Quelques lettres — 14 février 1901
14 février 1901.
Que Régis ait toujours sa place dans les conversations de famille ; pensez tous à lui ; qu’il ne soit ni oublié de ses frères et sœurs, ni passé sous silence ; qu’on en parle souvent, comme d’un vivant ; il est plus vivant que nous tous qui sommes sur cette terre ; il est le seul parfaitement vivant de tes enfants, car, seul, il a la vie éternelle que nous tous, nous pouvons perdre, hélas ! comme tant d’autres la perdent, mais que ce cher Régis nous aidera à obtenir… Je le prie souvent et avec fruit… Je lui demande de m’apprendre à prier ; demande-le-lui aussi, et apprends à tes enfants à s’adresser à lui dans leurs besoins, il les aime tant, et il est puissant !
Non, ma chérie, je ne suis pas attristé des persécutions religieuses, mais je demande à Dieu, pour les autres et pour moi, le courage et les vertus, de manière à les supporter avec le profit que Jésus veut que nous en tirions, car Il ne les permet, Lui tout puissant et qui nous aime tant, que pour le bien des âmes… « Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice ! » Comment nous attrister quand Jésus nous appelle « bienheureux » ? Ne sait-Il pas mieux que nous ce qui nous est bon ? Jésus qui nous aime permet cela, comme Il a permis Sa propre mort et les persécutions qui L’ont poursuivi de la crèche à la croix, comme Il a permis le martyre de Ses apôtres et d’une infinité de saints, comme Il permet toutes les épreuves des Justes, non pour la mort, mais pour que Dieu en soit glorifié et que les âmes s’épurent par la souffrance, aient l’occasion de pratiquer les grandes vertus, et entrent dans le royaume céleste par la voie royale de la Croix, qui, depuis Jésus, est la seule qui conduise au triomphe… Prions donc, demandons humblement la force, la vertu, l’amour, l’amour surtout qui contient tout et enseigne tout, et, loin de nous attrister, réjouissons-nous. Jésus nous l’ordonne : « Quand on vous calomniera et qu’on vous persécutera, quand on vous chassera à cause de Moi, alors, réjouissez-vous, votre récompense est grande dans les cieux »… Elle est grande même ici-bas, car cette seule conformité avec Jésus persécuté et souffrant est joie profonde, dont on jouit dans la mesure de l’amour qu’on a pour Jésus. L’amour a besoin d’imitation.