C’est ainsi que se sont passées ma deuxième et ma troisième heure de méditation. Et j’ai ainsi continué jusqu’à la neuvième heure, que j’ai omise, à cause de mes insipides et regrettables distractions.
Cependant, la voix me demanda de poursuivre avec les méditations de la neuvaine, m’avertissant
- que si je ne le faisais pas,
- je n’aurais aucun répit, aucune paix.
Et j’essayais d’imaginer comment je pourrais mieux le faire,
- parfois agenouillée,
- parfois prosternée jusqu’à terre. Il y avait des fois où ma famille m’empêchait de le faire pendant que je travaillais. Mais je voulais toujours satisfaire mon si bon Jésus. C’est de cette façon que je passai tous les jours de ma sainte neuvaine,
- jusqu’à la veille du jour
- où mon bien-aimé Jésus me donna une récompense inhabituelle et inespérée.
C’était la nuit avant Noël. J’étais seule et sur le point de terminer mes méditations quand, soudain, je ressentis en moi un courant de ferveur inhabituelle. Je me suis trouvée en présence du très gracieux bébé Jésus.
Il était si beau et si charmant ! Mais à cause du manque d’amour
- qui Lui était donné par les créatures ingrates,
- Il tremblait de froid. Il agissait comme s’Il voulait m’embrasser. J’étais ravie de joie. Je me suis levée immédiatement et j’ai couru pour L’embrasser. Mais quand j’ai essayé de Le serrer dans mes bras, Il disparut.
Ceci arriva par trois fois, et chaque fois je n’ai pu L’embrasser.
J’en fus très contrariée. Toute pénétrée d’amour, je suis tombée dans une ivresse amoureuse
- c’est difficile pour moi de mettre tout ça dans des mots,
- car je n’ai pas la bonne manière de m’exprimer.
Je ne nie pas que j’étais toute transformée d’Amour par Jésus. Cette ferveur inhabituelle dura plusieurs jours. Ensuite, elle diminua graduellement. Pendant longtemps, je n’ai laissé transpirer absolument rien de tout cela à qui que ce soit.
Par la suite, la voix à l’intérieur de moi ne m’a jamais laissée. Comme je continuais à tomber, la voix me réprimandait après chacune de mes fautes coutumières. Elle me corrigeait et m’enseignait que je devais tout faire très bien. Elle me donnait un nouveau courage quand je tombais et elle me faisait promettre d’être plus vigilante dans le futur.
À présent, notre Seigneur continue
- d’agir avec moi comme un bon père envers son enfant,
- de toujours ramener l’enfant égarée dans le chemin de la vertu,
- de toujours user d’efforts paternels pour la garder à son devoir, afin qu’elle produise pour Dieu honneur et gloire, et qu’elle recherche toujours la couronne enviable de la vertu.
Mais hélas, pour ma honte et ma confusion, je dois m’exclamer : « Ô Jésus, comme j’ai été ingrate envers toi ! »