La Dévotion À Mon Sacré-cœur

ARC-106 | 22-Juin-95 | Le Seigneur

  1. La dévotion à Mon Cœur a un objet très digne, car ce Cœur est parfait par sa matière même. La chair dont il est formé est un germe transmis sans tache à travers les âges, conservé par l’action sanctifiante du Verbe éternel, porté par une Vierge en ses entrailles pures, et qui Lui valut d’être Elle-même conçue sans péché.

  2. Toute la Sainte Trinité travailla à former Mon Cœur, y manifestant Sa grâce et Sa miséricorde.

  3. Le Père le créa avec cette perfection qui devait le rendre digne d’être le Cœur de Son Fils, et le fit resplendir de la vive image de Sa beauté éternelle.

  4. Moi, le Verbe, prenant cette chair, Je l’ennoblis, Je la divinise, Je la rends sensible à la gloire de Dieu et aux intérêts de l’homme, et Je la fais palpiter en cette indissoluble charité qui M’unit à Dieu et à l’homme.

  5. Le Saint-Esprit remplit Mon Cœur, le pénètre et l’embrase de Ses flammes divines qui éternellement le consumeront. Il en fait Son temple et Son tabernacle ; Il le consacre par Sa présence, l’illumine de Ses splendeurs, l’anime et le soutient d’une vie sans défaillance ni décadence.

  6. Ainsi le Père, le Verbe et le Saint-Esprit formèrent le Cœur de l’Homme-Dieu. Le Père apporte à cette œuvre la puissance qui crée ; le Verbe, l’amour qui répare ; le Saint-Esprit, celui qui féconde.

  7. Tel est Mon Cœur, tel est l’organe le plus pur de la sainte humanité dont Je Me suis revêtu dans le sein de Marie et que J’ai uni à Moi, personnellement, en Me faisant homme. Ce Cœur est la source généreuse d’où jaillit le sang durant Mon agonie au Jardin

des Oliviers, lorsqu’oppressé sous le poids de leurs fautes, Je redoublai Ma prière, tandis que tout Mon corps se baignait d’une sueur mortelle.

  1. Ce Cœur laissa s’échapper les gouttes de sang rédempteur sous les épines de la sainte couronne et sous les verges de la flagellation. Ce Cœur arrosa durant trois heures la cime du Calvaire de ce Sang précieux qui payait la rançon du monde. Ce Cœur s’ouvrit après Ma mort pour acquitter pleinement, par l’excès de Mon amour, une rançon pour laquelle une seule goutte eût suffi. Ce Cœur, après avoir dormi trois jours dans le sépulcre, s’éveilla avec toute l’énergie et toute la force de son amour ; il revêtit le corps ressuscité de l’Homme-Dieu des propriétés les plus merveilleuses, et au Ciel il donne à Mon corps glorifié le mouvement, la splendeur et la grandeur d’une vie qui n’aura point de fin.

  2. Voyez en cette matière sensible le Cœur que Je montrai à Marguerite-Marie en lui disant : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes. » Ce Cœur sensible et matériel ne doit être qu’un objet secondaire de votre dévotion. Il y a un objet spirituel qui en est la part principale : Mon amour pour les hommes, dont le symbole est le cœur et les flammes qui s’en élèvent, et qui doivent vous enseigner ses grands sentiments.

  3. Cet amour devrait être pour vous un motif inépuisable d’admiration et d’action de grâces.

  4. Par amour, Je quittai le Ciel pour Bethléem, et le sein de Mon Père pour le sein de Marie. Dans le sein de Mon Père, Ma lumière est inaccessible ; en sortant de lui, Je la manifeste, Je la répands, Je la prodigue, Je commence à soulever le voile d’un si grand et si consolant mystère.

  5. Par amour pour les Juifs, Je Me révèle aux bergers ; et par amour pour les gentils, Je Me révèle aux mages. Ainsi se forme autour de Mon Cœur, comme autour d’un centre divin, l’Église, à la

fois naissante parmi les païens et parmi les Juifs, dont les destinées embrasseront tous les temps et tous les lieux.

  1. Bethléem a vu la gloire de Ma naissance au Ciel et sur la terre. Nazareth verra la gloire intérieure de Ma vie cachée.

  2. Pauvre, inconnu, méprisé, Je vous donne par amour d’éloquentes leçons d’obscurité, de silence, d’humilité, de simplicité, de mortification, d’oubli de soi. Dans ce genre de vie, Je croîs en âge et en sagesse devant Dieu et devant les hommes. Ainsi Je vis, ainsi J’agis, ainsi Je Me tais, ainsi Je travaille et Me cache par amour pour les hommes.

