CHAPITRE IX – Que nous devons nous offrir a Dieu avec tout ce qui est notre et prier pour tous

I

1 Voix du Disciple : Seigneur, tout ce qui est dans le ciel et sur la terre est à Toi I Par., XXIX, 11. .

2 Je désire (cependant) m’offrir moi-même à Toi en oblation spontanée Deut., XVI, 10. et demeurer Tien éternellement.

3 Seigneur, dans la simplicité de mon cœur je m’offre moi-même à Toi, aujourd’hui, en esclave perpétuel Nous avons jusqu'ici traduit «servus» par serviteur. Il semble qu'il faille, en ce verset, lui donner le sens fort d'esclave. Comme l'a fait remarquer saint Louis-Marie Grignion de Montfort, le servus des épîtres de saint Paul ne signifie pas autre chose, car les maîtres n'étaient, autrefois, «servis que par des esclaves ou des affranchis». Aussi le Concile de Trente, «pour ne laisser aucun doute que nous soyons des esclaves de Jésus-Christ» nous appelle : mancipia Christi, c.-à-d. esclaves du Christ (cf. Traité de la Vraie Dévotion, 68 à 73). , en hommage et en sacrifice de louange I Par., XXIX, 17. perpétuelle.

4 Reçois-moi avec cette sainte oblation de Ton précieux corps que je T’offre aujourd’hui en présence de Tes anges, assistants invisibles, afin que ce soit pour mon salut et celui de tout Ton peuple.

II

5 Je T’offre Tob., VIII, 19. , Seigneur, sur Ton autel de propitiation, tous les péchés et fautes que j’ai commis devant Toi et Tes saints anges – depuis le jour où j’ai pu pécher pour la première fois Saint Thomas fait remarquer qu'avant l'âge de discrétion, on n'est capable ni de péché mortel, ni, à plus forte raison, de péché véniel. Mais dès l'instant où le jeune enfant possède sa raison, il est dans l'obligation de se tourner vers Dieu sous peine d'un péché mortel d'omission. Arrivant à l'usage de la raison, le petit homme doit en premier délibérer sur lui-même. Et s'il se dirige lui-même vers sa juste fin, la grâce lui assurera la rémission du péché originel. Sil ne se dirige pas vers cette juste fin, autant qu'il en est capable à cet âge, il péchera mortellement. jusqu’à ce jour – afin que Tu les brûles et les consumes tous également au feu de Ta charité, et que Tu effaces toutes les taches de mes péchés et épures ma conscience de toutes les fautes pour me restituer Ta grâce que j’ai perdue par le péché, en me pardonnant tout pleinement, et en m’admettant avec miséricorde au baiser de paix.

III

6 Que puis-je faire pour mes péchés sinon les confesser humblement, en gémir et implorer sans cesse Ta propitiation.

7 Je T’en supplie, exauce-moi, sois-moi propice (en ce lieu) où je suis debout devant Toi, mon Dieu.

8 Tous mes péchés me déplaisent extrêmement ; je ne veux jamais plus les commettre, mais je pleure à cause d’eux et pleurerai aussi longtemps que je vivrai, prêt à faire pénitence et à satisfaire autant que je le puis.

9 Remets-moi, mon Dieu, remets-moi mes péchés, à cause de Ton Saint Nom Ps., XXIV, 18 ; I Petr., I, 18, 19. ; sauve mon âme que Tu as rachetée de Ton précieux sang.

10 Voici que je me confie en Ta miséricorde Dans les révélations privées à sœur Faustine (cf. supra chap. III, note 571 du vers. 19) Jésus – confirmant saint Thomas – a déclaré que le plus grand attribut de Dieu était la Miséricorde. Il aurait même dicté ces paroles pour une neuvaine : «Aujourd'hui, amène-Moi les âmes qui honorent et glorifient particulièrement Ma Miséricorde. Ces âmes ont le plus partagé Ma Passion et le plus profondémentpénétré dans Mon esprit. Elles sont le reflet vivant de Mon cœur miséricordieux. Dans la vie future, ces âmes étincelleront d'un éclat particulier et aucune d'elles n'ira en enfer. Chacune aura Ma protection à l'heure de sa mort.» , je me remets entre Tes mains.

11 Traite-moi selon Ta bonté, non selon ma malice et mon iniquité I Mach., XIII, 46. .

IV

12 Je T’offre aussi tout le bien qui est en moi, quoiqu’il soit très faible et imparfait, afin que Tu l’amendes et le sanctifies, afin que Tu l’aies pour agréable et que Tu le rendes digne de Toi et l’attire toujours vers le mieux et, en outre, que Tu me conduises, moi paresseux et inutile homoncule, à une bienheureuse et louable fin.

V

13 Je T’offre aussi tous les désirs des dévots, les besoins de mes parents, amis, frères, sœurs, de tous ceux qui me sont chers et de ceux qui, pour Ton amour, ont fait du bien, à moi ou à d’autres ; et de ceux qui ont désiré et m’ont demandé de dire des prières et des messes pour eux et tous les leurs, soit qu’ils vivent encore dans la chair, soit qu’ils soient déjà sortis de ce siècle, afin que tous sentent venir à eux le secours de Ta grâce, le bienfait de Ta I Mach., XIII, 46. consolation, Ta protection contre les dangers, la libération de leurs châtiments et qu’arrachés à tous les maux, ils Te rendent, joyeux, de magnifiques actions de grâces.

VI

14 Je T’offre encore des prières et des hosties d’apaisement, en particulier pour ceux qui m’ont en quelque manière lésé, contristé ou décrié, ou m’ont causé quelque dommage ou peine, pour tous ceux aussi que j’ai parfois contristés, troublés, peinés et scandalisés, en parole, action, sciemment ou par ignorance, afin qu’à tous Tu nous pardonnes également nos péchés et nos mutuelles offenses.

15 Ote, Seigneur, de nos cœurs tout soupçon, indignation, colère, discussion et tout ce qui peut blesser la charité et diminuer l’amour fraternel.

16 Aie pitié, aie pitié Ps., CXXII, 3. , Seigneur, de ceux qui demandent Ta miséricorde, donne la grâce à ceux qui en manquent, et fais-nous vivre de telle sorte que nous soyons dignes de jouir de Ta grâce, et que nous progressions vers la vie éternelle. Ainsi soit-il.