Si ce n’eut été d’un ordre explicite donné en vertu de l’obéissance, je n’aurais sûrement jamais consenti à mettre sur papier,

  • dans l’humiliation -, les étranges épisodes de ma vie qui, de jour en jour devenaient moins exceptionnels. Sans doute, pour quelques personnes, ils sembleront bizarres. Je n’ai pas le choix.

Je dirai que mon bien-aimé Jésus,

  • après s’être montré à moi de la manière que j’ai précédemment si gauchement décrite ,
  • souffla de sa bouche une fragrance céleste qui m’envahit dans mon corps et mon âme. À la suite de ce souffle, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Il me prit avec Lui. Il fit sortir mon âme de toutes les parties de mon corps. Il me donna un corps d’une forme très simple, resplendissant de pure lumière. Je pris rapidement mon envol avec Lui, et nous avons parcouru l’immensité des cieux.

Puisque c’était la première fois que j’expérimentais ce merveilleux phénomène, j’ai pensé : « Vraiment le Seigneur est venu pour me prendre et certainement je vais

mourir. »

Quand je me suis trouvée hors de mon corps,

  • les sensations que mon âme ressentaient étaient les mêmes que je ressentais quand j’étais dans mon corps,
  • avec la différence que, quand l’âme est unie au corps, elle perçoit chaque sensation à travers les sens et les transmet aux puissances du corps.

Dans l’autre situation, l’âme reçoit toutes les sensations directement. Elle comprend instantanément tout ce qu’elle traverse. Elle pénètre même les choses les plus cachées et imperceptibles — de près ou de loin — mais uniquement dans la Volonté de Dieu.

La première chose que mon âme ressentit quand elle quitta mon corps, fut de trembler de peur en suivant l’envol de mon bien-aimé Jésus, qui me tirait continuellement derrière Lui à l’aide d’une brise céleste.

Il me disait : « Puisque tu as expérimenté de grandes souffrances quand tu étais privée de ma Présence visuelle pendant une heure ou à peu près, maintenant vole avec Moi. Je veux te consoler et te griser de mon Amour. »

Oh ! comme il était bon pour mon âme d’être en suspension dans la voûte des cieux en compagnie de Jésus ! Il me semblait que j’étais appuyée sur Lui et qu’Il me tenait pour que je ne sois pas trop loin derrière Lui. Quoiqu’Il me précédât, j’étais attachée à Lui d’une manière ferme afin de pouvoir Le suivre — Lui penché vers moi et moi vers Lui —, pendant qu’Il me soutenait et me tirait par son doux souffle.

En somme, j’ai intérieurement une bonne représentation de ce qui est arrivé, mais je n’ai pas les mots avec lesquels le décrire.

Après avoir fait ces rondes dans l’immensité des cieux, mon bien-aimé Jésus, qui trouve ses délices dans la compagnie des hommes, m’amena à un endroit où étaient concentrées les iniquités et les infamies des hommes.

Oh ! comme il était devenu changé, l’aspect de mon bien-aimé Jésus. Quelle amertume submergeait son Cœur sensible ! Avec une clarté que je n’avais jamais expérimentée auparavant, je L’ai vu souffrir de terribles tortures. Son Cœur adorable m’apparut comme celui d’un homme mourant, expirant dans une terreur extrême.

Le voyant dans ce pénible état, je Lui ai dit :

« Mon adorable Jésus, comme Tu as changé ! Tu es comme un mourant. Appuie-Toi sur moi et permets-moi de participer à ta Souffrance. Mon cœur défaille de te voir tant souffrir. »

Là-dessus, retrouvant un peu son souffle, Jésus me dit : « Oui, ma bien-aimée , aide - Moi. Je ne peux pas tenir plus longtemps. »

Me disant cela, Il me pressa plus intimement sur Lui, et plaçant ses Lèvres sur ma bouche, Il versa en moi une amertume foudroyante : je me suis sentie comme transpercée par plusieurs couteaux, fers de lances, flèches, dards et dagues qui, une à une, pénétraient dans mon âme.

Pendant que j’étais plongée dans cette souffrance extrême, mon bien-aimé Jésus ramena mon âme dans mon corps et disparut.

Qui pourrait décrire le terrible supplice qui s’empara alors de mon corps ! Seul Jésus pourrait faire cette description, Lui qui, chaque fois qu’Il me communiquait des souffrances, les adoucissait par la suite.

Les gens sur la terre,

  • non seulement ne peuvent ressentir de telles souffrances,
  • mais ne peuvent même pas imaginer leur profondeur.

En analysant l’histoire de mon âme

  • cette âme pauvre et misérable qui a bien des fois imité son bien-aimé Jésus - on pourrait croire que la mort se moquait de moi.

Quoique je n’étais alors pas digne de mourir, je savais que la mort viendrait bientôt. Elle viendra en son temps, et elle ne se moquera plus de moi. Ce sera plutôt moi qui la ridiculiserai en lui disant : « J’ai badiné bien des fois avec toi. Je t’ai effleurée au moins cent mille fois. Je n’ai plus qu’égalisé le compte avec toi ! »

Je dis cela car, à bien des occasions, j’aurais quitté ce monde si ce n’eut été de Jésus qui,

  • après avoir communiqué directement d’atroces souffrances à mon âme, me réanimait
  • en m’attirant près de son Cœur qui est Vie pour moi, ou
  • en me prenant dans ses bras qui sont Force pour moi, ou
  • en versant de sa bouche en moi un très doux élixir.

Et puisque les souffrances communiquées directement à mon âme sont plus terribles que celles communiquées à mon corps, je serais sûrement morte bien des fois si ce n’eut été par ce merveilleux Jésus.