Quoique j’eus accepté volontairement et dans l’obéissance d’être victime et de rester au lit, j’ai commencé à offrir de la résistance à mon toujours aimable Jésus.
Une fois, quand Il m’apparut pour me communiquer ses souffrances, je Lui ai dit : « Mon bien-aimé Seigneur, ne prends pas mal mon refus de souffrir. Que veux-Tu de moi ? Puisque c’est l’obéissance qui m’en empêche, je ne peux plus me soumettre.
Mais si Tu veux que je fasse ta Volonté, donne la lumière à mon confesseur pour qu’il m’accorde ce que Tu désires. Autrement, je suivrai ses désirs et m’opposerai obstinément à ta Volonté. Vraiment je croirai que Tu n’es pas mon aimable Jésus ! »
Notre-Seigneur voulait me soumettre à un test sévère en me faisant passer une nuit toute entière brouillée avec Lui. Avec le risque d’être trouvée malavisée, j’ai maintenu ma position toute une nuit.
Quand Il viendrait, je Lui dirais vivement : « Mon Amour, prends patience. J’ai besoin du consentement de mon confesseur pour que Tu puisses me communiquer ta souffrance. Aussi, s’il te plaît, ne me force pas à opposer ma volonté à la Tienne. Sans le consentement de ma volonté qui ne pliera pas sans le consentement de mon confesseur, Tu peux néanmoins me réduire à l’anéantissement et me communiquer toutes tes peines, tes chagrins et tes souffrances. (3) »
Dans cet état de souffrance où je me trouvais, je croyais que Notre-Seigneur avait donné la preuve qu’Il avait gagné. Mais ce n’était pas ainsi.
Car, en un instant, quand je fus libérée de toute souffrance, mon bien-aimé Jésus m’attira à Lui d’une manière qui me fit hésiter. En conséquence je ne pus offrir aucune résistance.
Je me suis trouvée liée à Lui si fortement que peu importe comment j’essayais de m’opposer à Lui, il était impossible pour moi de me dégager.
Puisque je ne suis rien, il aurait été inutile pour moi de résister ou d’essayer de triompher dans une bataille avec Lui, Lui qui est omnipotent et qui est la Force des forts.
Étant si près de Jésus,
- j’étais embarrassée par mes nombreuses oppositions à Lui,
- et je me suis trouvée complètement anéantie.
Aussi, dans la honte, je Lui ai dit : « Pardonne-moi, Saint Époux, de T’avoir offert de la résistance. Ceci n’aurait pas été si l’obéissance ne m’avait pas forcée. »
Et Jésus, très tendrement me dit :
« Enfant bien-aimée de mon Amour, n’aie pas peur que Je sois offensé :
Je ne suis pas offensé par le geste de ton confesseur qui t’a donné cette directive. Il exerce son ministère avec délicatesse et conscience et il doit se servir de moyens et d’artifices pour s’acquitter de sa responsabilité morale face au mauvais et au bon.
Retrouve ta paix et vis toujours abandonnée à Moi. Viens à Moi ! Aujourd’hui, c’est le premier jour de l’année (c’était vraiment le jour de l’an). Viens, Je veux te donner un cadeau. »
Il vint à moi, me serra sur Lui et, pressant ses lèvres contre les miennes, Il versa en moi un liquide, beaucoup plus doux que le lait et, m’embrassant encore et encore, affectueusement Il prit un anneau de son Cœur en disant :
« Admire et contemple bien cet anneau que J’ai préparé pour toi, pour notre mariage, puisque Je te marierai dans la foi.
Pour le présent, Je t’ordonne
- de continuer de vivre dans cet état de victime et
- de dire à ton confesseur que c’est mon désir que tu continues de vivre dans cet état de souffrance.
Et comme signe que c’est bien Moi qui parle, sache que la guerre qui est à un arrêt entre l’Italie et l’Afrique continuera jusqu’au moment où il te donnera la permission de vivre dans l’état de victime.
À ce moment, Je ferai cesser la guerre, pour qu’ils aient la paix des deux côtés. » Puis Jésus disparut.
