Ce matin, alors que j’étais hors de mon corps et que je n’étais pas avec mon plus grand Bien, je suis partie à sa recherche. J’étais sur le point de m’évanouir de fatigue quand je l’ai senti dans mon dos. Il me retenait.

Je l’ai tiré devant moi et je Lui ai dit : « Mon Bien-Aimé, ne sais-Tu pas que je ne peux pas vivre sans Toi ? Et Toi Tu me fais attendre jusqu’à ce que je m’évanouisse ! Dis-moi au moins pour quelle raison ? En quoi T’ai-je offensé pour que je sois sujette

  • à de si cruelles tortures,
  • à un si douloureux martyre ?»

M’interrompant, Jésus me dit : « Ma fille, ma fille, n’augmente pas la torture de mon Cœur. Elle est extrême, dans une lutte constante Parce que beaucoup me violentent sans arrêt.

Les iniquités des hommes Me font violence en provoquant ma Justice. Ils Me forcent à les punir. Et, par le fait que ma Justice heurte mon Amour pour les hommes,

  • mon Cœur est déchiré d’une manière tellement douloureuse que Je me sens mourir.

« Tu me fais violence toi aussi à chaque fois où,

  • ayant pris connaissance des punitions que Je donne, tu Me forces à ne pas les donner. Sachant que tu ne peux pas faire autrement en ma présence et pour ne pas exposer mon Cœur à des luttes plus grandes, Je m’abstiens de venir.

Renonce à Me violenter pour que Je vienne. Laisse-moi donner libre cours à ma fureur Et cesse d’aggraver mes souffrances par tes interventions.

Pour ce qui est du reste, sache que la plus sublime humilité exige

  • de fuir tout raisonnement et
  • de s’abîmer dans son néant.

Si on fait ainsi, alors, sans trop s’en rendre compte, on se fond en Dieu. Cela amène

  • l’union la plus intime entre l’âme et Dieu,
  • le plus parfait amour pour Dieu et
  • le plus grand avantage pour l’âme,

Parce que, en quittant sa propre raison, on acquiert la Raison divine.

En renonçant à tout regard sur elle-même, l’âme n’est pas intéressée à ce qui lui arrive Et elle parvient à un langage complètement céleste et divin. L’humilité donne à l’âme un vêtement de sécurité.

Enveloppée de ce vêtement, l’âme demeure dans la paix la plus profonde, toute ornée pour plaire à son Jésus bien-aimé. »

Qui pourrait dire combien je fus surprise par ces paroles de Jésus. Je ne savais que Lui dire. Il disparut et je me retrouvai dans mon corps, calme oui, mais extrêmement affligée.

D’abord à cause des afflictions et des luttes

  • dans lesquelles était plongé mon cher Jésus. Et aussi parce que je craignais qu’Il refuse dorénavant de venir. Qui pourrait endurer ça ?

« Ô Seigneur ! Donne-moi la force d’endurer cet insupportable martyre. Pour ce qui est du reste, dis tout ce que Tu voudras. Moi je ne négligerai aucun moyen, j’userai de toutes les ruses pour que Tu viennes. »