Après avoir vécu six ou sept ans dans ces souffrances, j’empirai et fus forcée de rester au lit. Très souvent, je m’évanouissais et ma bouche et ma mâchoire se fermaient si fort que je ne pouvais prendre aucune nourriture.
Quand je réussissais à avaler quelques gouttes de liquide, immédiatement je devais les régurgiter en vomissant continuellement, ce qui m’arrivait toujours pendant mes plus sévères souffrances.
Après dix-huit jours de médications sans résultat, un confesseur fut appelé pour me confesser. Quand il vint et me trouva dans cet état de pétrification, il me plaça sous obéissance et m’ordonna de me libérer moi-même de cet état de léthargie mortelle.
Il fit le signe de la Croix et il m’aida à me libérer moi-même de cette maladie nerveuse.
Quand je fus guérie, il me dit : « Dis-moi ce qui ne va pas. » Je demeurai silencieuse sur tout, mais je lui dis seulement : Père, cela doit être quelque chose du démon. »
Sans autre interrogation, il me dit : « N’aie pas peur, ce n’est pas le démon. Et si c’est lui, moi, au Nom de Dieu, je le chasserai de toi. »
Alors, je récupérai la liberté de mouvement pour mes bras et la capacité de librement ouvrir ma bouche. Après que le confesseur fut parti, je pensai à ce qui était arrivé. Je conclus que ce qui s’était passé était un miracle qui s’était produit par la sainteté de ce prêtre.
Je pensai en moi-même : « Si j’avais continué dans cet état, ma vie se serait terminée en un rien de temps. Mais me voilà plutôt engagée dans une vie nouvelle. »
Je serai toujours reconnaissante à Dieu de m’avoir redonné la santé par la sainteté de son ministre. Je ne peux cependant pas cacher le fait que, dans ma situation,
- j’étais résignée à mourir et que,
- étant maintenant libre, je regrettais de ne pas être déjà morte.
Mais Jésus ne permit pas que je meure, car Il voulait compléter ses desseins sur moi.
Ainsi, en un jour, Il me montra qu’Il voulait que je sois une victime à perpétuité. De temps à autre, Il me ramenait à mon ancien état, mais seulement quand j’étais seule.
Après avoir recouvré la santé, je retournai à l’église pendant une période de temps pour satisfaire à mes devoirs religieux. Quand je recevais Jésus dans la Sainte Communion, Il me disait quand réserver du temps pour les souffrances.
Quelquefois Il désignait l’heure à laquelle Il reviendrait. Parce que mes souffrances m’étaient annoncées à l’avance par Jésus Lui-même, je ne crus pas qu’il fut nécessaire d’en parler à mon confesseur. Car, à la seule pensée de pouvoir annoncer à l’avance mes souffrances, je serais devenue l’âme la plus fière du monde, même si j’étais guidée par la sainteté de mon père spirituel.
Aussi, pendant longtemps, ma souffrance était soulagée, non par une assistance humaine, mais par Jésus qui faisait tout.
Il arriva qu’après m’avoir fait partager ses souffrances, Jésus ne me donna pas la capacité de retrouver mes sens par moi-même.
Ainsi, ma famille dut faire revenir le confesseur.
Après qu’il m’eut fait recouvrer mes sens, il me dit :
« À partir de ce jour, quand tu viendras à l’église, ou avant la communion, ou après ton action de grâce, viens me voir dans le confessionnal et je te donnerai la bénédiction pour que tu puisses te sortir toi-même de ton état de souffrance sans que j’aie besoin d’aller chez toi. »