La Dévotion À Mon Sacré-cœur
ARC-106 | 22-Juin-95 | Le Seigneur
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La dévotion à mon Cœur a un objet très digne, car ce Cœur est parfait par sa matière même. La chair dont il est formé est un germe transmis sans tache à travers les âges, conservé par l’action sanctifiante du Verbe éternel, porté par une Vierge dans ses entrailles pures et qui lui a valu d’être elle- même conçue sans péché.
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Toute la Trinité a œuvré à la formation de mon Cœur, y manifestant sa grâce et sa miséricorde.
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Le Père l’a élevé avec cette perfection qui devait le rendre digne d’être le Cœur de Son Fils et l’a fait resplendir de l’image vivante de Sa beauté éternelle.
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Moi, le Verbe, en prenant cette chair, je l’ennoblis, je la divinise, je la rends sensible à la gloire de Dieu et aux intérêts de l’homme, et je la fais palpiter dans cette charité indissoluble qui m’unit à Dieu et à l’homme.
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Le Saint-Esprit remplit mon cœur, le pénètre et le brûle de ses flammes divines qui le consumeront éternellement. Il en fait son temple et son tabernacle ; il le consacre de sa présence, l’illumine de ses splendeurs, l’anime et le soutient d’une vie sans faiblesse ni déclin.
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Ainsi, le Père, le Verbe et le Saint-Esprit ont formé le Cœur de l’Homme- Dieu. Le Père apporte à cette œuvre le pouvoir qui crée ; le Verbe, l’amour qui répare ; le Saint-Esprit, celui qui féconde.
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Tel est Mon Cœur, tel est l’organe le plus pur de la sainte humilité que J’ai revêtu dans le sein de Marie et que J’ai uni à Moi, personnellement, en devenant homme. Ce Cœur est la source généreuse d’où a jailli le sang pendant Mon agonie au Jardin des Oliviers, lorsque, opprimé sous le poids de leurs fautes, J’ai redoublé Ma prière, baignant tout Mon corps d’une sueur mortelle.
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Ce Cœur a laissé couler les gouttes de sang rédemptrices sous les épines de la couronne sainte et les verges de la flagellation. Ce Cœur a arrosé pendant trois heures le sommet du Calvaire du sang précieux qui payait la rançon du monde. Ce Cœur s’est ouvert après Ma mort pour payer entièrement, par l’excès de Mon amour, une rançon pour laquelle une seule goutte aurait suffi. Ce Cœur, après avoir dormi trois jours dans le sépulcre, s’est réveillé avec toute l’énergie et toute la force de son amour ; il s’est revêtu du corps ressuscité de l’Homme-Dieu, des propriétés les plus merveilleuses, et dans le ciel, il donne à mon corps glorifié le mouvement, l’éclat et la grandeur d’une vie qui n’aura pas de fin.
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Voyez dans cette matière sensible le Cœur que j’ai montré à Marguerite- Marie en lui disant : « Regarde ce Cœur qui a tant aimé les hommes ». Ce Cœur sensible et matériel ne doit être qu’un objet secondaire de votre dévotion. Il y a un objet spirituel qui est la partie principale : mon amour pour les hommes, dont le symbole est le cœur et les flammes qui en sortent, et qui doivent vous enseigner ses grands sentiments.
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Cet amour devrait être pour vous une source inépuisable d’admiration et de gratitude.
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Par amour, j’ai quitté le ciel pour Bethléem et le sein de mon Père pour le sein de Marie. Dans le sein de mon Père, ma lumière est inaccessible ; en sortant de lui, je la manifeste, je la répands, je la prodigue, je commence à lever le voile d’un mystère si grand et si consolateur.
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Par amour pour les Juifs, je me révèle aux bergers et par amour pour les païens, je me révèle aux mages. Ainsi, autour de mon Cœur, comme autour d’un centre divin, se forme l’Église, à l’ naissante à la fois parmi les païens et les Juifs, dont les destins embrasseront tous les temps et tous les lieux.
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Bethléem a vu la gloire de ma naissance dans le ciel et sur la terre. Nazareth verra la gloire intérieure de ma vie cachée.
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Pauvre, inconnu, méprisé, je leur donne par amour des leçons éloquentes d’obscurité, de silence, d’humilité, de simplicité, de mortification, d’oubli de soi. Dans ce genre de vie, je grandis en âge et en sagesse devant Dieu et les hommes. Ainsi je vis, ainsi j’agis, ainsi je me tais, ainsi je travaille et je me cache par amour pour les hommes.