Je me suis alors sentie comme si j’étais habillée d’un habit de souffrance qui pénétrait jusqu’à la moelle de mes os, tellement je me sentais incapable de me réanimer moi-même de cet état mortel, sans l’intervention du confesseur.
Dans ma douleur, je pensais à ce que j’allais lui dire quand il me trouverait dans cet état de souffrance majeur contre ses ordres. Que pouvais-je faire ? Il n’était certainement pas en mon pouvoir de me réanimer moi-même.
Le liquide laiteux que Jésus m’avait versé produisait en moi tant d’amour pour Lui que, malgré la douleur, je languissais d’amour.
Cette douceur et cette satiété que je ressentais me forcèrent à prendre un peu de la nourriture offerte par ma famille après que le confesseur m’eut réanimée. Mais cette nourriture refusa absolument de descendre dans mon estomac.
Il fut nécessaire que mon confesseur me l’impose au nom de l’obéissance pour que je l’avale. Cependant je fus immédiatement forcée de le rendre avec un peu du doux liquide versé en moi par Jésus.
En le faisant, j’ai senti Jésus à l’intérieur de moi qui, avec humour, me dit : « Ce que j’avais versé en toi n’était pas assez ? N’en étais-tu pas satisfaite ? »
Très embarrassée et remplie de honte, je Lui dis : « Que veux-Tu de moi, ô Jésus ? C’est l’obéissance qui m’a amenée à rendre aussi ce qui était Tien
- qui était pourtant si doux et si délicieux. »
Sans autre question, regardant ce qui était arrivé, mon confesseur se retira en disant : « Je reviendrai quand j’aurai du temps libre. »
Je ne fus pas seulement indifférente à cette interférence du confesseur en rapport avec ce qui se passait entre le Seigneur et moi, mais j’en fus très ennuyée.
Rapidement, je remerciai mon toujours aimable Jésus, qui avait permis que mon confesseur ne me pose aucune question. Je ne savais vraiment pas ce qui m’attendait pour le jour suivant. Mon confesseur revint avec un air renfrogné et, sans me questionner, me traita d’âme désobéissante.
Et il ajouta : « Le fait que tu sois tombée dans une faiblesse mortelle m’amène à croire
- que ce qui t’arrive est une pure maladie et
- non pas le fruit d’une intervention surnaturelle.
Si cela était de Dieu, Il ne t’aurait certainement pas laissée me désobéir, parce qu’Il veut de toi l’obéissance et ne veut rien qui ne soit fait sans cette belle vertu. Aussi, plutôt que d’appeler ton confesseur, désormais tu appelleras les médecins qui, par leur science, te libéreront de ta maladie nerveuse. »
Quand il eut fini de me rabrouer, je me suis obligée à lui dire ce qui était arrivé, et tout ce que le Seigneur m’avait demandé de lui dire. En m’entendant, il changea d’idée et m’assura qu’il ne doutait pas de ce que j’avais dit regardant Jésus, parce que les paroles à propos de la guerre entre l’Italie et l’Afrique étaient véridiques.
Il ajouta à propos de la prétendue paix : « Si elle arrive sous peu, conséquemment au fait que tu seras redevenue victime, alors je ne pourrai plus douter. Si, d’un autre côté, c’était dû à d’autres causes… Nous allons attendre et nous verrons. »
Ainsi il consentit à ce que je réponde au désir exprimé par mon bon Jésus. Et il me répéta : « Nous allons attendre et nous verrons si cette guerre n’augmente pas et si bientôt nous aurons la paix. »
Quatre mois plus tard, mon confesseur apprit du journal que la paix prophétisée par Jésus s’était réalisée.
Quand il me vit, il dit : « Sans victime d’un côté comme de l’autre, la guerre qui sévissait entre l’Italie et l’Afrique s’est terminée. Il y a maintenant la paix entre les deux. » Parce que ce fait avait été prophétisé et qu’il s’était réalisé, mon confesseur devint convaincu de l’action de la Divinité dans ce qui m’arrivait, et il me laissa seule et en paix — chose qu’on ne peut obtenir si on résiste à Dieu.