CHAPITRE XVI – Qu’il faut chercher la vraie consolation en Dieu seul
I
1 Le Disciple : Tout ce que je puis désirer ou imaginer pour ma consolation, je ne l’attends point ici bas mais dans la vie future.
2 Car si j’avais, à moi seul, toutes les consolations du monde, et pouvais jouir de tous ses délices, il est certain qu’elles ne pourraient durer longtemps.
3 Tu ne pourras, mon âme, être pleinement consolée Ps., LXXVI, 4. ni parfaitement recréée, sinon par Dieu*, consolateur des pauvres et protecteur des humbles.
4 Attends un peu, mon âme, attends la divine promesse et tu auras dans le ciel abondance de tous biens.
5 Si tu désires les biens présents avec un dérèglement excessif, tu perdras les biens éternels et célestes.
6 Use des biens temporels, désire les éternels.
7 Tu ne peux être rassasiée par quelque bien temporel, parce que tu n’as pas été créée pour jouir de ceux-là.
II
8 Même si tu possédais tous les biens créés, tu ne pourrais être heureuse ni comblée, car c’est en Dieu, Créateur de toute chose, que consiste ta félicité et ta béatitude, non pas celles qu’imaginent et vantent les insensés amoureux du monde, mais celles qu’attendent les bons fidèles du Christ et que goûtent par avance, parfois, les spirituels et purs de cœur, dont la vie est dans les cieux Philip., III, 20. .
9 Toute consolation humaine est vaine et brève.
10 La bienheureuse et véritable consolation est celle que la Vérité fait percevoir intérieurement.
11 L’homme dévot porte partout avec lui son consolateur Jésus et Lui dit :
12 Sois-moi présent Mgr Puyol fait observer sagement, ici, qu'il ne s'agit pas de la présence ascétique par laquelle on entretient en son esprit la pensée et le souvenir de Dieu, ni de la présence sacramentelle qui nous est communiquée par la Sainte Eucharistie, mais de la présence mystique, du contact de Dieu et de l'âme pure, d'une intimité qui aboutit à l'union. , Seigneur Jésus, en tout lieu et en tout temps.
13 Que ce me soit consolation Job, VI, 10. de vouloir, de bon cœur, me passer de toute consolation humaine.
14 Et si Ta consolation me fait défaut, que Ta volonté et cette juste épreuve soient ma suprême consolation Les premiers chrétiens ne recherchaient point égoïstement de consolations divines sur terre ; ils étaient tout tendus vers le ciel, ils aspiraient au martyre et attendaient la venue du Seigneur. C'est à partir de l'Humanisme que l'homme a recherché des consolations surnaturelles sur cette terre, tout comme les Hébreux associaient la richesse en troupeaux avec la bénédiction divine. .
15 Car Tu ne seras pas perpétuellement irrité et ne menaceras pas éternellement Ps., CII, 9 ; Is., LVII, 16. .