CHAPITRE LIV
Retour en Palestine. — Jésus traverse rapidement la Judée pour la dernière fois.
Le Seigneur enseigna à Bersabée dans la synagogue ; il se fit connaître et parla de sa fin prochaine. Il partit bientôt emmenant avec lui cinq ou six jeunes gens ; il devait se rendre au puits de Jacob, où il avait donné rendez-vous aux apôtres. Il arriva à un endroit situé dans la vallée de Mambré. Les habitants vinrent saluer Jésus et les disciples, et leur ayant lavé les pieds, les conduisirent à la synagogue, où Jésus fit l’instruction du sabbat.
Ensuite il visita chaque maison et guérit beaucoup de malades. Une fois il ordonna à un malade de se lever et de marcher ; celui-ci le fit à l’instant.
« Ah ! le voilà arrivé ! s’écria tout à coup la pieuse fille, plongée dans son sommeil extatique ». Avec quel bonheur les gens du pays vont à sa rencontre ! Il est auprès du puits de Jacob ; tous pleurent de joie, ils lui lavent les pieds, ainsi qu’aux disciples. Il y a là une douzaine de personnes de l’endroit, les fils des bergers qui étaient avec lui lorsqu’il se rendit à Cédar, puis Pierre, André, Jean et encore un autre. Ils l’ont attendu ici.
Depuis qu’il était rentré en Judée, Jésus avait presque toujours voyagé la nuit, pour éviter l’agitation soudaine qu’aurait pu causer son retour. Il traversa les vallées habitées par les bergers dans le voisinage de Jéricho, et je le vis arriver au puits de Jacob à la lueur du crépuscule. Il avait maintenant seize compagnons, car, dans le dernier endroit où il s’était arrêté, quatre jeunes gens s’étaient encore joints à lui.
Le puits de Jacob est situé sur une petite éminence, à deux lieues de Samarie. Le pays qui s’étend de Jéricho à Samarie est d’une beauté incomparable. Le chemin est presque partout bordé d’arbres ; les champs sont tout verts, et les ruisseaux coulent avec un doux murmure. Le puits de Jacob est environné de pelouses ravissantes et d’arbres touffus. Il est surmonté d’un édifice octogone et entouré de bancs.
Le soir, Jésus fit une instruction conçue en termes sévères. Il parla de sa passion, qui était proche, de l’ingratitude des Juifs et de la ruine qui les menaçait. Ensuite il congédia les disciples, après leur avoir donné rendez-vous à Sichar pour le sabbat : lui-même, accompagné des seize nouveaux compagnons avec lesquels il était venu, alla à un village de bergers situé à deux lieues et formé d’habitations disséminées, pour visiter les parents d’Éliud, de Silas et d’Erémenzear, qui demeuraient là.
Je vis le Seigneur quitter les bergers pour se rendre à Sichar : il marcha avec lenteur, et s’arrêta souvent pour mieux faire comprendre à ses jeunes disciples l’instruction animée qu’il leur donna. Il leur enjoignit de ne dire à personne où ils l’avaient accompagné, ni ce qui s’était passé durant leur voyage, et il leur donna en partie les motifs de cette injonction. Il parla longtemps à ce sujet. Alors Erémenzear, le tirant par la manche de sa robe, lui demanda instamment de pouvoir écrire une relation de ce voyage ; Jésus lui permit de le faire après sa mort, à condition de remettre à Jean ce qu’il aurait écrit. Je crois que cette relation existe encore, au moins en partie.
