À partir de ce jour, Jésus ne fit rien d’autre que de me préparer pour le mariage mystique qu’Il m’avait promis (4), me visitant plus souvent — jusqu’à trois ou quatre fois par jour quand ça Lui plaisait.
Souvent Il allait et venait continuellement. Il se comportait comme un amoureux qui ne peut s’empêcher de penser très souvent à son épouse, ainsi que de l’aimer et la visiter.
Il se révélait à moi en me disant des choses comme :
« Je t’aime tant que Je ne peux pas rester loin de toi. Je me sens comme non payé de retour quand Je ne te vois pas ou que Je ne te parle pas directement et de tout près. Je suis porté à penser que tu es seule et que tu languis d’amour pour Moi. Et Je viens voir si tu as besoin de quelque chose. »
Alors Il relevait ma tête, arrangeait mon oreiller, mettait ses bras autour de mon cou, m’embrassait et me couvrait de baisers encore et encore. Comme c’était l’été, Il me soulageait de l’excès de chaleur en me rafraîchissant d’une légère brise qui émanait de sa douce bouche. Quelquefois, Il secouait quelque chose qu’Il avait dans ses mains ou tapait le drap qui me recouvrait pour que je sois rafraîchie, et Il me demandait vivement : « Comment es-tu maintenant ? Sûrement que tu te sens mieux, n’est-ce pas ? »
Et je Lui répondais : « Tu sais, mon bien-aimé Jésus, quand Tu es près de moi, je me sens mieux de toute manière. »
Après, quand Il venait et qu’Il me trouvait toute prostrée et faible
- à cause de mes souffrances continuelles,
- spécialement la nuit, après que mon confesseur soit venu, II m’approchait et, de sa bouche, Il versait un liquide laiteux dans la mienne.
Il me laissait m’attacher à sa très sacrée poitrine, de laquelle Il me laissait tirer des torrents de douceur et de force qui me donnaient un avant-goût des délices du Paradis.
Quand Il me voyait dans l’état de parfaits délices, Il me disait avec son ineffable bonté : « Je veux être vraiment ton Tout, Me faisant la nourriture réconfortante non seulement de ton âme, mais aussi de ton corps. » (5) Que dire de tout ce que j’expérimentai d’Amour céleste à la suite de tant de grâces inhabituelles paradisiaques ? Si je devais dire tout ce que mon très doux Jésus me communiquait, je risquerais de devenir ennuyeuse. À mon confesseur non plus je ne pouvais pas tout dire, parce que ça aurait pris beaucoup trop de temps.
Je me limiterai ici à dire brièvement ce qu’il suffit de savoir pour comprendre un peu l’état d’une âme qui est en pleine possession de Jésus, le plus délicieux Époux de l’âme.
Et, avec toute la véhémence de mon cœur, je veux m’exclamer en Lui disant : « Ô Jésus, comme j’ai apprécié toutes tes douces et délicieuses communications ! »
Les souffrances qui me sont départies par mon Jésus sont à la fois amères, douces et intermittentes, Lui-même si rempli d’amertume. Mais si la douceur et l’amertume n’étaient pas données simultanément à l’âme qui est devenue une victime d’amour, d’expiation et de réparation, cette âme ne pourrait tenir bien longtemps sans mourir.
Le corps se désintégrerait et l’âme irait rapidement rejoindre son Dieu. D’où mes gémissements et mes plaintes quand je pensais qu’Il m’avait laissée.
Quand Il se cachait occasionnellement, je devenais très souffrante mentalement. Il me semblait que je ne L’avais pas vu depuis un siècle.
C’est pourquoi je me plaignais alors en Lui disant des choses comme : « Ô Saint Époux, comment peux-Tu me faire attendre si longtemps après Toi ? Ne sais-Tu pas que je ne puis survivre sans Toi ? Viens et ravive-moi par ta Présence qui est pour moi, lumière, force et tout. »
Un jour, me sentant rejetée à cause de son absence de seulement quelques heures, il me semblait qu’Il ne m’était pas apparu depuis plusieurs années.
Aussi, dans ma souffrance, je pleurais des larmes amères. Alors Il m’apparut, me consola, et sécha mes larmes.
Il m’embrassa et, pendant qu’Il me baisait, Il me dit : « Je ne veux pas que tu pleures. Tu vois, Je suis avec toi maintenant. Que désires-tu ? »
Je répondis : « Je languis simplement après Toi. Je cesserai de pleurer quand Tu me promettras que Tu ne me laisseras plus t’attendre aussi longtemps.
Mon bon Jésus, Tu sais comment je souffre pendant que je T’attend, spécialement
- quand je T’appelle et que Tu n’arrives pas rapidement
- pour me consoler, me fortifier et m’encourager par ta douce Présence. »
Jésus reprit : « Oui, oui, Je te plairai. » Et il disparut rapidement.
Un autre jour, je me plaignais encore et je le suppliais de ne pas me faire attendre si longtemps après Lui. Quand Il a vu que je n’arrêtais pas de pleurer,
Il me dit :
« Maintenant, Je veux vraiment te satisfaire en tout. Je suis tellement enthousiasmé par toi que Je ne peux qu’accéder à tes désirs.
Si, jusqu’à maintenant, Je t’ai dégagée de ta vie extérieure et Me suis manifesté à toi, maintenant Je veux attirer ton âme à Moi.
Ainsi tu pourras Me suivre de plus près, Me réjouir, te presser plus intimement sur Moi. Je peux te montrer tout ce qui n’a pas été fait avec toi dans le passé. »