Ce matin, j’étais dans mon état habituel quand, soudainement, je me suis trouvée dans l’incapacité de bouger. J’ai pris conscience que quelqu’un entrait dans ma petite chambre, refermait la porte, et s’approchait de mon lit.

J’ai cru que cette personne était entrée furtivement sans que ma famille s’en aperçoive. Qu’allait-il donc m’arriver ?

J’avais une telle peur

  • que mon sang se figeait dans mes veines et
  • que je tremblais de tout mon être.

Mon Dieu, que faire ? Je me disais : « Ma famille ne l’a pas vu. Je suis tout engourdie et je ne peux me défendre ni appeler à l’aide. Jésus, Marie, aidez-moi ! Saint Joseph, défends-moi ! »

Quand j’ai réalisé qu’il grimpait sur mon lit pour se blottir contre moi, ma peur fut telle que j’ouvris les yeux et lui demandai : « Dis-moi qui tu es ?»

Il répondit : « Le plus pauvre des pauvres. Je suis sans abri.

Je viens à toi si tu veux bien me garder avec toi dans ta petite chambre. Vois, je suis si pauvre que je n’ai même pas de vêtements. Mais tu vas t’occuper de cela. »

Je l’ai bien regardé. C’était un garçon d’environ cinq ou six ans, sans vêtements, sans chaussures. Il était très beau et gracieux.

Je lui répondis : « Quant à moi, je te garderais volontiers, mais que va dire mon père ? Je ne suis pas libre de faire ce que je veux. J’ai des parents qui m’en empêchent.

Quant à des vêtements pour toi, je peux y pourvoir par mes pauvres travaux et je me sacrifierai s’il le faut. Mais il m’est impossible de te garder ici.

D’ailleurs, n’as-tu pas un père, une mère, un chez-toi ?» Le petit garçon répondit tristement : « Je n’ai personne. Oh ! Je t’en prie, ne me laisse plus errer, prends-moi avec toi ! » Je ne savais que faire. Comment le garder ? Une pensée effleura mon esprit : « Serait-ce Jésus ? Ou peut-être un démon venu pour me troubler ?»

De nouveau, je lui dis : « Dis-moi au moins qui tu es. » Il répéta : « Je suis le plus pauvre des pauvres. »

Je repris : « As-tu appris à faire le signe de la croix ?-« Oui », dit-il.

Alors, fais-le. Je veux voir comment tu le fais. » Il a donc fait le signe de la croix.

Après, j’ajoutai : « Peux-tu réciter le “Je te salue Marie ?” -Oui, répondit-il, mais si tu veux que je le récite, faisons-le ensemble. »

Je commençai le “Je te salue Marie” et Il le disait avec moi quand, soudain, la plus pure lumière jaillit de son front.

Alors, dans le plus pauvre des pauvres, j’ai reconnu Jésus. En un instant, par sa Lumière, Il me fit perdre conscience et m’attira hors de mon corps. Je me sentais toute confuse devant Lui,

  • surtout à cause de mes nombreuses rebuffades.

Je lui dis : « Mon cher petit, pardonne-moi. Si je t’avais reconnu, je ne t’aurais pas refusé d’entrer. Et puis, pourquoi ne m’as-Tu pas dit que c’était Toi ? J’ai tant de choses à Te dire. Je te les aurais dites au lieu de perdre mon temps à des banalités et à craindre inutilement.

D’ailleurs, pour Te garder, je n’ai pas besoin de ma famille. Je suis libre de Te garder, car Tu ne permets à personne de Te voir. »

Pendant que je parlais ainsi, Il partit, me laissant avec ma peine de ne pas avoir pu Lui dire tout ce que je voulais. Tout s’est terminé ainsi.