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Lorsque commence ma vie publique, ce même amour me conduit au baptême, où je m’offre en expiation pour leurs péchés ; dans le désert où je m’humilie, où je suis tenté, où je me laisse emporter par les ailes de l’ange déchu jusqu’à la plate-forme du temple, tout cela par amour. Cœur du Messie, du Sauveur et du Père, tout est possible à mon amour, pourvu qu’ils se décident à me suivre dans le combat. Pour la lutte contre le démon, je vous ai prêté ces paroles, ces flèches tirées des Écritures, avec lesquelles vous blesserez toujours le tentateur. Mais il faut qu’elles partent de vos cœurs comme de mon Cœur, quand vous vous serez purifiés dans la solitude et le jeûne. Quand la mortification vous aura rendus forts, magnanimes, vainqueurs de vous-mêmes.
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Ma vie publique n’est rien d’autre que Mon Cœur en action et dans la souffrance. Il agit et souffre à la fois par amour, avec une activité qui Me pousse à courir à la conquête des âmes, et avec une patience miséricordieuse qui double le prix de Mon zèle.
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Je prêche et réconcilie les pécheurs, je guéris les malades, j’accueille les enfants, j’instruis et forme Mes disciples, Je nourris les foules affamées, et par des miracles, des bienfaits et des discours, Je répands Mon Cœur, d’où jaillit une charité infinie, sans jamais s’épuiser.
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Je pleure sur la tombe de Lazare qui est Mon ami, sur la Jérusalem infidèle qui est Ma patrie, sur le monde, objet de la colère divine.
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C’est mon cœur d’homme qui a versé ces larmes ; c’est l’amour qui les a arrachées de mon cœur et c’est le désir de vous voir pleurer qui m’a fait donner aux larmes leur propre vertu et déclarer heureux ceux qui les versent.
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Le sacrifice des larmes n’était dans ma vie que le prélude au sacrifice du sang. Mes pieds, mes mains, ma tête, mon cœur l’ont versé successivement et en abondance.
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Ce Cœur s’est révélé tout entier sur la croix, tantôt par des paroles de pardon, tantôt par un testament d’amour, tantôt par le cri éteint de son zèle et la soif qui monte du Cœur aux lèvres : jusqu’à ce que finalement l’amour et la justice soient satisfaits et qu’il ne reste plus rien à expier, rien à pardonner, rien à aimer.
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C’est accompli. Mais non : tout n’est pas fini, car Je ressuscite et Mon Cœur ressuscité s’élargit, triomphe, déborde de joie, se réjouit de ce triomphe, se réjouit de ses propres mérites et obtient un complément de bonheur et de gloire qui sera d’un grand profit pour la terre.
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Toutes les apparitions qui suivent Ma glorieuse résurrection sont des triomphes de Mon Cœur. Madeleine Me reconnaît à Ma voix, les disciples d’Emmaüs à la fraction du pain, Thomas à la plaie de Mon côté ouvert, tous les apôtres et disciples à la paix que Je leur souhaite et que Je leur apporte.
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Enfin, lorsque, victorieux de la mort, je monte au plus haut des cieux et que je m’assieds sur le trône éternel préparé pour ma gloire, c’est pour achever ma propre victoire sur le Cœur de mon Père et obtenir que le Saint- Esprit descende, comme je l’ai promis, sur mon Église naissante. Ainsi, mon Cœur grandit encore dans son triomphe et la terre expérimente plus que jamais son influence divine.
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Cet amour est parfait quand il parle et quand il se tait, quand il promet et quand il donne, quand il pardonne et quand il s’exalte ; il est parfait sur terre et au ciel. Toute ma vie vient du Cœur : l’amour est mon premier mot et je vous ai aimés jusqu’à la fin, jusqu’à l’épuisement, jusqu’à la folie de l’amour.
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Mes petits enfants, vous avez un Rédempteur, venez à Moi, car Je suis plein de miséricorde pour ceux qui veulent être rachetés. Je suis une source d’eau vive, un fleuve abondant qui jaillit du trône de Dieu, qui, sans accueillir personne, donne à tous en abondance, sans que Mes courants ne s’épuisent : que ceux qui ont soif courent vers Moi pour étancher leur soif. C’est une mine sans fin, de trésors éternels. Venez, vous qui êtes avides, recevoir Mes grâces, vous ne porterez jamais autant de trésors, et vous n’en manquerez jamais pour les distribuer aux autres, à l’infini.
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Que les aveugles viennent à la lumière, les affligés et les tourmentés, à la joie sans fin ; que les prisonniers viennent à la liberté ; les exilés à leur patrie ; les morts à la vie. Qu’attendez-vous ? Que faites-vous, attachés comme de viles bêtes aux mangeoires du monde, mangeant de la paille sans jus ni substances nutritives ?
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Brisez vos chaînes : venez à la table qui vous attend, garnie de véritables délices et de cadeaux inestimables. Réveillez-vous, la lumière entre par vos portes ; ouvrez-moi, ne restez pas dans l’obscurité et les ténèbres de la mort…