CHAPITRE XXXVI – Contre les vains jugements des hommes
I
1 Le Verbe : Mon fils, établis* Ps., LIV, 23. ton cœur fermement dans le Seigneur, et ne crains pas le jugement humain, lorsque ta conscience rend témoignage à ta piété et à ton innocence.
2 C’est un bien et un bonheur de souffrir en de telles conditions ; il n’y aura là rien d’accablant pour l’humble de cœur Dan., III, 87. qui s’en remet à Dieu plutôt qu’à lui-même.
3 Une foule de gens parlent beaucoup, aussi ne faut-il guère y ajouter foi.
4 D’ailleurs, il n’est pas possible de satisfaire tout le monde.
5 Bien que Paul se soit appliqué à plaire à tous dans le Seigneur et qu’il se soit fait tout à tous, il fit cependant très peu de cas d’avoir été jugé à une lumière humaine. I Cor., X, 33 ; I Cor., IX, 22 ; I Cor., IV, 3.
II
6 Il s’employa amplement à l’édification et au salut des autres autant qu’il en eut la force et le pouvoir, mais ne put empêcher d’être quelquefois jugé ou méprisé par autrui.
7 Aussi s’en remit-il entièrement à Dieu qui connaît tout et opposa-t-il la patience et l’humilité aux bouches qui proféraient l’iniquité Ps., LXII, 12. ou même à ceux qui imaginaient des accusations vaines et mensongères, et à ceux qui les lui lançaient à plaisir.
8 Il répondit cependant quelquefois, afin que son mutisme n’engendrât point de scandale parmi les faibles.
9 Qu’es-tu pour avoir peur d’un homme mortel ? Is., LI, 12.
10 Il existe aujourd’hui et demain aura disparu. I Mach., II, 63.
11 Crains Dieu et ne t’épouvante pas des menaces des hommes. Ecc., XII, 13 ; Eccli., XXXIV, 16.
12 Que peuvent contre toi les paroles ou les injures de quelqu’une ?
13 Il se nuit plutôt qu’à toi, et quel qu’il soit, il ne pourra fuir le jugement de Dieu. Rom., II, 3.
14 Pour toi, que ton regard soit fixé sur Dieu Tob., IV, 6. et garde-toi de lancer des paroles de plainte ;
15 Que si, pour le présent, tu sembles écrasé et souffres une confusion imméritée, ne t’en indigne pas ; n’amoindris pas ta couronne par l’impatience, mais plutôt lève ton regard au ciel, vers Moi, qui peux t’arracher à toute confusion et injure, pour rendre à chacun selon ses œuvres. Matth., XVI, 27 ; Rom., II, 6.