Ce matin, mon adorable Jésus ne venait pas. Après une longue attente, Il se fit voir en mon intérieur. En s’appuyant sur mon cœur, Il l’entoura de ses bras et y appuya sa tête très sainte. Le dos tourné au monde, Il était très affligé et sérieux, de sorte que son apparence imposait le silence.
Après avoir gardé un complet silence pendant quelque temps, vu que l’aspect sous lequel Il se présentait ne me permettait pas d’oser dire un seul mot,
Il sortit de sa position et Il me dit : « J’avais décidé de ne pas déverser mon amertume en toi. Mais les choses en sont arrivées à un tel point que, si Je ne la déverse pas, de très graves incidents se produiront à brève échéance, au point de provoquer une révolution conduisant à des massacres sanglants. »
Je répondis : « Oui, Seigneur, déverse-la. Mon unique désir est que tu déverses sur moi ta colère et que tu épargnes tes créatures. » Ainsi, Il déversa en moi un peu de son amertume.
Ensuite, comme s’Il était soulagé, Il ajouta :
« Ma fille, comme un agneau, Je me suis laissé conduire à l’abattoir et Je suis demeuré muet devant ceux qui M’ont sacrifié.
Il en sera ainsi en ces temps-ci pour les quelques bons qui restent. D’ailleurs, c’est cela l’héroïsme de la vraie vertu. »
Il ajouta : « J’ai déjà déversé en toi de mon amertume Mais, même si J’en ai déjà déversé, veux-tu que J’en déverse encore un peu ? Ainsi, Je m’allégerai davantage. »
Je lui répondis : « Mon Seigneur, ne me le demande même pas, je suis à ta disposition, Tu peux faire de moi ce que Tu veux. »
Il en déversa donc de nouveau, puis Il disparut en me laissant souffrante et heureuse à la pensée que j’avais allégé les Souffrances de mon bien-aimé Jésus.