Après que j’eus entendu la sainte messe et reçu la communion, mon aimable Jésus se manifesta dans mon cœur J’ai alors senti que je quittais mon corps mais sans la compagnie de Jésus.

J’aperçus cependant mon confesseur et, puisqu’il m’avait dit : « Notre-Seigneur va venir après la communion et tu le prieras pour moi », je lui ai dit : « Père, vous m’avez dit que Jésus allait venir, mais il n’est pas encore venu. » Il me répondit : « C’est parce que tu ne sais pas le chercher. Regarde bien, car Il est en toi. »

Je me suis mise à chercher Jésus en moi et j’ai aperçu ses pieds qui dépassaient à l’extérieur de moi. Je les ai aussitôt saisis et j’ai tiré Jésus vers

moi. Je l’ai embrassé partout Et, en apercevant la couronne d’épines sur sa tête,

  • je la lui ai enlevée et je l’ai placée dans les mains du confesseur
  • en lui demandant de l’enfoncer sur ma tête. Il le fit mais, malgré ses efforts, il n’arrivait pas à enfoncer une seule épine. Je lui dis : « Poussez plus fort, n’ayez pas peur de me faire trop souffrir car, voyez-vous, Jésus est là pour me fortifier. »

Malgré ses efforts répétés, il n’y arrivait pas. Alors il me dit : « Je ne suis pas assez fort. Ces épines doivent pénétrer dans tes os et je n’ai pas la force de le faire.

Je me suis tournée vers Jésus en lui disant : « Tu vois bien que le père ne sait pas comment l’enfoncer. Fais-le un peu toi-même. »

Jésus étendit les mains et, en un instant, il fit pénétrer toutes les épines dans ma tête. Cela me causa une grande satisfaction en même temps qu’une souffrance indescriptible.

Ensuite, le confesseur et moi avons prié Jésus de déverser son amertume en moi afin qu’il épargne les créatures des nombreux fléaux qu’Il leur destine,

  • comme cela semblait se passer à ce moment-là. Car la grêle s’apprêtait à tomber non loin d’ici. En réponse à nos prières, le Seigneur en a fait tomber seulement un peu.

Puis, comme le confesseur était encore là, j’ai commencé à prier pour lui en disant à Jésus :

« Mon bon et cher Jésus, je te prie

  • d’accorder ta grâce à mon confesseur afin qu’il soit selon ton Cœur, et aussi
  • de lui donner la santé physique.

Tu as vu comment il a coopéré, non seulement en retirant la couronne d’épines de ta tête, mais aussi en te laissant la placer sur ma tête. S’il n’a pas réussi à l’enfoncer dans ma tête, ce n’est pas parce qu’il ne voulait pas te soulager, c’est parce qu’il manquait de force. Donc, raison de plus pour que tu l’exauces. Alors, dis-moi, ô mon seul et unique Bien, vas-tu le guérir à la fois dans son âme et dans son corps ?»

Jésus m’entendit mais ne répondit rien. Je le suppliai encore avec insistance en disant :

« Je ne te quitterai pas et n’arrêterai pas de prier tant que tu ne m’auras pas promis de lui accorder ce que je te demande. »

Mais Il n’a encore rien dit. Ensuite, nous nous sommes trouvés en compagnie de plusieurs personnes assises autour d’une table, en train de manger. Il y avait une portion pour moi.

Jésus me dit : « Ma fille, j’ai faim. » Je lui répondis : « Je te donne ma portion. N’es-tu pas content ?»

Il reprit : « Oui, mais je ne veux pas qu’on me voit. » Je poursuivis : « Eh bien, je ferai semblant de la prendre pour moi et te la donnerai sans qu’on s’en aperçoive. » C’est ce que nous avons fait.

Au bout d’un certain temps, Jésus se leva, approcha ses lèvres de mon visage et Il se mit à jouer un air de trompette avec sa bouche. Toutes ces gens se mirent à pâlir et à trembler en se disant : « Que se passe-t-il ? Que se passe-t-il ? Nous allons mourir !»

Je dis à Jésus : « Seigneur Jésus, que fais-tu ? Comment se fait-il ? J Jusqu’à présent, tu voulais passer inaperçu et maintenant tu t’amuses ! Fais attention ! Arrête de faire peur à ces gens ! Ne vois-tu pas qu’ils sont tous effrayés ?»

Il répondit : « Cela n’est encore rien. Qu’arrivera-t-il quand, soudainement, je jouerai plus fort ? Ils seront tellement saisis qu’un grand nombre mourront de frayeur !»

Je repris : « Mon adorable Jésus, que dis-tu là ? Tu veux toujours exercer ta Justice ? Pitié, pitié pour ton peuple, je t’en supplie !»

Alors Jésus arbora son air doux et bienveillant et moi, apercevant encore le confesseur, je recommençai à l’importuner à son sujet.

Il me dit : « Je rendrai ton confesseur comme un arbre greffé dans lequel le vieil arbre n’est plus reconnaissable, ni dans son âme ni dans son corps. Et, en gage de cela, je t’ai placée entre ses mains en tant que victime, afin qu’il puisse en bénéficier. »