Ainsi encouragée par Jésus, je commençai à méditer sur sa Passion, ce qui fit beaucoup de bien à mon âme. Je puis assurer que ce bien me vint de la Fontaine de la Grâce et de l’Amour.

À partir de ce moment, la Passion de Jésus fit son chemin dans mon cœur, mon âme et mon corps, dans lequel les souffrances de la Passion seront manifestées.

Je devins immergée dans la Passion

  • comme dans une immense mer de Lumière qui, avec ses chauds rayons,
  • embrasait mon être tout entier d’amour pour Jésus, Lui qui a tant souffert pour moi.

Plus tard, cette immersion me fera comprendre clairement

  • la patience et l’humilité, l’obéissance et la charité de Jésus, et
  • tout ce qu’il endura par Amour pour moi. Voyant quelle grande distance il y avait entre Lui et moi, je me sentais complètement anéantie.

Les rayons qui me submergeaient me semblaient comme des réprimandes me disant silencieusement :

« Un Dieu si patient ! Et qu’en est-il de toi ? Un Dieu si humble, assujetti à ses ennemis ! Et qu’en est-il de toi ? Un Dieu de toute Charité qui souffre beaucoup pour toi ! Et qu’en est-il de toi ? Où sont les souffrances que tu portes par amour pour Lui ? Où sont-elles ?»

Occasionnellement, Jésus me parlait des douleurs de son Agonie et de ses souffrances d’Amour pour moi. Et j’en étais émue jusqu’aux larmes.

Un jour, pendant que je travaillais et que je méditais sur les cruelles souffrances de Jésus, ma tête devint oppressée au point que j’en perdais la respiration. Par peur qu’il m’arrive quelque chose de sérieux, je voulus faire diversion en sortant sur le balcon.

Là, je vis une foule immense de gens passant dans la rue. Ils conduisaient mon très gentil Jésus, Le poussant et Le tirant. Jésus portait sa Croix sur son épaule. Il était exténué et suait le sang. Il faisait pitié au point d’émouvoir une pierre. Il leva les yeux vers moi pour me demander du secours. Qui pourrait décrire le chagrin que j’ai alors ressenti ? Qui pourrait décrire l’effet que cette épouvantable scène eut sur moi ? Je suis rapidement retournée dans ma chambre, ne sachant plus où je me trouvais.

Mon cœur était brisé de douleur et j’ai commencé à pleurer en me disant : « Comme tu souffres, mon bon Jésus ! Je souhaiterais

  • pouvoir T’aider à Te libérer de ces loups enragés, ou
  • souffrir des douleurs et des tortures pour Toi, pour Te donner du soulagement.

Ô mon Dieu, permets que je souffre à tes côtés. Ce n’est pas juste

  • que Tu souffres tant par Amour pour moi, une pécheresse, et
  • que moi je ne souffre rien pour Toi ! »