CHAPITRE XXII – Du souvenir des multiples bienfaits de Dieu
I
1 Le Disciple : Ouvre, Seigneur, mon cœur à Ta loi et apprends-moi à marcher selon Tes commandements II Mach., I, 4 ; Ez., XX, 19. .
2 Donne-moi de comprendre Ta volonté et, avec grand respect et soigneuse considération, de me remémorer Tes bienfaits tant généraux que particuliers, afin que, partant d’eux, je sois capable de Te rendre clignement des actions de grâce.
3 Mais en vérité je sais et je confesse qu’il ne m’est pas possible, sur le plus petit point Le point de la «considération» du verset précédent, qui détaille chaque bienfait. , d’acquitter les actions de grâces qui Te sont dues.
4 Je suis plus petit que tous les biens Gen., XXXII, 10. que Tu m’as prêtés et quand je porte attention à Ta générosité, mon esprit tombe en défaillance en face de Sa grandeur.
II
5 Tout ce que nous avons dans l’âme et dans le corps, quoi que nous possédions au dehors ou au dedans, naturellement ou surnaturellement, provient de Tes bienfaits et Te proclame bienfaisant, miséricordieux et bon, Toi par qui nous avons reçu tous les biens !
6 Et si l’un a reçu plus, l’autre moins, tout cependant vient de Toi, car sans Toi, je ne puis avoir le moindre rien.
III
7 Celui quia reçu davantage ne peut tirer gloire de son mérite, ni s’élever au-dessus des autres, ni insulter plus petit que lui parce qu’est plus grand et meilleur celui qui s’attribue moins et qui, témoignant sa reconnaissance, est plus humble et plus fervent.
8 Et celui qui s’estime plus vil et se juge plus indigne est plus apte à recevoir davantage.
III
9 Celui qui a moins reçu ne doit pas s’attrister ni s’indigner, ni porter envie à plus riche, mais plutôt Te considérer et louer surtout Ta bonté, parce qu’abondamment, si gracieusement, si libéralement, sans acception de personne Rom., II, 11. , Tu répands largement Tes présents.
10 Tout provient de Toi, Tu dois donc être loué en tout.
11 Tu sais ce qu’il convient de donner à chacun ; pourquoi celui-là a moins, celui-là plus ; ce n’est pas à nous de le discerner, mais à Toi auprès de qui sont défilais les mérites de chacun.
IV
12 D’où je tiens pour grand bienfait, Seigneur Dieu, de n’avoir guère de ce qui semble louable et glorieux à l’extérieur et selon les hommes.
13 En sorte que celui qui considère la pauvreté et la bassesse de sa personne, en aucune façon n’en conçoit peine, tristesse ou abattement, mais plutôt grande consolation et joie, parce que Toi, Dieu, Tu as choisi comme amis et familiers les pauvres et les humbles, les méprisés de ce monde.
14 Témoins Tes Apôtres eux-mêmes, que Tu as établis princes sur toute la terre Ps., XLIV, 17. .
15 Ils se sont comportés en ce monde sans se plaindre, si humbles et si simples, si purs de toute malice et ruse qu’ils se réjouissaient de souffrir, pour Ton Nom, des outrages Philip., III, 6 ; I Petr., II, 1 ; Act., V, 41. et qu’ils embrassaient d’un grand désir ce que le monde abhorre.
V
16 Rien ne doit donc réjouir celui qui T’aime et qui connaît Tes bienfaits comme l’accomplissement de Ta volonté en lui, et le bon plaisir de Ton éternelle providence. Il doit en avoir tant de contentement et de consolation qu’il veuille être le plus petit aussi volontiers qu’un autre souhaiterait être le plus grand, être en paix et contentement dans la dernière place comme en la première Luc., XIV, 10. , être d’aussi bon coeur méprisé et abject L'abjection est un état d'extrême humiliation qui crie justice auprès du tribunal de Dieu. Ainsi Jean de la Croix, mourant, réduit par la maladie et persécuté par le supérieur du Carmel d'Ubeda ; ainsi saint Alphonse de Liguori, privé de la moindre table et réduit à écrire à genoux devant une chaise en ses dernières années. Il semblerait qu'il n'y a pas de plus grande animosité que celle dirigée contre les plus , sans renommée ni L'abjection est un état d'extrême humiliation qui crie justice auprès du tribunal de Dieu. Ainsi Jean de la Croix, mourant, réduit par la maladie et persécuté par le supérieur du Carmel d'Ubeda ; ainsi saint Alphonse de Liguori, privé de la moindre table et réduit à écrire à genoux devant une chaise en ses dernières années. Il semblerait qu'il n'y a pas de plus grande animosité que celle dirigée contre les plus considération, que d’être honoré et plus grand que tous les autres dans le monde.
17 Car Ta volonté et l’amour de Ton amour doivent tout surpasser et plus le consoler, et davantage lui plaire que tous les bienfaits qui lui ont été, ou lui seront donnés.