CHAPITRE XLVII – Qu’il faut, pour la vie eternelle, supporter toutes les peines

I

1 Le Verbe : Mon fils, que les travaux assumés à cause de Moi ne te brisent pas, et que les tribulations ne t’abattent complètement, mais qu’en tout événement Ma promesse te fortifie et te console.

2 Je suffis à rétribuer, par-dessus tout mode et mesure . Beaucoup ont traduit le «par-dessus tout mode» du vers. 18 du chap. V de l'Op. IV par «au-delà de toute mesure» vu l'ambiguïté de : modo. Ici l'auteur distingue bien le super-mode de la modinescience (cf. Op. IV, chap. V, note 787 du vers. 18) et la super-mesure, la mesure comble dont il est parlé plusieurs fois, notamment au chap. XXX, vers. 6. (cf. Introduction, p. 51 pour l'Op. XII).

3 Tu ne supporteras pas longtemps de travaux ici-bas, et tu ne seras pas toujours accablé de douleur.

4 Attends un instant et tu verras rapidement la fin de tes maux.

5 Viendra une heure où cesseront tout travail et toute agitation.

6 Tout ce qui passe avec le temps est peu de chose et de peu de durée.

II

7 Agis comme tu agis, travaille fidèlement à Ma vigne, je serai Moi-même ton salaire. Gen. XV, 1.

8 Écris, lis, chante, gémis, tais-toi, prie, supporte virilement les contrariétés ; la vie éternelle mérite tout cela et de plus rudes combats encore.

9 La paix arrivera en un jour qui est connu du Seigneur.

10 Et il n’y aura plus ni nuit ni jour comme en ce temps, mais ce sera lumière perpétuelle, clarté infinie, paix affermie et repos assuré.

11 Tu ne diras plus alors : Qui me délivrera de ce corps de mort ? Rom., VII, 24.

12 Et tu ne crieras pas : Hélas, que mon exil se prolonge ! Ps., CXIX, 5.

13 Parce que la mort sera précipitée Is., XXV, 8. dans le lac de feu et le salut assuré : plus d’angoisses, une bienheureuse allégresse, une société douce et glorieuse.

III

14 O ! Si tu avais vu dans le ciel les couronnes immortelles des saints et aussi de quelle gloire exultent maintenant ceux que le monde jadis méprisait et jugeait quasi indignes de vivre ! Assurément tu t’humilierais aussitôt à ras de terre et désirerais plutôt être au-dessous de tous que d’être au-dessus d’un seul, et tu ne convoiterais plus les jours heureux en cette vie, mais tu te réjouirais plutôt d’être dans la tribulation pour Dieu, et tu regarderais comme conduisant à un très grand profit d’être compté pour rien parmi les hommes.

IV

15 O ! Si tu goûtais ces vérités et si elles pénétraient profondément jusqu’à ton cœur, comment oserais-tu te plaindre même une seule fois ?

16 Est-ce que pour la vie éternelle tous les travaux ne sont pas supportables ?

17 Ce n’est pas petite affaire de gagner ou de perdre le Royaume de Dieu.

18 Lève donc ton visage vers le ciel ! Me voici avec tous mes saints qui ont soutenu avec moi de grandes luttes. Maintenant ils se réjouissent, maintenant ils sont consolés, maintenant ils sont en sécurité, maintenant ils se reposent et sans fin ils demeureront avec Moi dans le Royaume de Mon Père. Hebr., X, 32 ; Apoc., XIV, 13 ; Matth., XXVI, 29.