Pierre et Jean vinrent sur la route au-devant du Seigneur. Six autres apôtres les attendaient devant la porte de la ville ; ils conduisirent le Seigneur et les disciples dans une maison dont le maître les accueillit avec bonté. Celui-ci fit préparer aux arrivants un repas, auquel assistèrent de vieux Juifs à longue barbe. Ensuite il assigna à ses hôtes une partie de sa demeure pour y dormir. Plusieurs apôtres questionnaient instamment les trois compagnons de Jésus : ils désiraient savoir où il avait été et ce qu’il avait fait ; mais ceux-ci, n’ayant voulu rien dire, pour se conformer aux ordres de Jésus, ils s’en mécontentèrent, et le Seigneur en fut affligé. Les apôtres lui demandèrent de s’expliquer plus clairement avec eux, parce qu’ils ne comprenaient pas ce qu’il disait de sa fin prochaine ; ils lui dirent aussi qu’il devait aller à Nazareth, sa patrie, pour y manifester sa puissance et prouver sa mission par des miracles. Mais Jésus ne le voulut pas ; il répondit que les miracles ne servaient à rien si les hommes ne se corrigeaient pas ; que, malgré ses miracles, ils resteraient incrédules, etc. Pierre et Jean l’approuvèrent, mais les autres n’étaient pas satisfaits. Il leur dit encore qu’il irait à Jérusalem pour enseigner dans le Temple plus qu’il ne l’avait fait Ces nombreux voyages du Sauveur, à la fin de sa vie, semblent renfermer de grands mystères. L'immense éclat de sa prédication et de ses miracles, pendant la seconde année de sa vie publique, avait amené un redoublement de haine et de persécutions de la part des Juifs endurcis. Jésus se retire et profite de sa retraite pour étendre son œuvre. Il porte d'abord le salut à des Juifs exilés dans l'île de Chypre, ensuite à des païens dans la Chaldée. C'était la même marche que devait suivre plus tard l'Évangile après la fondation de l'Église. Repoussé par les Juifs de la Palestine, il devait être porté aux Juifs dispersés chez les nations païennes ; rejeté par les Juifs de la dispersion, il devait enfin passer aux infidèles. Ainsi Jésus traçait prophétiquement à son Église la marche qu'elle devait suivre. Puis il revenait à la fin en Judée donner au temple les derniers et les plus solennels enseignements de sa vie. C'est ainsi qu'après avoir fait le tour du monde païen, l'Évangile sera prêché de nouveau aux Juifs à la fin des temps. On peut remarquer que ces diverses excursions au nord de la Palestine, puis au couchant dans l'île de Chypre, à l'orient, dans la Chaldée, et enfin au midi, en Egypte, forment une croix par rapport à la Terre Promise. La croix, en effet, formée par quatre bras autour d'un point central, est le symbole de l'infinie bonté de Dieu, se répandant de son cœur sur les quatre points de l'horizon dans tout l'univers. , Enfin il leur demanda ce qu’il avait obtenu avec ses prodiges, par exemple avec la multiplication des pains ou avec la résurrection de Lazare, puisque eux-mêmes en réclamaient de nouveaux.
Le soir après le repas, comme leur hôte voulait les conduire à l’endroit où ils devaient reposer, le Seigneur demanda qu’on lui ouvrît la synagogue, parce qu’ayant assisté à l’instruction donnée dans la journée, il voulait enseigner à son tour. Il y alla avec tous ses disciples et il prêcha. Les Juifs de Sichar envoyèrent des messagers à Jérusalem pour annoncer que Jésus avait reparu au milieu d’eux. J’entendis toute sa prédication, dont je fus grandement consolée. Je me rappelle encore que, parlant des signes et des prodiges, il dit qu’ils ne servent à rien, si les hommes viennent à oublier qu’ils sont des pécheurs sans charité ; il ajouta que la parole est plus nécessaire que les miracles. Il avait dit aux trois disciples qui l’avaient accompagné en Egypte, que, s’il faisait peu de miracles pendant ce voyage, c’était que les apôtres et les disciples devaient confirmer sa doctrine par des prodiges et en faire plus que lui.
Les pharisiens, fort mécontents des enseignements de Jésus, le menacèrent de se saisir de lui et de l’amener à Jérusalem. Il leur répondit que son temps n’était pas encore venu, qu’il irait lui-même, et que du reste il n’avait point parlé pour eux, mais pour ses compagnons. Ensuite il quitta cet endroit, et congédia les apôtres et les disciples, ne gardant avec lui qu’Erémenzear, Eliud et Silas. Il se dirigea au sud-est vers Ephron, où il avait guéri les aveugles l’année précédente. Il avait chargé les parents des trois jeunes gens qui l’accompagnaient d’annoncer à Marie et aux saintes femmes de Béthanie qu’il était de retour en Judée, et
celles-ci l’attendaient dans une maison qu’elles avaient louée près d’Ephron.
