Si, en retour des nombreuses grâces que mon Jésus bien-aimé m’a accordées, mon cœur ne débordait pas d’amour reconnaissant envers Lui, je mériterais d’être qualifiée du plus détestable de tous les noms.
Si je n’acquiesçais pas totalement aux désirs de sa Sainte Volonté, tout le Ciel et la terre devraient me pointer du doigt
- y compris les générations futures comme étant l’âme la plus ingrate et la plus méprisable qui ait jamais existé.
Ce serait comme si un va-nu-pieds couvert de guenilles sales boudait un seigneur très fortuné qui l’inviterait
- à devenir copropriétaire de ses immenses possessions et
- de s’en occuper comme si elles étaient siennes. Ce pauvre indigent ne deviendrait-il pas la risée de tous ?
Jésus a agi ainsi avec moi. En échange de mon néant, Il m’a accordé de posséder en commun avec Lui ses biens infinis, à la seule condition que j’en prenne soin. Je ne Lui ai rien apporté, si ce n’est mon néant.
Avez-vous déjà vu quelque chose de semblable ? Je me sens toute gênée d’en parler. Et Jésus devint
- non seulement propriétaire de mon néant,
- mais aussi de mes imperfections, qu’Il veut totalement purifier dans son infinie Perfection.
Oh ! comme je suis endettée envers Lui ! Lui qui jamais ne s’est lassé, ne se lasse, et ne se lassera de me répéter :
« Je veux de toi une parfaite conformité à ma Volonté, de telle manière que tu deviennes complètement fondue dans ma Volonté. »
Quand Il remarquait mon plus petit attachement à des choses sans importance, gentiment Il me pressait de faire marche arrière en me disant :
« Mon enfant, Je désire de toi une séparation absolue de tout ce qui n’est pas de Moi. Je veux que tu considères tout ce que tu sais être de la terre comme fumier, dégoûtant à regarder.
Mon Cœur se gèle quand tu regardes avec plaisir les choses de la terre qui ne sont pas des nécessités. Elles ennuagent les choses célestes en toi et retardent le mariage mystique que J’ai promis de conclure avec toi.
Sache que Je n’accorde aucune valeur aux choses de la terre qui ne sont pas totalement nécessaires. Je veux que tu suives cette abjecte pauvreté à laquelle Je me suis Moi-même assujetti, méprisant tout ce qui n’était pas nécessaire.
Dans ce petit lit où tu M’imites dans la pauvreté, tu dois te considérer comme une pauvre enfant abandonnée. Seulement alors pourras-tu dire que tu es vraiment pauvre.
Parce que Je veux une pauvreté vraie et pratiquée dans les actes.
- Ne désire jamais acquérir quelque chose,
- ne soupire jamais après quelque chose, et
- n’accepte jamais rien qui ne soit réellement nécessaire.
Le cas échéant,
- remercie-Moi en premier,
- ensuite tes donateurs.
Je veux que désormais
- tu t’arranges avec ce qui t’est donné et
- tu ne demande rien d’autre, parce que désirer quelque chose qui ne t’est pas donné, peut devenir encombrant dans ton esprit.
Résigne-toi avec une sainte indifférence à la volonté des autres sans considérer si c’est bon ou mauvais. »
Au commencement, cela fut vraiment un très grand sacrifice pour moi. Mais, rapidement, j’ai vu à ne pas penser à ceci ou cela.
A l’exception de ce dont j’avais vraiment besoin, je ne demandais rien qui ne m’était pas offert.