Comme j’immergeais mon esprit dans l’immense mer de la divine espérance, mon bien-aimé Jésus me réapparut et Il me parla de la charité, la plus grande des trois vertus théologales.
Quoique les trois soient distinctes, la charité doit fraterniser avec les deux autres comme si les trois n’en formaient qu’une.
La contemplation d’un feu donne une bonne idée des trois vertus théologales s’unissant pour n’en former qu’une. La première chose que l’on observe quand on allume un feu, c’est la lumière qui baigne les alentours.
Cette lumière peut symboliser la Foi infusée dans l’âme au Baptême. Ensuite on ressent la chaleur distribuée tout autour (l’Espérance).
Petit à petit, la lumière commence à faiblir, presque à s’éteindre, mais la chaleur du feu acquiert plus de vigueur jusqu’à ce que le feu soit entièrement consumé.
Ainsi en est-il des trois vertus théologales. La Foi s’active dans l’âme à la première information reçue sur l’Être Suprême. Ensuite, grâce à la montée continuelle de l’âme vers Dieu, son plus grand Bien, la Foi grandit et se développe.
L’âme acquiert de Dieu la lumière intellectuelle, qui émane des divers attributs de Dieu. Illuminée par sa Foi, l’âme essaie de choisir le meilleur chemin pour parvenir à son plus grand Bien, qui est Dieu.
Pleine d’Espérance, elle
- passe d’une montagne à l’autre,
- traverse vallées et plaines,
- passe à travers lacs et rivières,
- navigue à la voile à travers les mers les plus grandes et les plus profondes pendant des mois et des années. Tout cela dans le seul but d’acquérir la possession de son Dieu.
Le désir dirigé vers la possession de Dieu est appelé la charité. Et ses deux soeurs sont la Foi et l’Espérance.
Jésus me dit : « Mon épouse bien-aimée, observe pourquoi,
- en traitant des trois vertus théologales de foi, d’espérance, et de charité,
- je n’ai pas parlé de la Trinité des Personnes divines que tu acquerras sûrement et en permanence : Elles resteront avec toi perpétuellement et sans faillir. »
Après quelques minutes, mon adorable Jésus m’apparut encore une fois et Il me dit :
« Mon épouse,
- si la foi est lumière pour l’âme et lui sert de vision, l’espérance est la nourriture de la foi, donnant à l’âme l’énergie et l’ardent désir d’acquérir le bien qui est vu par les yeux de la foi.
L’espérance
- donne aussi à l’âme le courage d’affronter des tâches difficiles
- dans la tranquillité d’esprit et dans une paix parfaite.
Elle l’aide à persévérer dans la recherche
- de toutes les voies possibles et
- de tous les moyens d’arriver à un bon résultat. »
La charité, quant à elle, est la substance de laquelle
- la lumière de la foi et
- la nourriture de l’espérance émergent.
Quelqu’un ne peut avoir
- ni la foi
- ni l’espérance s’il n’a pas la charité.
De la même manière que personne ne peut avoir
- la chaleur et
- la lumière sans le feu.
Comme un baume rafraîchissant,
- la Charité se dilate et pénètre partout,
- amenant à maturité les visions de la Foi et les désirs de l’Espérance.
Dans sa douceur,
- elle rend la souffrance douce et parfumée, et
- elle va aussi loin que de rendre l’âme désireuse de souffrir.
L’âme qui possède une vraie Charité,
- opérant dans l’Amour de Dieu, reçoit de Dieu une fragrance céleste.
Si les autres vertus rendent l’âme presque solitaire et peu sociable, la Charité, étant une substance qui répand la lumière, la chaleur et une très douce fragrance,
- répand chez les autres un baume
- ayant plus que des effets aromatiques : et il unit et fusionne les cœurs.
C’est ce qui permet à l’âme de souffrir les plus intenses tourments avec joie.
Quand elle est privée de souffrance, elle s’exclame : « Ô mon Époux, Jésus, Tu me soutiens avec des fleurs. Accorde-moi l’amertume de la pomme qu’est la souffrance. Mon âme languit pour Toi et ne peut être satisfaite si ce n’est dans ta douce souffrance.
Ô Jésus, donne-moi tes plus dures souffrances. Mon cœur ne peut plus te voir tant souffrir à cause de l’Amour ardent et passionné que Tu as pour chacun de nous ! »
Ensuite Jésus me dit :
« Ma Charité est un feu qui brûle et consume. Et quand elle prend racine dans une âme, elle fait tout. Elle n’attache aucune importance aux vertus elle-mêmes. La Charité convertit et garde les vertus intimement unies à elle. Ce qui en fait la Reine de toutes les vertus. Elle règne sur chacune et les domine toutes. Elle ne peut jamais transférer sa suprématie aux autres. »