Avec cette consigne un peu mitigée, mon cœur s’est remis à vivre. Mais cela ne l’a pas empêché d’être encore torturé de mille façons.

En fait, quand dame obéissance voyait

  • que mon cœur cessait de battre pendant un certain temps en cherchant son Créateur -dans l’espérance de pouvoir se reposer en lui pour renouveler ses forces, elle s’abattait sur moi et me blessait de toutes parts avec ses griffes.

La simple répétition du triste refrain : « Ne viens pas, car nous ne pouvons pas nous parler » était pour moi le plus cruel des martyres. Alors que j’étais dans mon état habituel, mon doux Jésus est venu Et je lui ai dit le “triste refrain” en question.

Alors, sans plus, Il est parti. Une autre fois, quand je lui ai dit : « Ne viens pas, car l’obéissance ne le permet pas », Il m’a dit :

« Ma fille, que la lumière de ma Passion soit toujours présente à ton esprit. Car, à la vue de mes très amères souffrances, les tiennes te paraîtront minimes.

De plus, en réfléchissant à la cause principale de mes Souffrances, qui est le péché, tes moindres imperfections te paraîtront graves.

Par contre, si tu ne fixes pas ton regard sur Moi, la moindre souffrance te deviendra un fardeau. Et tu considéreras tes fautes graves comme sans importance. »

Ensuite, Il disparut. Après quelque temps, le confesseur est venu et, quand je lui ai demandé si je devais continuer ainsi, il m’a dit : « Non, tu peux Lui dire tout ce que tu veux et Le garder auprès de toi aussi longtemps que tu le désires. »

Cela m’a libérée en ce sens que je n’avais plus à lutter autant face à la puissante guerrière qu’est l’obéissance. S’il avait poursuivi encore avec la même consigne, il serait vite parvenu à me faire mourir physiquement.

En réalité, cela aurait été pour moi une grande victoire.

Car je me serais ainsi unie à mon Bien suprême pour de bon et non plus par intervalles comme auparavant. Inutile de dire que j’en aurais grandement remercié dame obéissance. Je lui aurais chanté le cantique de l’obéissance, c’est-à-dire le cantique des victoires. Ensuite, en riant, je me serais moquée de sa force !

Pendant que j’écrivais ces lignes, un œil radieux et enchanteur m’est apparu et une voix m’a dit :

« Et Moi, Je me serais uni à toi et J’aurais ri avec toi Car ç’aurait également été ma victoire. »

Je répliquai : « Ô chère obéissance, après avoir ri ensemble, je t’aurais laissée à la porte du paradis en te disant “adieu” et non pas “à la prochaine”, afin de ne plus jamais avoir affaire à toi. De plus, j’aurais pris bien soin de ne pas te laisser entrer. »