Pendant ce voyage de Sichar à Ephron, il tomba beaucoup de pluie et le temps fut très nébuleux. Jésus se détourna plusieurs fois de son chemin pour visiter divers endroits ; il entra dans plusieurs maisons où il consola, guérit et exhorta les habitants à le suivre. Les apôtres aussi visitèrent les maisons et les métairies qui se trouvaient sur leur passage, et annoncèrent que le Seigneur était près d’eux. On semblait vouloir réveiller l’ardeur de ceux qui soupiraient après le salut, et ramener au bercail les brebis qui s’étaient dispersées dans les bois pendant l’absence du pasteur.
Le soir, Jésus vint à Ephron avec les trois disciples ; il visita différentes maisons, guérit des malades, entre autres des gens couverts d’ulcères, et entra, suivi d’une grande quantité d’hommes, dans la synagogue, où il enseigna. Il parla de la voie où il fallait entrer à sa suite, de sa fin prochaine, et du châtiment réservé à tous ceux qui ne croiraient pas.
Bientôt je vis la sainte Vierge, Madeleine, Marthe et quelques autres personnes, hommes et femmes, aller à la rencontre de Jésus. Il y avait sur le chemin d’Ephron une fontaine auprès de laquelle ils s’assirent pour l’attendre. Le Seigneur s’y rendit avec Jean, Pierre et André, deux heures environ avant le coucher du soleil, dont le disque paraissait très grand, comme c’est l’ordinaire dans ce pays. Marie, Madeleine et Marthe se portèrent à sa rencontre en avant des autres, se prosternèrent, et lui baisèrent la main. Quand Marie se releva, Jésus lui baisa la main à son tour. Les disciples lui lavèrent les pieds, ainsi qu’aux apôtres, et étant entré dans la maison, il parla avec toutes les femmes ; puis il enseigna. Il y eut ensuite un repas ; les femmes mangèrent seules ; puis elles vinrent se placer au bout de la salle afin d’écouter.
Le Seigneur ne tarda pas à se rendre avec les hommes à Jéricho, où une foule nombreuse était rassemblée : Jésus enseigna dans cette ville et opéra plusieurs guérisons. Il y eut de violents murmures de la part des pharisiens ; mais il quitta bientôt Jéricho, et se rendit sur les bords du fleuve, à l’endroit où il avait été baptisé. Une immense quantité de malades l’attendait auprès du Jourdain. Jésus en guérit un grand nombre ; mais, comme la foule grossissait toujours, il s’éloigna avec quelques-uns de ses disciples et se dirigea vers Béthel, où il arriva pendant la nuit. C’est dans ce pays que Jacob a vu l’échelle céleste sur une colline. Ils entrèrent dans une maison où se trouvaient Lazare avec ses sœurs, ainsi que Nicodème et Jean-Marc. Ceux-ci coururent à Jésus dès qu’ils l’aperçurent ; il serra dans ses bras Lazare, qui était encore pâle et maigre et dont les cheveux étaient très noirs. On servit ensuite un repas composé de fruits, de petits pains et d’herbes vertes, comme c’est l’ordinaire en Judée. Jésus enseigna et guérit encore plusieurs malades couchés dans une galerie qui entourait la maison. Les femmes mangèrent seules, et vinrent ensuite se placer au fond de la salle pour entendre Jésus.
Le Seigneur quitta Béthel pour se rendre à deux lieues de là, dans un endroit situé au nord de Jéricho. Sur son passage, il guérit plusieurs malades et bénit beaucoup d’enfants, qui se tenaient dans des cabanes isolées. Bientôt ils arrivèrent à un puits, voisin d’une hôtellerie qui appartenait au neveu d’André. Ce dernier était un homme robuste ; il fabriquait divers objets en clayonnage, dont on voyait une grande quantité près de la maison. Jésus et ses disciples s’assirent auprès du puits : leur hôte leur lava les pieds et les conduisit dans sa demeure, où un repas était préparé.
