CHAPITRE VIII – De la basse estime de soi-meme sous le regard de Dieu
I
1 Le Disciple : Parlerai-je à mon Seigneur bien que je sois poussière et cendre ? Gen., XVIII, 27.
2 Si je m’estime un peu trop, voici que Tu Te dresses contre moi Num., XXII, 34 ; Ez., XXXIII, 10. , et que mes iniquités rendent un témoignage véridique que je ne puis contredire.
3 Mais si je m’abaisse et me réduis à néant, me défais de toute estime de moi-même et me réduis à la poussière (que je suis) Ta Grâce me sera propice et Ta Lumière proche de mon cœur ; alors toute estime, si faible soit-elle, sera engloutie dans l’abîme de mon néant et s’y perdra à jamais.
4 Là Tu me montres ce que je suis, ce que j’ai été, d’où je viens, car je suis néant et ne le savais pas Ps., LXXII, 22. .
5 Abandonné à moi-même, me voici néant et tout infirmité.
6 Mais si, soudain, Tu me regardes, à l’instant je suis rendu fort et à nouveau rempli de joie.
7 Quelle grande merveille d’être subitement soulevé et si doucement embrassé par Toi, moi qui, par mon propre poids, suis toujours porté vers le plus bas !
II
8 C’est Ton amour qui fait cela ; il me prévient gratuitement et m’assiste dans un si grand nombre de nécessités ; il me garde aussi des graves dangers et m’arrache à des maux innombrables en vérité.
9 L’amour déréglé de moi-même m’a perdu ; et je n’ai retrouvé également, Toi et moi, qu’en Te cherchant seul et en T’aimant purement, et l’amour m’a réduit à un néant plus profond.
10 Parce que Toi, O mon Bien-Aimé ! Tu me traites au delà de tout mérite, et au delà de tout ce que j’oserais espérer ou demander.
III
11 Béni sois-Tu mon Ps., XVII, 47 et alibi. Dieu, car quoique moi je sois indigne de tout bien, Ta généreuse et infinie bonté ne cesse jamais de faire du bien, même aux ingrats et à ceux qui se sont longuement écartés de toi.
12 Convertis-nous à Toi, afin que nous soyons reconnaissants, humbles et fervents, car Tu es notre salut, notre vertu et notre force Ps., LXXIX, 4 et alibi ; Is., XXXIII, 2 ; Ps., XLV, 2 ; Ps., XLII, 2. .