CHAPITRE XXX – Qu’il faut demander le secours de Dieu et avoir confiance de recouvrer sa grace

I

1 Le Verbe : Mon fils, je suis le Seigneur qui fortifie au jour de la tribulation Nahum, I, 7. .

2 Viens à Moi quand tu ne te trouveras pas bien.

3 Ce qui empêche surtout la consolation céleste, c’est que tu tardes à te tourner vers l’oraison.

4 En effet, avant de Me supplier de toutes tes forces, tu recherches provisoirement beaucoup de consolations [terrestres] et tu te distrais au dehors.

5 Cela fait que tout te sert peu, jusqu’à ce que tu remarques que c’est Moi seul qui délivre ceux qui espèrent en Moi Ps., XVI, 7. et que, hors de Moi, il n’y a ni aide valable, ni même conseil utile, non plus que remède durable.

6 Mais dès que tu recouvres l’esprit après la tempête, ranime tes forces dans la lumière de Mes miséricordes, car je suis près de toi Eccli., XXXVI, 1 ; Ps., CXVIII, 151 ; Philip., IV, 5. (dit le Seigneur) pour restaurer toutes choses, non seulement dans leur intégrité, mais avec abondance et en comblant la mesure.

II

7 Est-il quelque action qui Me soit difficile ? Où serais-Je semblable à celui qui dit et ne fait pas ? Jer., XXXII, 27 ; Num., XXIII, 19.

8 Où est ta foi ?

9 Tiens-toi ferme et persévère.

10 Sois un homme courageux et patient, la consolation te viendra en son temps.

11 Attends-Moi, attends : Ps., XXXIX, 2.

12 Je viendrai et je te guérirai. Matth., VIII, 7.

13 C’est une tentation qui te tourmente, et une crainte vaine qui t’effraie.

14 Que t’importe le souci des futurs contingents : si tu n’as que L'auteur lance ici une pointe (comme il l'a déjà fait, à propos des «genres et espèces», Op. I, chap. III, 6) contre les futurs contingents, question fort difficile en scolastique, amorcée par Aristote dans le Peri Hermeneias : «Y aura-t-il une bataille navale demain ?» C'est un événement qui peut arriver ou ne pas arriver, il est de l'ordre de la prévision du gagnant du Derby d'Epsom... ! Ne nous occupons donc pas de cet avenir hypothétique, alors qu'il faut déjà s'occuper tout juste du devoir quotidien, sans pré-occupation. tristesse sur tristesse ! II Cor., II, 3.

15 Qu’à chaque jour suffise sa peine. Matth., VI, 34.

16 Il est vain et inutile de te troubler ou de te réjouir de futurs [contingents ] qui n’arriveront peut-être jamais. Cf. note 989 du vers. 14 sur les futurs contingents.

III

17 Mais il est humain d’être le jouet de semblables imaginations et c’est la marque d’une âme encore faible d’être si légèrement entraînée par les suggestions de l’ennemi.

18 A lui importe peu le vrai ou le faux, pourvu qu’il te joue et te déçoive et qu’il t’abatte soit par l’amour de factuel, soit par la crainte de l’avenir.

19 Que ton cœur ne se trouble point ni ne s’effraie. Joan., XIV, 1 ; Joan., XIV, 27.

20 Crois en Moi Joan., XIV, 1 ; Joan., XIV, 27. et fais confiance en Ma miséricorde.

21 Quand tu te penses éloigné de Moi, souvent je suis plus près.

22 Quand tu estimes tout totalement perdu, c’est alors souvent l’instant de gagner plus de mérites.

23 Tout n’est pas perdu quand une chose contraire arrive. L'auteur lance ici une pointe (comme il l'a déjà fait, à propos des «genres et espèces», Op. I, chap. III, 6) contre les futurs contingents, question fort difficile en scolastique, amorcée par Aristote dans le Peri Hermeneias : «Y aura-t-il une bataille navale demain ?» C'est un événement qui peut arriver ou ne pas arriver, il est de l'ordre de la prévision du gagnant du Derby d'Epsom... ! Ne nous occupons donc pas de cet avenir hypothétique, alors qu'il faut déjà s'occuper tout juste du devoir quotidien, sans pré-occupation. Le Dictionnaire de Théologie Ascétique et Mystique cherche, aujourd'hui, à résoudre ce premier

24 Tu ne dois pas juger selon l’impression du moment, ni t’enfoncer en tout accablement, d’où qu’il vienne, et l’accepter comme si tout espoir d’en sortir t’était enlevé.

IV

25 Garde-toi de te croire totalement abandonné, encore que pour un temps je t’aie envoyé quelque tribulation ou même retiré la consolation souhaitée.

26 il faut passer par-là pour atteindre le Royaume des Cieux.

27 Et cela est sans doute plus avantageux, pour toi et Mes autres serviteurs, d’être exercé par l’adversité que d’avoir tout à souhait.

28 Je connais les pensées cachées Ps., XLIII, 22. : qu’il est beaucoup plus avantageux pour ton salut d’être parfois laissé sans goût [de Dieu de peur que tu ne t’enorgueillisses dans l’heureux succès, et ne veuilles te complaire en ce que tu n’es pas.

29 Ce que je t’ai donné, je peux te l’enlever et te le rendre comme il Me plaira.

V

30 Quand J’ai donné, c’est à Moi ; quand je retire, je ne prends rien qui soit à toi, parce que tout don excellent et tout don parfait sont à Moi. Jac., I, 17.

31 Si je t’ai envoyé une peine ou une contrariété quelconque, ne t’indigne pas et que ton cœur ne soit pas abattu. Moi je pourrai te relever rapidement et transformer en joie tout ce qui t’accable.

32 Je suis juste, en toute vérité, et très digne de louange quand J’agis ainsi avec toi.

VI

33 Si tu juges droitement et regardes dans la vérité, tu ne dois jamais, à cause de l’adversité, t’attrister avec tant d’abattement, mais tu dois plutôt te réjouir et rendre grâces, bien mieux, escompter comme une joie unique que Je t’afflige de douleurs sans t’épargner. Job, VI, 10.

34 *Comme Mon Père M’a aimé, ainsi je vous aime, ai-je dit à Mes disciples bien-aimés, que je n’ai certes pas envoyés aux joies temporelles mais à de grands combats , non aux honneurs mais aux mépris, non à l’oisiveté Le Royaume de Dieu est forcé par les «violents», c.-à-d. les courageux, les généreux jusqu'à l'abnégation de tout égoïsme dont Dieu a besoin pour établir Son Royaume, ici-bas, et livrer les combats auxquels Il entraîne par des épreuves de plus en plus fortes et auxquelles on résiste de mieux en mieux, comme un acier de plus en plus trempé. mais aux travaux, non au repos mais à produire beaucoup de fruits dans la patience. Joan., XV, 9 ; Luc., VIII, 15.

35 Souviens-toi, Mon fils, de ces paroles. Joan., XV, 20.