  3. Lorsque commence Ma vie publique, le même amour M’entraîne au baptême, où Je M’offre en expiation pour vos péchés ; au désert où Je M’humilie, où Je suis tenté, où Je Me laisse porter jusque sur les ailes de l’ange déchu, sur le pinacle du temple, tout cela par amour. Cœur de Messie, de Sauveur et de Père, tout est possible à Mon amour pourvu qu’il vous décide à Me suivre dans le combat. Pour la lutte avec le démon, Je vous prêtai ces paroles, ces flèches tirées des Écritures, dont vous blesserez toujours le tentateur. Mais il faut qu’elles partent de vos cœurs comme de Mon Cœur, lorsque vous vous serez purifiés dans la solitude et dans le jeûne. Quand la mortification vous aura rendus forts, magnanimes, vainqueurs de vous-mêmes.

  4. Ma vie publique n’est autre chose que Mon Cœur en action et en souffrance. Il agit et il souffre à la fois par son amour, avec une activité qui Me fait courir à la conquête des âmes, et avec une patience miséricordieuse qui redouble le prix de Mon zèle.

  5. Je prêche et réconcilie les pécheurs, Je guéris les malades, J’accueille les enfants, J’instruis et forme Mes disciples, Je nourris les foules affamées, et par les miracles, les bienfaits et les entretiens, Je répands Mon Cœur, dont jaillit la charité infinie, sans jamais s’épuiser.

  1. Je pleure sur le sépulcre de Lazare qui est Mon ami, sur l’infidèle Jérusalem qui est Ma patrie, sur le monde, objet de la colère divine.

  2. C’est Mon Cœur d’homme qui a versé ces larmes ; c’est l’amour qui les a arrachées de Mon Cœur, et le désir de vous voir pleurer vous-mêmes est ce qui M’a fait donner aux larmes leur vertu propre, et déclarer bienheureux ceux qui les répandent.

  3. Le sacrifice des larmes n’était dans Ma vie que le prélude du sacrifice du sang. Mes pieds, Mes mains, Ma tête, Mon Cœur, le versèrent successivement et avec abondance.

  4. Ce Cœur se révéla tout entier sur la Croix, tantôt par des paroles de pardon, tantôt par un testament d’amour, tantôt par le cri éteint de son zèle et la soif qui monte du Cœur aux lèvres ; jusqu’à ce qu’enfin l’amour et la justice fussent satisfaits, et qu’il ne restât plus rien à expier, rien à pardonner, rien à aimer.

  5. Tout est consommé. Mais non : tout n’est pas terminé, car Je ressuscite, et Mon Cœur ressuscité se dilate, triomphe, surabonde de joie, se réjouit en ce triomphe, exulte en ses propres mérites, et obtient un surcroît de félicité et de gloire qui sera d’un grand profit à la terre.

  6. Toutes les apparitions qui suivent Ma résurrection glorieuse sont des triomphes de Mon Cœur. Madeleine Me reconnaît à la voix, les disciples d’Emmaüs à la fraction du pain, Thomas à la plaie de Mon Côté ouvert, tous les apôtres et disciples à la paix que Je leur souhaite et que Je leur apporte.

  7. Enfin, lorsque, vainqueur de la mort, Je monte au plus haut des cieux et vais M’asseoir sur le trône éternel préparé à Ma gloire, c’est pour achever Ma propre victoire sur le Cœur de Mon Père et obtenir que le Saint-Esprit descende, comme Je l’ai promis, sur Mon Église naissante. Ainsi Mon Cœur grandit encore en

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son triomphe, et la terre éprouve plus que jamais son influence divine.

  1. Cet amour est parfait quand il parle et quand il se tait, quand il promet et quand il donne, quand il pardonne et quand il s’exalte ; il est parfait sur la terre et au Ciel. Toute Ma vie procède du Cœur : l’amour est Ma première parole, et Je les ai aimés jusqu’à la fin, jusqu’à l’épuisement, jusqu’à la folie d’amour.

  2. Mes petits enfants : vous avez un Rédempteur, venez à Moi, qui suis plein de Miséricorde pour ceux qui veulent être rachetés. Je suis source d’eau vive, fleuve abondant qui procède du trône de Dieu, qui sans recevoir de personne, à tous Je donne largement, sans que Mes courants diminuent : que les assoiffés accourent étancher en Moi leur soif. C’est une mine sans fin, faite des trésors éternels. Venez, âmes avides, recevoir Mes grâces : jamais vous n’emporterez tant de trésors, et jamais ils ne manqueront pour les partager aux autres, infiniment.

  3. Que les aveugles viennent à la lumière, les affligés et les tourmentés à la joie sans fin ; que les prisonniers viennent à la liberté ; les exilés à leur patrie ; les morts à la vie. Qu’attendez-vous ? Que faites-vous, attachés comme de viles bêtes aux mangeoires du monde, mangeant une paille sans suc ni substance nourrissante ?

  4. Rompez vos liens : venez vers la table qui vous attend, garnie de vraies délices et de présents inestimables. Réveillez-vous, car la lumière entre par vos portes ; ouvrez-Moi, ne demeurez pas dans l’obscurité et dans les ténèbres de mort…