À la suite des nombreuses grâces que Jésus m’accordait sans cesse,

  • j’étais dévorée du saint désir d’être toujours unie à Lui, y compris quand mon âme sortait de mon corps et
  • que Jésus me donnait de grandes douleurs à souffrir pour ceux qui manquent d’appréciation
  • pour le Saint Sacrifice de la Messe et
  • pour le sacrement d’Amour.

Quant à Jésus, Il me rappelait souvent sa douce promesse que j’ai déjà mentionnée à propos du mariage mystique qu’Il voulait conclure avec moi.

Et je Le priais souvent en ce sens en disant : « Ô très doux Époux, hâte-Toi et ne retarde pas mon union intime avec Toi. Ne vois-Tu pas que je ne peux plus attendre ? Que nous nous unissions par des liens indissolubles d’amour afin que personne ne puisse nous séparer, ne fût-ce que pour un instant ! »

Jésus, qui entretenait en moi le brûlant désir de ce mariage mystique, me dit :

« Tout ce qui est de la terre doit être rejeté. Tout ! Tout ! Et pas seulement de ton cœur, mais aussi de ton corps.

Tu ne sais pas comment peut être nuisible la moindre ombre de la terre. C’est un fort empêchement à mon Amour.

À ces paroles, je devins audacieuse et je Lui dis vivement : « Mon Seigneur, il semble que j’ai encore quelque chose à enlever de moi-même, avant que je Te sois complètement agréable ? Pourquoi ne pas me dire ce que c’est ? Tu sais que je suis prête à faire tout ce que Tu veux. »

Comme je disais cela, je reçus un rayon de lumière de Jésus par lequel je devins consciente qu’Il voulait parler de l’anneau d’or avec son image de crucifié dessus que je portais à mon doigt.

Vivement je Lui dis : « Ô Saint Époux, je suis disposée à l’enlever de mon doigt, si Tu le désires. »

Il dit : « Sache que Je te donnerai un anneau plus précieux et plus beau, sur lequel mon Image sera gravée. Il sera vivant, de telle sorte que chaque fois que tu le regarderas, de nouvelles flèches d’amour pénétreront dans ton cœur. Ton anneau n’est plus nécessaire maintenant. »

Sur ce,

  • plus satisfaite que jamais, et
  • parce que je ne ressentais aucune passion pour l’anneau, rapidement je l’enlevai de mon doigt en disant : « Saint Époux, maintenant que je T’ai plu, dis-moi s’il y a encore quelque chose en moi
  • qui pourrait être un empêchement à notre éternelle et indissoluble union. »

Après avoir attendu un très long moment rempli

  • de préparations soignées et
  • de consolations élevées, sans souffrance, le jour tant désiré de mon union mystique avec Jésus, l’Époux bien-aimé de mon âme, se présenta enfin.

Comme je m’en souviens très bien, c’était à quelques jours de la vigile de la fête de la Pureté de la Sainte Vierge.

La nuit précédente, mon aimable Jésus était tout particulièrement affectueux et dans la jubilation.

Il parlait avec plus d’intimité qu’à l’accoutumée. Il prit mon cœur dans ses Mains et Il le regarda encore et encore. Après l’avoir très bien examiné, Il l’épousseta et le replaça.

Alors Il apporta une robe d’une grande beauté, qui semblait être faite d’or fin

  • tacheté de différentes couleurs. Je la mis. Il prit deux bijoux précieux, des pendants d’oreilles, et
  • Il les plaça à mes oreilles. Il orna mon cou et mes poignets d’un collier et de bracelets
  • faits de bijoux précieux. Il plaça sur ma tête une magnifique couronne,
  • couverte de resplendissants bijoux.

Plus tard, il me sembla que les joyaux produisaient un son si beau qu’ils semblaient parler

  • de la Beauté, de la Puissance, de la Bonté,
  • de la Charité et de Majesté de Dieu,
  • ainsi que de toutes les vertus de l’Humanité de Jésus, mon Époux.

Il serait impossible de décrire ce que j’entendis pendant que mon âme nageait dans une mer de consolations.

Comme Il mettait un bandeau autour de mon front, Il me dit :

« Très douce épouse, cette couronne qui orne ta tête t’est donnée par Moi afin que rien ne manque pour te rendre digne d’être mon épouse. Tu me la retourneras après notre mariage. Je te la redonnerai dans le Ciel, après ta mort. »

En dernier lieu, Jésus apporta un voile avec lequel Il me couvrit de la tête aux pieds.

Dans cette précieuse tenue,

  • je devins profondément pensive,
  • méditant sur la pauvreté de ma personne et sur la signification de chaque ornement dont Il m’avait parée la nuit précédant notre mariage mystique.

Je peux dire que jamais dans ma vie je ne m’étais sentie dans une si extravagante situation. Cela me fit ressentir le grand fardeau que Dieu peut donner à une créature considérée comme une amoureuse de Lui.

Oh ! quelle sensation vraiment étrange habita mon esprit. Plutôt que de ressentir la sublimité de ce que Jésus venait d’opérer sur ma personne, je ressentais tout l’opposé.

Je me suis sentie anéantie d’une manière qui me faisait croire

  • que j’étais hors de mon être, et
  • que j’étais morte. Mais, dans cet état d’anéantissement, j’eus recours à mon bien-aimé Jésus.

Dans ma grande confusion, je n’arrivais pas à croire que c’était Dieu qui avait paré la plus petite de ses servantes avec autant et de si précieux joyaux. Il me semblait inconvenant

  • que non seulement Il m’ait fourni une telle tenue,
  • mais qu’encore et plus que tout,

un Dieu ait agi comme serviteur de l’épouse qu’Il a choisie, un Dieu à qui toute créature obéit au moindre de ses signes. Ainsi je Le suppliai d’avoir pitié de moi et de me pardonner.

Pour ce qui est de la signification des diverses parties de ma tenue, chacune considérée séparément, je les passe sous silence, puisque je me souviens très peu de cela maintenant, après tant d’années.

Je dis seulement que le voile que Jésus posa sur ma tête et qui descendait jusqu’à mes pieds terrifia les démons qui faisaient le guet pour voir ce que Jésus faisait sur ma personne.

Mais aussitôt qu’ils me virent vêtue de cette manière,

  • ils étaient si effrayés et terrifiés qu’ils n’osèrent pas s’approcher de moi ou me molester.
  • Ils avaient perdu toute leur audace et leur témérité.