Alors que je me trouvais dans mon état habituel, mon aimable Jésus se montra à moi dans un état lamentable.
Ses Mains étaient attachées solidement, sa Face était couverte de crachats Et il y avait plusieurs personnes qui le giflaient copieusement.
Quant à Lui, Il était calme et tranquille,
- sans bouger et
- sans proférer une seule plainte. Il ne bougeait même pas une paupière,.
Il montrait ainsi qu’Il voulait souffrir ces outrages,
- non seulement extérieurement,
- mais aussi intérieurement.
Quel spectacle émouvant, capable de briser les cœurs les plus durs !
Combien de choses me disait cette Face souillée de boue et de dégoûtants crachats ! J’étais frappée d’horreur. Je tremblais. Je me suis vue toute remplie d’orgueil comparativement à lui.
Il me dit : « Ma fille, seuls les petits se laissent traiter comme on le veut :
- pas ceux qui sont petits en raison humaine,
- mais ceux qui sont petits et remplis de raison divine.
Je peux dire que Je suis humble. Mais ce qui est appelé humilité chez l’homme
- devrait être appelé connaissance de soi. Celui qui ne se connaît pas lui-même marche dans la fausseté. »
Puis, pendant quelques minutes, Il fut silencieux. Je Le contemplais. Et j’ai vu une main munie d’une lumière qui cherchait en moi,
-
dans les endroits les plus intimes et cachés, pour voir si on pouvait y trouver
-
la connaissance de soi et
-
l’amour des humiliations, de la confusion et de la disgrâce.
La lumière trouva un vide en mon intérieur Et j’ai vu que cet endroit aurait dû être rempli d’humiliations et de confusion,
- suivant l’exemple de mon Jésus béni.
Oh ! Combien de choses cette lumière et cette attitude sacrée de Jésus me firent comprendre.
Je me suis dit en moi-même :
« Un Dieu humilié et confus par amour pour moi. Moi, une pécheresse privée de ces marques de distinction !
Un Dieu stable et ferme qui, devant tant d’injustices,
- ne bouge même pas pour se défaire des crachats dégoûtants qui couvrent son Visage.
Ah ! S’Il voulait rejeter ces souffrances, ces outrages,
- Il pourrait parfaitement le faire !
Je comprends que
- ce ne sont pas les chaînes qui Le retiennent dans cette situation,
- mais sa Volonté stable qui veut sauver la race humaine quel qu’en soit le prix !
Et moi, où sont mes humiliations ? Où est ma fermeté et ma constance à travailler
- par amour pour Jésus et mon prochain ! Oh ! Quels êtres dissemblables nous sommes Jésus et moi !»
Mon Humanité fut submergée par la disgrâce et l’humiliation, au point de débordement . J’ai accompli des actes continuels d’humilité héroïque.
Pendant que mon petit cerveau se perdait dans ces pensées, mon adorable Jésus me dit :
« Mon Humanité fut submergée par la disgrâce et l’humiliation, au point de débordement. C’est pourquoi, devant mes vertus,
-
le Ciel et la terre tremblent et
-
les âmes qui M’aiment usent de mon Humanité comme d’une échelle pour atteindre quelques reflets de mes vertus.
Dis-Moi : comparativement à mon humilité, où est la tienne ? Moi seul peux Me glorifier de posséder une vraie humilité.
Unie à ma Divinité, mon Humanité aurait pu faire des prodiges
- à chaque pas, en paroles et en actes, mais, volontairement,
- Je Me suis restreint aux bornes de mon Humanité,
- Je Me suis montré le plus pauvre,
- J’ai été jusqu’à Me confondre avec les pécheurs.
]’aurais pu accomplir la Rédemption
- dans un temps très bref,
- et même d’un seul mot.
Mais,
- pendant de longues années,
- avec tant de privations et de souffrances, J’ai voulus faire Miennes les misères de l’homme.
J’ai voulu M’adonner à de nombreuses et diverses actions
- pour que l’homme puisse être renouvelé et divinisé, même dans ses plus petits travaux.
Portés par Moi qui était Dieu et homme, ces travaux humains
- reçurent une nouvelle splendeur et
- furent marqués du sceau de la Divinité.
Dissimulée dans mon Humanité,
- ma Divinité descendit aussi bas que de se mettre au niveau des actes humains.
Alors que, d’un simple acte de ma Volonté, J’aurais pu créer un nombre infini de mondes
- qui auraient transcendé les misères et les faiblesses de cette humanité !
Devant la Justice Divine,
- J’ai choisi de voir mon Humanité recouverte de tous les péchés des hommes pour lesquels J’ai eu à expier
- par des douleurs inouïes et
- en versant tout mon Sang !
Ainsi, J’ai accompli des actes continuels d’humilité héroïque.
La grande différence entre mon humilité et celle des créatures
- qui, devant la Mienne, n’est qu’une ombre- même celle de mes saints-, c’est que les créatures
- sont toujours créatures et
- ne connaissent pas comme Moi le vrai poids du péché.
Bien que
- certaines âmes furent héroïques et
- à mon exemple, elles se soient offertes pour souffrir les peines des autres, elles ne sont pas différentes des autres : elles sont faites de la même glaise.
La simple pensée
- que leurs souffrances sont la cause de nouveaux gains pour elles, et
- qu’elles en glorifient Dieu, est un grand honneur pour elles.
De plus, les créatures sont restreintes au cercle où Dieu les a mises. Elles ne peuvent aller hors des limites de ce cercle. Oh !
