Ce matin, quand mon aimable Jésus vint, je Lui ai dit : « Seigneur que fais-Tu ? Il me semble que Tu vas trop fort avec ta Justice. »
Comme je voulais continuer de parler pour excuser la misère humaine, Jésus m’imposa le silence en me disant : « Garde silence si Tu veux que Je reste avec toi ! Viens, embrasse-Moi et honore tous mes Membres souffrants
- par tes actes d’adoration habituels. »
J’ai commencé par sa Tête. Et, ensuite, un à un, j’ai passé à chacun de ses autres Membres. Oh ! Combien de blessures profondes et horribles couvraient son très saint Corps !
À peine eus-je fini qu’Il disparut, me laissant
- avec très peu de souffrances et
- avec la frayeur qu’Il allait déverser son amertume sur les gens, cette amertume qu’Il n’avait pas eu la bonté de déverser sur moi.
Après quelque temps, le confesseur vint. Et je lui racontai ce que je venais de vivre. Il me dit : « Aujourd’hui, quand tu feras ta méditation, Tu Lui demanderas de te faire souffrir la crucifixion afin qu’Il arrête d’envoyer des punitions. »
Pendant ma méditation, Jésus m’apparût et je Le priai de faire comme mon confesseur avait proposé. Sans m’accorder la moindre attention, Il sembla me tourner le dos et s’endormir afin que je ne Le dérange pas. Je me sentis mourir de peine parce qu’Il ne donnait pas suite à la demande de mon confesseur.
Ramassant mon courage, je Le pris par le bras pour Le réveiller et je Lui dis : « Seigneur, que fais-Tu ? Est-ce là tout le respect que Tu as pour ta vertu favorite d’obéissance ?
Où sont toutes les louanges que Tu as dites concernant cette vertu ? Où sont les honneurs que Tu lui as prodigués, au point de dire
- que Tu es secoué par elle,
- que Tu ne peux lui résister et
- que Tu te sens subjugué par l’âme qui la pratique. Et maintenant, il semble que Tu ne te soucies plus d’elle ?»
Pendant que je disais cela (et bien d’autres choses qui demanderaient beaucoup de temps si je voulais les écrire), Jésus béni fut secoué comme par une très vive douleur.
Il poussa un cri et, sanglotant, Il me dit : « Moi non plus Je ne veux pas envoyer de punitions. Mais c’est la Justice qui Me force à le faire. Cependant, toi, par tes paroles, tu Me piques au vif.
Tu touches à une chose très délicate pour Moi, une chose que J’aime beaucoup, au point que Je n’ai pas voulu d’autre honneur ou titre que celui de l’obéissance.
Ce n’est donc pas parce que Je ne me soucie pas de l’obéissance
- que Je ne te fais pas partager les souffrances de la Croix. C’est la Justice qui Me force à agir ainsi. »
Après qu’Il eut dit cela, Il disparut
- en me laissant contente,
- mais avec un déplaisir dans mon âme, comme si mes paroles avaient été la cause du cri du Seigneur !
Daigne me pardonner, ô mon Jésus !