Mon adorable Jésus continue de venir. Ce matin, dès son arrivée, Il m’a prise dans ses bras et m’a transportée hors de mon corps.
Dans cette étreinte, j’ai compris plusieurs choses, surtout qu’il est absolument essentiel de se dépouiller de tout si l’on veut
- reposer librement dans les bras du Seigneur et
- pouvoir entrer et sortir de son Cœur avec facilité et à volonté pour ne pas devenir un fardeau pour Lui.
Alors, de tout mon cœur, je Lui ai dit :
« Mon cher et unique Bien, je Te demande de me dépouiller de tout Car je vois bien que
- pour être revêtue de Toi,
- pour vivre en Toi et
- pour que Tu vives en moi,
il ne doit pas y avoir la moindre chose en moi qui ne T’appartienne. »
Plein de bienveillance, Il me répondit :
« Ma fille, pour que Je puisse venir habiter dans une âme, l’essentiel, c’est qu’elle soit totalement détachée de toutes choses.
Sans cela, non seulement
- Je ne puis demeurer en elle, mais
- aucune vertu ne peut s’installer en elle.
Dès que l’âme s’est dépouillée de tout, j’y entre. Et avec elle, nous construisons une maison.
Les fondations s’appuient sur l ‘humilité. Plus elles sont profondes, plus les murs seront solides et élevés.
Les murs sont faits des pierres de la mortification. Et ils sont cimentés avec l’or pur de la charité.
Quand les murs sont érigés, Moi, comme un peintre expert, J’y applique une excellente peinture constituée
- des mérites de ma Passion et
- des magnifiques couleurs fournies par mon sang. Cette peinture sert de protection contre la pluie, la neige et tout choc.
Ensuite, viennent les portes. Pour qu’elles soient solides comme le bois et préservées contre les termites, il faut le silence qui tue les sens extérieurs.
Pour protéger cette maison, il faut un gardien qui veille sur tout, à l’intérieur et à l’extérieur ; c’est la crainte de Dieu qui protège contre toute intempérie.
La crainte de Dieu sera la gardienne de la maison, incitant l’âme à agir,
- non par crainte d’être punie,
- mais par crainte d’offenser le maître de la maison. Cette sainte crainte ne doit servir qu’à inciter l’âme
- à tout faire pour plaire à Dieu et à rien d’autre.
Cette maison devra être décorée de trésors
- formés de saints désirs et de larmes. Tels furent les trésors de l’Ancien Testament. Dans l’accomplissent de leurs souhaits, ils trouvèrent la consolation Dans la souffrance, ils trouvèrent la Force.
Ils misaient tout sur l’attente du Rédempteur à venir A ce point de vue, ils étaient des athlètes.
Une âme sans désir est presque morte. Tout l’ennuie, l’agace et la rend maussade, y compris les vertus. Elle n’aime absolument rien et marche dans la voie du bien en se traînant.
Pour l’âme remplie de désirs, c’est tout le contraire :
- rien ne lui pèse, tout est joie.
- elle a des ailes et apprécie tout, même la souffrance. Les choses désirées sont aimées. En les aimants, on y trouve ses délices.
Même avant que la maison soit construite, on doit entretenir le désir.
Les pierres précieuses les plus coûteuses de ma Vie furent formées
- par la souffrance, la souffrance pure.
Puisque l’hôte unique de cette maison sera le Donateur de tout Bien, Il l’investit de toutes les vertus, Il La parfume avec les plus suaves odeurs. De belles fleurs y dégagent leur fragrance. Il y fait résonner une mélodie céleste des plus agréables. On y respire un air de paradis. »
J’ai omis de dire qu’on doit s’assurer que la paix domestique règne, c’est-à-dire qu’on y observe le recueillement et le silence intérieur des sens.
Ensuite, je suis demeurée dans les bras de Notre-Seigneur Et je fus entièrement dépouillée. Ayant vu que le confesseur était présent, Jésus m’a dit
- mais j’ai cru qu’il s’amusait- : « Ma fille, tu t’es dépouillée de tout Et tu sais que lorsqu’une âme est ainsi dépouillée, elle a besoin de quelqu’un pour la revêtir, la nourrir et la loger. Où veux-tu habiter ? Dans les bras du confesseur ou dans les Miens ?»
En disant cela, Il me plaça dans les bras du confesseur. J’ai commencé par résister, mais Il m’a dit que c’était sa Volonté. Après une courte discussion, Il m’a dit : « Ne crains pas, Je te tiens dans mes bras. » Alors ce fut la paix.