J’ai passé un bon nombre de jours
- dans la presque totale privation de mon plus grand et seul Bien,
- dans l’aridité de cœur, sans être capable de pleurer sur la grande perte que je vivais, même si j’offrais cette aridité à Dieu en lui disant :
« Seigneur, reçois cela comme un sacrifice de ma part. Toi seul peux ramollir mon cœur si dur. »
Finalement, après une longue période de souffrance,
ma chère Maman Reine vint,
- portant sur son Sein l ‘Enfant céleste, tout tremblant et enveloppé d’un vêtement de toile.
Elle Le mit dans mes bras en me disant : « Ma fille, réchauffe-Le de ton affection.
Car mon Fils est né
- dans la pauvreté extrême,
- dans un total abandon des hommes et
- dans la plus grande austérité. »
Ah ! Comme Il était mignon dans sa céleste beauté ! Je l’ai pris dans mes bras. Je l’ai serré pour le réchauffer, car il avait froid,
- n’ayant sur Lui qu’une simple couverture de toile.
Après que je l’eus réchauffé autant que je le pouvais,
- avec ses Lèvres toutes pourpres, mon tendre petit Bébé me dit :
« Me promets-tu d’être toujours une victime par amour pour Moi, comme Je le suis par amour pour toi ?»
Je Lui répondis : « Oui mon petit Trésor, je Te le promets. »
Il poursuivit : « Je ne suis pas satisfait de seulement ta parole, Je veux un serment et une signature avec ton sang. » Alors je Lui dis : « Si l’obéissance le veut, je le ferai. »
Il sembla tout content et poursuivit : « À partir du moment de ma naissance, mon Cœur a toujours été offert en sacrifice
- pour glorifier le Père,
- pour la conversion des pécheurs et
- pour les personnes qui M’entouraient et qui étaient mes plus fidèles compagnons dans mes douleurs.
Ainsi, Je veux que ton cœur soit continuellement dans cette attitude, en sacrifice à ces trois fins. »
Comme Il disait cela, la Reine Maman voulait l’Enfant pour Le rafraîchir de son très doux Lait. Je Le lui remis et elle exposa son sein pour le porter à la Bouche du divin petit Garçon.
Et moi, rusée, voulant faire une blague, je commençai à sucer avec ma bouche. Dès l’instant que je fis cela, ils disparurent,
- me laissant à la fois contente et peinée.
Que tout soit
- pour la gloire de Dieu et
- pour la confusion de la misérable pécheresse que je suis.