait que ces manquements à la charité se faisaient contre Lui.
Alors, tout affligé, Il me dit : « Ma fille, celui qui fait du tort à son prochain se fait du tort à lui-même. En tuant son prochain, il tue sa propre âme. De même que la charité prédispose l’âme à toutes les vertus, de même, sans la charité, l’âme se prédispose à toutes sortes de vices. » Ensuite, nous nous sommes retirés.
Depuis plusieurs jours, je souffre d’une douleur intense aux côtes. C’est pour cela que je me sens à bout de force.
Compatissant avec moi, Jésus béni me dit : « Ma bien-aimée, tu voudrais venir vers Moi, n’est-ce pas ?»
Je répondis : « Qu’il plaise au Ciel, mon Seigneur, que cette douleur soit la cause de ma venue vers Toi ! Combien je lui serais reconnaissante ! Combien cette douleur me serait chère et combien je la considérerais comme une de mes meilleures amies ! Mais je crois que Tu veux me tenter comme les autres fois. En m’excitant avec tes invitations et, ensuite, en me laissant déçue, tu parviendras à rendre mon martyre plus cruel et plus déchirant.
Mais, de grâce, aie pitié de moi, ne me laisse pas sur la terre plus longtemps. Absorbe en toi le misérable ver que je suis. J’ai raison de Te demander cela, puisque c’est de Toi que je suis venue à la vie. »
En m’entendant, mon aimable Jésus devint toute tendresse et Il me dit :
« Pauvre fille, ne crains pas. Ce qui est certain, c’est que le jour viendra où tu resteras absorbée en Moi.
Sache, cependant, que tes continuels élans pour venir vers Moi,
- surtout à la suite de mes invitations, te sont très utiles et te font vivre entre le Ciel et la terre,
- sans l’ombre d’un poids terrestre. Tellement que tu ressembles à ces fleurs qui n’ont même pas de racines dans la terre. En vivant ainsi, suspendue dans les airs, tu réjouis le Ciel et la terre.
En regardant le Ciel, c’est uniquement de lui que tu te réjouis. Et tu te nourris de tout ce qui est céleste. Ensuite, en regardant la terre, tu en as compassion et tu l’aides autant que tu peux.
Mais, à la suite de la rencontre des parfums du Ciel, tu perçois immédiatement la puanteur qui monte de la terre. Et tu l’as en horreur.
Est-ce que J’aurais pu te placer dans une situation qui Me soit
- plus chère à Moi et au Ciel et
- plus profitable à toi et au monde ?»
Je lui répondis : « Et pourtant, oh ! Mon Seigneur, tu devrais avoir compassion de moi et ne pas prolonger mon séjour ici-bas pour toutes les raisons que j’ai, mais surtout à cause des tristes temps qui se préparent ! Qui aura le cœur de voir des carnages si sanglants ? D’ailleurs, Tu devrais avoir pitié de moi à cause de mes continuelles privations de Toi qui me coûtent plus que la mort. »
Pendant que je disais cela, je vis une multitude d’anges autour de Notre-Seigneur.
Ils lui disaient : « Notre Seigneur et notre Dieu, ne Te laisse pas importuner davantage, contente-la. Nous, nous l’attendons avec anxiété.
Touchés par sa voix, nous sommes venus ici pour l’écouter et nous sommes impatients de l’amener avec nous. Et toi, ô élue de Dieu, viens nous réjouir dans notre céleste séjour. »
Jésus béni était tout ému et semblait sur le point de consentir à leur demande, mais Il disparut. En me retrouvant en mon corps, j’éprouvai une douleur accrue, de sorte que je souffrais continuellement.
Cependant, je ne me comprenais pas moi-même à cause du contentement que j’éprouvais.