CHAPITRE XXXII
Vision symbolique sur la fête de la Chandeleur.
Voici la vision que j’ai eue, touchant la fête de la Chandeleur. Je vis une fête dans l’église diaphane, planant au-dessus de la terre, qui me représente l’Église catholique tout entière, renfermant en elle toutes les églises particulières. Elle était pleine de chœurs d’anges qui entouraient la très sainte Trinité. Je vis la seconde personne de la Trinité, comme l’enfant Jésus, présenté et racheté au Temple, et en même temps présent aussi dans la très sainte Trinité. Je vis près de moi l’apparition du Verbe incarné, l’enfant Jésus, mais uni à la Trinité sainte par une voûte lumineuse. Je ne puis pas dire qu’il ne fût pas là, pendant qu’il était auprès de moi ; je ne puis pas dire non plus qu’il ne fût pas auprès de moi, pendant qu’il était là ; cependant, au moment où je me sentis vivement la présence de l’enfant Jésus auprès de moi, je vis la figure sous laquelle m’était montrée la sainte Trinité, autrement que lorsqu’elle m’est présentée comme l’image de la Divinité, dans des circonstances ordinaires.
Je vis paraître un autel au milieu de l’église. Ce n’était pas un autel, comme nous en voyons dans nos églises, mais un autel idéal. Sur cet autel, je vis un petit arbre avec de larges feuilles pendantes, de l’espèce de l’arbre de la science du bien et du mal, qui était dans l’Eden. Je vis ensuite la sainte Vierge, avec l’enfant Jésus dans ses bras, se lever du fond de la terre devant l’autel, et l’arbre, qui était sur l’autel, se pencher devant elle et se flétrir. Puis je vis un ange en vêtements sacerdotaux, couronné d’un simple anneau, s’approcher de Marie. Elle lui donna l’enfant, qu’il plaça sur l’autel ; au même instant je vis l’enfant s’absorber dans l’image de la sainte Trinité, qui alors m’apparut de nouveau sous sa forme ordinaire.
Je vis l’ange donner à la mère de Dieu un petit globe brillant, sur lequel était la figure d’un enfant emmailloté, et Marie planer avec ce globe au-dessus de l’autel. De tous les côtés je vis venir à elle une foule de mains avec des lumières, qu’elle donna toutes à l’enfant placé sur le globe, et dans lequel elles furent absorbées. De toutes ces lumières je vis se former, au-dessus de Marie et de l’enfant, une seule lueur splendide qui illuminait tout. L’ample manteau de Marie s’étendait sur toute la terre. À la fin, l’image se transformait en une célébration de fête.
Je crois que le dépérissement de l’arbre de la science, lors de l’apparition de Marie et de l’absorption de l’enfant sur l’autel dans la sainte Trinité, devait être une image de la réconciliation des hommes avec Dieu. C’est pourquoi je vis toutes les lumières particulières présentées à la Mère de Dieu, et remises par elle à l’enfant Jésus, vraie lumière illuminant tous les hommes, et dans lequel toutes les lumières particulières sont devenues une seule et même lumière qui éclaire le monde entier, représenté par ce globe. Les lumières présentées signifiaient la bénédiction des cierges à la fête de la Chandeleur Dans ce mystère de la Présentation qui fut le principe du sacrifice de Jésus-Christ, nous devenons tous en lui une seule et même lumière, par notre purification personnelle et notre union à son sacrifice ; préparation nécessaire de la très sainte communion. .