Huit jours a Ephrem — Le bon pasteur
St Luc, 15, 4.
[Notre-Seigneur] : « Je suis le Bon Pasteur, je cours sans cesse à la recherche des brebis égarées, je vous l’ai redit cent fois : Aimez-Moi ! puisque je vous aime tant, toutes, ô mes brebis, et aimez-vous les uns les autres, puisque votre Pasteur vous aime tous si tendrement !… Soyez-Moi reconnaissants de mes soins à vous chercher, de ma bonté à vous pardonner, de ma joie quand je vous retrouve ! Aidez-moi dans mon travail, imitez-Moi, faites tous vos efforts, avec Moi et comme Moi, chacun selon les ordres de son directeur spirituel, pour ramener le plus possible de brebis égarées… partagez mes sentiments, mes peines de voir mes brebis se perdre, ma joie quand je les retrouve…, partagez ma constance, mon espérance, mon indulgence à les chercher, mon espérance qui ne renonce jamais à croire à la possibilité de leur retour, mon indulgence à leur pardonner…, partagez ma tendresse pour elles, quand elles reviennent…, loin de leur faire des reproches et de les punir, je les comble de caresses, je tombe sur leur cœur, comme le père de l’enfant prodigue.
« Espérez donc toujours le retour au bien de toutes les âmes vivant en ce monde, travaillez-y toujours dans la mesure fixée par l’obéissance, et soyez tendres pour les pécheurs qui reviennent, comme je l’ai été devant vous pour tant d’âmes… En un mot, qui contient tout, faites pour les pécheurs ce que vous voulez que je fasse pour vous.
Lundi après le 4e Dimanche de Carême
« Mes petits enfants, le jour touche à sa fin, je n’ai plus que quelques mots à vous dire… le dénouement approche pour Moi, et cette petite retraite d’Ephrem est presque finie… Demain matin, nous partirons pour la Galilée… Je veux pourtant vous dire encore trois choses pendant que nous sommes encore recueillis dans cette solitude : d’abord, pauvreté, pauvreté, pauvreté. Souvenez-vous de mes exemples et de mes paroles au sujet de la pauvreté : né dans une grotte, élevé dans une pauvre maison, enfant de parents pauvres, vivant pauvrement comme eux, du travail de mes mains, jusqu’au jour où j’ai passé mes jours entiers à prêcher ; depuis ce temps, acceptant pour vivre les aumônes des fidèles, mais n’en acceptant que ce qu’il faut pour vivre aussi pauvrement que quand j’étais ouvrier ; sans aucune possession au monde, sans une pierre pour poser la tête ; choisissant mes compagnons, mes apôtres parmi les pauvres, prêchant la pauvreté. Souvenez-vous de mes paroles : « Bienheureux les pauvres !… Malheur aux riches… Si vous voulez être parfaits, vendez ce que vous avez et donnez-en le prix aux pauvres… Si vous ne renoncez à tout, vous ne pouvez devenir mes disciples… On ne peut suivre deux maîtres à la fois, on ne peut aimer Dieu et l’argent… Le pauvre Lazare fut porté par les anges dans le sein d’Abraham… Ceux qui quittent tout pour me suivre reçoivent le centuple en ce monde, et, dans l’autre, la vie éternelle… » Je ne veux pas laisser finir cette journée sans vous répéter : Pauvreté, pauvreté, pauvreté !… Foi dans la prière… Humilité. »