CHAPITRE XXXIX – Que l’homme ne doit pas s’inquieter des difficultes
I
1 Le Verbe : Mon fils, confie-Moi toujours ta cause, J’y porterai bon ordre en son temps.
2 Attends Mon ordre, et tu en éprouveras le profit . Ce chapitre est caractéristique d'un religieux qui a acquis l'humilité plutôt qu'il ne l'a reçue, sans cela comment pourrait-il se demander pour quel mérite il reçoit la grâce ? Déjà dans le chap. XXXV, 16, il posait une question qui semblait dénoter l'ignorance de la toute-puissance de la grâce et du dédain dont elle fait preuve à l'égard de toute modalité fixe. L'humilité infuse – la seule totale et véritable – est un don de grâce ; l'exerçant divinement, elle reçoit tout, admet tout sans seulement imaginer un quelconque échange, un quelconque payement :
II
3 Le Disciple : Seigneur, je Te remets volontiers toutes choses, car mes propres réflexions ne peuvent guère les faire avancer.
4 Puis-je ne pas trop m’attacher aux événements futurs mais m’offrir, sans retard, à Ton bon plaisir !
III
5 Le Verbe : Mon fils, souvent l’homme s’agite violemment pour une chose qu’il désire ; mais dès qu’il y est parvenu, il commence à changer de sentiment parce que ses appétits pour un même objet ne sont pas durables, mais le poussent plutôt de l’un à l’autre.
6 Ce n’est donc pas petite affaire de se renoncer soi-même, même dans les choses minimes.
IV
7 Le véritable progrès de l’homme consiste en l’abnégation de lui-même, et l’homme qui s’est renoncé est en grande liberté et sécurité.
8 Mais l’antique ennemi qui s’oppose à tout bien ne cesse pas de tenter, et jour et nuit il ourdit de graves embûches espérant, peut-être, pouvoir précipiter l’imprudent dans le piège de la déception.
9 Veillez et priez, dit le Seigneur, afin que vous n’entriez pas en tentation. Matth., XXVI, 41.