CHAPITRE LVII – Que l’homme ne soit pas trop abattu quand il tombe en quelque manquement
I
1 Le Verbe : Mon fils, la patience et l’humilité dans l’adversité Me plaisent plus que beaucoup de consolation et de dévotion dans la prospérité.
2 Pourquoi t’attrister d’un petit mot contre toi ?
3 Aurait-il été plus gros, tu n’aurais pas dû t’émouvoir.
4 Mais à présent, laisse passer, ce n’est pas la première fois, ni la seconde ; ce ne sera pas la dernière, si tu vis longtemps.
5 Tu es assez courageux tant que tu ne rencontres rien de contraire.
6 Tu es même de bon conseil et tu sais fortifier les autres par tes paroles.
7 Mais que la tribulation vienne soudain à ta porte, tu manques de conseil et de force.
8 Observe ta grande fragilité que tu expérimentes souvent dans les moindres circonstances.
9 Cependant, c’est pour ton salut que ces choses se font et que d’autres semblables se produisent.
II
10 Rejette-les, le mieux que tu sais, de ton cœur, et si tu es touché, toutefois ne sois pas abattu ni longtemps embarrassé.
11 Pour le moins, supporte avec patience si tu ne le peux avec joie.
12 Mais si tu entends avec assez peu de plaisir et si tu en ressens de l’indignation, contiens-toi et ne laisse pas sortir de ta bouche quelque parole déréglée, qui puisse scandaliser les petits.
13 L’émotion provoquée s’apaisera bientôt et la douleur intérieure s’adoucira quand la grâce viendra.
14 Je suis toujours vivant Num., XIV, 28. (dit le Seigneur) prêt à t’aider et à te consoler plus que de coutume, si tu te confies à Moi et M’invoques avec dévotion.
III
15 Aie plus d’égalité d’âme et prépare-toi à une plus grande résistance.
16 Tout n’est pas perdu parce que tu te sens plus fréquemment troublé ou plus péniblement tenté.
17 Tu es homme et non Dieu, tu es chair, non ange.
18 Comment pourrais-tu toujours persévérer dans le même état de vertu quand ceci a manqué à l’ange dans le ciel et au premier homme, dans le paradis.
19 C’est Moi qui relève et sauve les affligés Job, V, 11. ; et ceux qui connaissent leur faiblesse, je les fais monter jusqu’à Ma divinité.
IV
20 Le Disciple : Seigneur, que Ta parole soit bénie, elle est plus douce à ma bouche que le miel et un rayon de miel. Ps., CXVIII, 103 et XVIII, 11.
21 Que ferais-je en tant de tribulations et d’angoisses, si Tu ne me réconfortes de Tes saints entretiens ?
22 Pourvu que je parvienne à la fin au port du salut, qu’importe que je souffre et combien je souffre ?
23 Donne-moi une bonne fin, donne-moi une heureuse sortie de ce monde.
24 Souviens-Toi de moi, mon Dieu, et conduis-moi directement vers II Esdr., XIII, 22. Ton règne. Ainsi soit-il.