Ce matin, mon très patient Jésus s’est une fois de plus montré affligé. Je n’osais pas Lui dire un mot de peur qu’ Il reprenne son discours plaintif au sujet des prêtres.
C’est que l’obéissance veut que j’écrive tout, même les choses qui touchent l’exercice de la charité envers le prochain. C’est si pénible pour moi que j’ose discuter avec cette dame, même si elle peut à tout instant se transformer en une très puissante guerrière tout équipée pour me terrasser.
J’étais tellement tendue que je ne savais que faire. Il me semblait impossible d’écrire sur la Charité envers le prochain à la suite des Lumières que Jésus m’avait données. Je sentais mon cœur dardé de mille aiguillons Ma langue collait à mon palais et le courage me manquait.
Alors j’ai dit : « Chère dame obéissance, vous savez combien je vous aime. Et, à cause de cet amour, je vous donnerais volontiers ma vie Mais je sais que je ne peux le faire. Voyez à quel point mon âme est torturée. Oh ! Je vous en prie, ne soyez pas si impitoyable envers moi. S’il vous plaît, discutons ensemble de ce qu’il serait le plus approprié de dire. »
Alors son courroux s’est un peu apaisé et elle m’a dicté ce qui était essentiel, résumant en peu de mots les différentes choses qu’il fallait dire.
À certains moments, cependant, elle voulait être plus explicite et je lui disais : « Il suffit qu’ils comprennent le sens en réfléchissant. N’est-il pas préférable de tout dire en un mot plutôt qu’en plusieurs ?» Parfois, elle cédait et, parfois, c’était moi qui cédais. Au total, j’ai l’impression que nous avons bien travaillé ensemble.
Mais de quelle patience il faut user avec cette sainte obéissance. Elle est une vraie dame. Car il suffit de lui concéder le droit de diriger
- pour qu’elle se transforme en un doux agneau, se sacrifiant au travail et permettant à l’âme de se reposer dans le Seigneur pendant qu’elle la protège de son œil vigilant
- pour que personne ne la moleste ou interrompe son sommeil.
Et, pendant que l’âme sommeille, que fait cette noble dame ? À la sueur de son front, elle s’empresse de compléter le travail,
- ce qui est stupéfiant et incite à l’aimer.
Pendant que j’écris ces mots, j’entends dans mon for intérieur une voix disant : « Mais, qu’est donc l’obéissance ? Que comporte-t-elle ? De quoi se nourrit-elle ?»
Puis Jésus me fait entendre sa voix mélodieuse en disant : « Veux-tu savoir ce qu’est l’obéissance ? C’est la quintessence de l’Amour.
Elle est le plus grand, le plus pur, le plus parfait amour
- découlant du plus douloureux sacrifice. Elle invite l’âme à s’anéantir afin de vivre de nouveau en Dieu.
Étant très noble et divine, l’obéissance ne tolère rien d’humain dans l’âme.
Toute son attention vise à détruire
- ce qui n’est pas noble et divin dans l’âme, c’est-à-dire l’amour de soi.
Une fois que cela est accompli, elle travaille seule pendant qu’elle laisse l’âme se reposer en paix. L’obéissance, c’est Moi-même. »
Qui pourrait dire combien j’étais étonnée et ravie d’entendre ces Paroles de mon bien-aimé Jésus. Ô sainte Obéissance, comme tu es incompréhensible ! Je me prosterne à tes pieds et je t’adore. Je te prie d’être mon guide, mon maître et ma lumière sur le chemin ardu de la vie, pour que je puisse atteindre avec certitude le port éternel.
Je m’arrête ici en m’efforçant de ne plus penser à cette vertu. Car, autrement, je ne pourrai cesser d’en parler. La lumière que je reçois la concernant est telle que je pourrais écrire sans fin à son sujet. Mais autre chose m’appelle. Je reprends donc où j’en étais.
J’ai donc vu mon doux Jésus affligé. Et, me souvenant que l’obéissance m’avait dit
- de prier de tout mon cœur pour une certaine personne, je l’ai recommandée au Seigneur.
Par la suite, Jésus m’a dit : « Ma fille, puissent toutes ses œuvres ne briller que par ses vertus. Je lui recommande surtout de ne pas se mêler de choses d’intérêt familial.
S’il possède des biens, qu’il les donne. Il devrait laisser faire les choses par ceux à qui elles reviennent sans s’embourber dans les choses de la terre. Autrement, il fera face aux problèmes des autres. Et, ayant voulu s’en mêler, tout leur poids tombera sur ses épaules.
À cause de ma miséricorde, j’ai permis qu’ils ne deviennent pas plus prospères et, au contraire, plus pauvres, afin de leur apprendre
- qu’il est inconvenant qu’un prêtre se mêle des choses terrestres.
D’autre part et ceci est de ma bouche,
- tant qu’ils ne toucheront pas aux choses terrestres, les ministres de mon sanctuaire ne manqueront jamais de leur pain quotidien.
Quant à ceux-là, si je leur avais permis de s’enrichir,
-
ils auraient souillé leur cœur et
-
ils n’auraient eu d’égards ni pour Dieu ni pour leurs obligations.
Étant maintenant perturbés et fatigués de leur état, ils voudraient en secouer le joug, mais ils ne le peuvent pas. C’est là leur punition pour s’être mêlés de choses qui n’étaient pas de leur ressort. »
Ensuite, j’ai recommandé à Jésus une personne malade. Alors Jésus m’a montré les plaies que cette personne Lui avait infligées.
Je L’ai supplié de me laisser réparer pour elle et il m’a semblé que les plaies de Jésus guérissaient.
Ensuite, rempli de bienveillance, Il m’a dit : « Ma fille, aujourd’hui tu as rempli l’office d’un habile médecin
Car tu as non seulement tenté
- d’appliquer un baume sur les plaies que ce malade M’a infligées, mais
- aussi de les guérir. Ainsi, Je me sens soulagé et apaisé. »
J’ai compris qu’en priant pour un malade,
- on remplit le rôle de médecin pour Notre-Seigneur qui souffre dans ces êtres créés à son Image.