Je vis, après le repas, le maître de la maison conduire Jésus et les apôtres auprès d’une de ses filles, âgée de douze ans : elle était pâle comme une morte, et depuis longtemps elle ne pouvait se tenir debout ni faire aucun mouvement. Jésus lui ordonna de se lever ; et, quand elle l’eut fait, il la conduisit avec André près du puits, où il lui versa de l’eau sur la tête ; elle revint ensuite, sans être soutenue, dans la maison de ses parents. Le Seigneur ne tarda pas à partir ; je le vis arriver dans une petite ville, et se rendre aussitôt avec ses disciples à la synagogue, où ils célébrèrent le sabbat.
Jésus guérit en passant un grand nombre de malades, entre autres un lépreux qu’on lui avait présenté à plusieurs reprises, mais devant lequel il avait toujours passé sans s’arrêter. On l’apporta sur un brancard couvert de rideaux. Personne n’approcha de lui, si ce n’est Jésus, qui, levant les rideaux, le toucha et ordonna de le mener au bain et de le laver. Je vis qu’on le conduisit dans la piscine, située près du mur de la ville, et que, quand il se lava, il se trouva entièrement purifié. Il avait une double lèpre : la lèpre ordinaire et celle de l’incontinence.
Le soir, Jésus arriva avec André, Jean et Jacques, devant un château entouré de fossés et d’étangs. Comme il voulait y entrer, les disciples cherchèrent à l’en dissuader, lui disant qu’il pourrait s’attirer des désagréments, et faire du scandale. Jésus leur répondit qu’il y entrerait, mais que, s’ils refusaient de le suivre, ils pouvaient rester au dehors. Il y avait à l’intérieur beaucoup de personnes et des malades de toute espèce ; des sentinelles veillaient aux portes, car il ne leur était permis de sortir que plusieurs ensemble et escortés d’un gardien. Ils étaient astreints aussi à creuser des fossés et à travailler aux fortifications.
Le Seigneur, accompagné des apôtres, franchit la porte du château. Les gardiens l’arrêtèrent tout d’abord ; mais, quand il leur eut parlé, ils le laissèrent aller, en lui témoignant beaucoup de respect. Les prisonniers se rassemblèrent autour de lui dans la cour ; Jésus s’entretint avec eux et en fit ranger plusieurs à part. Ensuite il fit venir de la ville voisine deux hommes, qui paraissaient être des officiers de justice, car ils avaient des plaques de métal suspendues sur la poitrine. Il leur parla et sembla se porter garant pour ceux des prisonniers qu’il avait séparés des autres. Puis il quitta le château avec vingt-cinq libérés et les apôtres ; il marcha toute la nuit en grande hâte, longeant le Jourdain dans la direction du nord, et arriva, en compagnie des prisonniers délivrés, dans une petite ville d’où étaient plusieurs d’entre eux. Il les rendit à leurs femmes et à leurs enfants, congédia les apôtres en route, et passant auprès du puits de Jacob, il se dirigea vers Tibériade à travers les vallées. Il allait ainsi à Capharnaüm. Aux environs de Sichar, les trois disciples qui l’avaient accompagné chez les païens, et qu’on avait surnommés les discrets, vinrent le rejoindre et firent route avec lui.
