CHAPITRE IX – Qu’il faut rapporter tout a Dieu comme a notre fin derniere
Voir note Il convient tout d'abord d'observer que ce chapitre et le suivant font partie de ceux qui manquent dans les manuscrits de Lubeck.
I
1 Le Verbe : Mon fils, je dois être ta fin suprême et ultime, si vraiment tu désires être bienheureux.
2 L’élan de cette intention purifiera ton affection Cf. Op. I, chap. XVIII, note 267 du vers. 7, comment «cette répétition continuelle et volontaire... purifie tous les vices et toutes les contagions de la chair». , trop souvent et coupablement repliée sur toi-même ou sur les créatures.
3 Car dès que tu te cherches toi-même en quoi que ce soit, aussitôt tu défaux et te dessèches.
4 Tout doit donc, en principe, M’être renvoyé puisque c’est Moi qui ai tout donné.
5 Considère chaque chose particulière comme découlant du Bien suprême, et ainsi tu ramèneras tout à Moi, comme à son origine.
II
6 De Moi, comme d’une source d’eau vive, petits et grands, riches et pauvres, puisent la vie, et ceux qui me servent spontanément sponte. Il ne suffit pas de suivre Jésus de plein gré, mais spontanément par une sorte d'impulsion qui précède presque... Ses explicites demandes. Compte tenu de la grâce prévenante implicite – qui, chez les auteurs mystiques, est généralement sous-entendue, comme tout ce qui n'est que germe et non fruit – il y a là une spontanéité féconde qui est la véritable marque des amis de Dieu. et librement recevront grâce sur grâce Apoc., XIII, 16 ; Apoc., XXI, 6 ; Num., XX, 6 ; Joan., IV, 10 ; Joan., I, 16. .
7 Mais qui voudra se glorifier en dehors de Moi ou se complaire en quelque bien particulier, ne sera pas établi dans la vraie joie, ne sentira pas son cœur se dilater La «dilatation du cœur» comme sa fusion, sa liquéfaction traduit une expérience réelle et non une métaphore. Elle peut aller jusqu'à une douloureuse dilatation de la cage thoracique. , mais sera étreint et angoissé de maintes manières II Cor., VI, 11, 12 et alibi. .
8 Tu ne dois donc t’approprier aucun bien, ni attribuer de vertu à aucun homme, mais donner tout à Dieu, sans qui l’homme n’a rien.
9 C’est Moi qui ai tout donné, je veux tout ravoir, Moi Tout procède de Dieu et tout doit lui faire retour, c'est le plan même de la Somme théologique. , et Je requiers les actions de grâce en stricte rigueur.
III
10 Telle est la vérité qui met en fuite la vaine gloire.
11 Et si la grâce céleste et la vraie Charité t’ont pénétré, tu n’auras ni envie de quoi que ce soit, ni resserrement de cœur, et ne seras plus occupé par quelque amour particulier.
12 Car la divine charité triomphe de tout, et dilate toutes les forces de l’âme.
13 Si tu as une droite sagesse, tu te réjouiras en Moi seul, tu opéreras en Moi seul, car nul n’est bon sinon Dieu seul Luc., XVIII, 19. , qui doit être loué par-dessus tout et béni en tout.