- S’il était en leur pouvoir de faire et de défaire,
- combien d’autres choses ne feraient-elles pas. Chacun atteindrait les étoiles !
Au contraire, mon Humanité divinisée n’avait aucune limite.
Cependant, Elle s’est restreinte aux limites humaines
- afin que toutes ses Œuvres soient tissées d’humilité héroïque.
Le manque d’humilité de l’homme fut la cause de tous les maux qui ont inondé la terre.
Et Moi,
- par l’exercice de cette vertu,
- Je devais attirer sur les hommes tous les biens de la Divinité.
Aucune grâce ne quitte mon Trône, si ce n’est à travers l’humilité. Aucune requête ne peut être reçue par Moi,
- si elle n’a pas la signature de l’humilité.
Aucune prière
- n’est entendue par mes Oreilles
- ni n’émeut mon Cœur à la compassion, si elle n’est pas parfumée d’humilité.
Si la créature ne va pas jusqu’au bout
- pour détruire en elle cette recherche des honneurs et l’estime de soi (ce qu’on détruit en aimant être haï, humilié et confondu), elle sentira autour de son cœur comme une tresse d’épines, et elle aura un vide dans son cœur
- qui l’ennuiera toujours et
- qui la maintiendra très dissemblable de ma très sainte Humanité.
Si elle n’en vient pas à aimer les humiliations,
- tout au plus sera-t-elle capable de se connaître un peu,
- mais elle ne brillera pas devant Moi, vêtue du beau et charmant vêtement de l’humilité. »
Qui pourrait dire toutes les choses que j’ai comprises concernant
- la vertu d’humilité et
- la corrélation entre la connaissance de soi et l’humilité ?
Il me semble avoir saisi la distinction entre ces deux vertus. Mais je n’ai pas les mots pour l’exprimer.
Pour dire quelque chose là-dessus, je me servirai d’un exemple.
Imaginons un homme pauvre
- qui sait qu’il est pauvre et
- qui, pour les personnes qui ne le connaissent pas et qui pourraient croire qu’il possède quelque chose,
- manifeste clairement sa pauvreté.
On peut dire de cet homme
- qu’il se connaît,
- qu’il dit la vérité et,
- qu’ainsi, il sera plus aimé. Il attirera les autres à la compassion sur son état misérable. Tous l’aideront. C’est ce que produit la connaissance de soi.
Mais qu’arriverait-il si cet homme,
-
ayant honte de manifester sa pauvreté,
-
se vantait d’être riche, alors que tous sauraient
-
qu’il ne possède même pas les vêtements qu’il porte et
-
qu’il meurt de faim.
Tous le haïraient, Personne ne l’aiderait . Et il deviendrait la risée de tous ceux qui le connaissent.
Ce misérable homme irait de mal en pis et finirait par périr. C’est ce que l’orgueil produit devant Dieu et devant les hommes.
Celui qui ne se connaît pas
- s’éloigne automatiquement de la Vérité et
- s’engage sur les chemins de la fausseté.
Il y a une autre forme d’humilité héroïque qui résulte aussi de la connaissance de soi.
Imaginons un homme riche,
- né au milieu du confort et des richesses, et
- qui est bien reconnu comme tel.
Cependant, considérant les humiliations profondes auxquelles Notre-Seigneur Jésus-Christ s’est soumis par Amour pour nous,
- il devient amoureux de la sainte humilité,
- abandonne ses richesses et son confort,
- enlève ses nobles vêtements et se couvre de guenilles.
Il vit inconnu. Il ne dit à personne qui il est. Il vit avec les plus pauvres comme s’il était leur égal. Il fait sa joie des mépris et des confusions.
On trouve chez cet homme ce qui arrive aux saints
- qui s’humilient de plus en plus et
- qui savent que le Seigneur les remplit ainsi de ses grâces et de ses dons.
Dans ces exemples, on voit
- que la connaissance de soi sans humilité n’est bonne à rien,
- que la connaissance de soi accompagnée d’humilité devient précieuse.
Ah oui ! L’humilité
- attire la grâce,
- brise les plus fortes chaînes et
- fait surmonter chaque barrière entre l’âme et Dieu.
L’humilité est la petite plante toujours verte et fleurie
- qui n’est pas sujette à être rongée par les vers et
- qui ne peut être abîmée ou flétrie par les vents, la grêle ou la chaleur.
Alors même qu’elle est la plus petite plante, elle développe les plus grandes branches
- qui pénètrent dans le Ciel et
- qui rejoignent le Cœur de Notre-Seigneur.
Seulement les branches qui proviennent de cette petite plante ont leurs entrées gratuites dans cet adorable Cœur.
L’humilité est l’ancre de paix dans la mer des tempêtes de cette vie. L’humilité est le sourire de Dieu et de tout le Paradis et les pleurs de tout l’enfer.
L’humilité est le sel
- qui assaisonne toutes les vertus et
- préserve l’âme de la corruption du péché.
L’humilité est la petite herbe qui pousse près des chemins. Elle disparaît quand elle est piétiné. Mais elle repousse ensuite plus belle qu’avant.
L’humilité est cette greffe domestique qui ennoblit la plante sauvage. Elle est la monnaie de la grâce.
L’humilité est la lune qui nous guide dans les ténèbres de la nuit de cette vie. L’humilité est le marchand rusé
- qui sait comment vendre ses biens et
- qui ne gaspille pas même un sou de la grâce qui lui est donnée.
L’humilité est la clef du Paradis où personne ne peut entrer sans elle. L’humilité est le sourire de Dieu et de tout le Paradis et les pleurs de tout l’enfer.