Vers le soir, Jésus arriva à Capharnaüm avec les disciples, et entra dans la maison où il avait demeuré autrefois. Pierre, André et Jacques le Mineur s’y trouvaient. Ils lavèrent les pieds au Seigneur et lui présentèrent un jeune homme qui s’appelait Sela ou Selam : c’était un cousin du fiancé de Cédar auquel Jésus avait fait donner une maison et une vigne, lors de son voyage chez les adorateurs des astres, et c’était ce dernier qui l’avait envoyé. Il se jeta à genoux devant Jésus, et le Seigneur l’admit aussitôt au nombre de ses disciples et lui posa les mains sur les épaules. Il l’employa sur-le-champ et l’envoya au chef de la synagogue, pour demander la clef et l’écrit qui avait été trouvé dans le temple, lorsqu’on y avait rétabli le culte après sept ans d’interruption ; cet écrit était du prophète Isaïe, et le Seigneur s’en était servi la dernière fois qu’il avait enseigné dans ce lieu. Lorsque le jeune homme fut de retour, ils se rendirent tous à la synagogue, où on alluma les lampes. Jésus se fit faire place et voulut qu’on lui dressât une chaire élevée. Il enseigna longtemps sur des passages d’Isaïe. L’assemblée était nombreuse. Toute la ville était en émoi ; la foule parcourait les rues en criant : « Voilà encore le fils de Joseph ! »
Le lendemain, Jésus quitta Capharnaüm avant le jour, et je le vis entrer dans Nazareth avec les disciples et plusieurs apôtres, qui étaient venus se joindre à lui. La maison de sainte Anne était passée en d’autres mains et celle de saint Joseph était close et inhabitée. Le Seigneur se rendit aussitôt à la synagogue. Son apparition fit beaucoup d’effet, et l’on accourut en foule. Un homme qui était possédé d’un démon muet se mit tout à coup à crier : « C’est le fils de Joseph ! le séditieux ! Saisissez-le ! arrêtez-le ! » Jésus se tourna vers lui et lui ordonna de se taire ; il se tut, mais Jésus ne chassa pas le démon qui le possédait.
A la synagogue, le Seigneur se fit faire place et monta dans la chaire. Dans ce dernier voyage, il agit avec la plus grande liberté, et il enseigna avec un ton d’autorité qui scandalisa beaucoup les Juifs.
Je le vis entrer dans plusieurs maisons voisines de celle de Joseph ; il y guérit des malades et bénit des enfants. Lorsque Jésus avait enseigné, les Juifs étaient restés tranquilles ; mais quand il se mit à guérir, ils témoignèrent un grand mécontentement. Alors il quitta la ville seul avec les disciples, après avoir donné rendez-vous aux apôtres, sur une montagne où il s’était déjà réfugié dans une autre circonstance.
Je vis tous les apôtres et tous les disciples rassemblés sur une montagne, qui s’élevait en pente douce de tous les côtés. Ils avaient allumé sur le sommet un feu qui, de loin, faisait l’effet d’un de nos feux de la Saint-Jean. Lorsque Jésus arriva avec les disciples, il faisait déjà nuit. Il se plaça au milieu ; les apôtres se rangèrent autour de lui ; et derrière eux se tinrent les disciples. Il était venu, en outre, beaucoup d’autres personnes. Jésus enseigna toute la nuit jusqu’au matin. Il indiqua du doigt aux apôtres les contrées où ils devaient aller prêcher et guérir. Il semblait leur assigner une série de courses et de travaux pour un temps très rapproché. Les apôtres, plusieurs des disciples et la multitude se séparèrent de lui en cet endroit, et dans la matinée il se dirigea au midi.
Lorsqu’il arriva près de Thenath-Silo, les douze apôtres vinrent au-devant de lui, portant à la main des rameaux verts ; ils se prosternèrent devant lui, et il prit un de ces rameaux ; puis ils lui lavèrent les pieds. Je crois que cette cérémonie eut lieu parce que tous étaient réunis, et que Jésus voulait se montrer de nouveau en public, comme leur Maître, et enseigner partout. Le Seigneur, accompagné des apôtres et des disciples, se rapprocha de la ville où la sainte Vierge, Madeleine et Marthe l’accueillirent dans une hôtellerie. Ils entrèrent ensuite dans la ville, et Jésus se rendit sur-le-champ à l’école, dont il fit demander la clef. Il enseigna le soir devant une nombreuse assistance, dont les saintes femmes faisaient partie.
Il guérit beaucoup de malades en ce lieu. Après avoir envoyé les apôtres, les uns à Capharnaüm, les autres à la montagne où avait eu lieu la multiplication des pains, il partit pour Béthanie : les saintes femmes s’y étaient déjà rendues.