CHAPITRE XI – Qu’il faut examiner et moderer les desirs de son cœur

I

1 Le Verbe : Mon fils, tu as encore à acquérir beaucoup de connaissances que tu n’as pas encore bien apprises.

II

2 Le Disciple : Quelles sont-elles, Seigneur ?

III

3 Le Verbe : Soumettre totalement ton désir* à Mon bon plaisir* Ephes., I, 9. , ne pas t’aimer toi-même mais désirer avidement Ma volonté, pour te rendre semblable à Moi.

4 Souvent tes désirs t’enflamment et te poussent impétueusement, mais considère si tu es mû plutôt à cause de Mon propre honneur ou pour ta propre commodité.

5 Si c’est Moi qui suis en cause, tu seras extrêmement satisfait quoi que J’ordonne.

6 Mais s’il se cache en toi quelque recherche propre, voilà ce qui t’entrave et t’alourdit.

IV

7 Garde-toi donc de trop t’appuyer sur un désir préconçu sans Me consulter de peur que, plus tard, te peine ou te déplaise ce qui t’avait plu tout d’abord et que tu avais poursuivi presque comme le meilleur.

8 Il ne faut pas suivre aussitôt tout mouvement qui paraît bon, pas plus qu’on ne doit fuir, de prime abord, toute affection qui paraît contraire.

9 Il importe parfois d’user de retenue, même dans les bons désirs et les bons exercices, de peur que leur importunité ne te précipite dans la dissipation d’esprit, de peur de causer scandale au prochain par indiscipline, ou encore pour ne pas être brusquement troublé et abattu par la résistance des autres.

V

10 D’autres fois, en vérité, il convient d’user de violence et de s’opposer visiblement à l’appétit sensitif, sans faire attention à ce que veut, ou ne veut pas, la chair, mais plutôt de se donner la peine de la soumettre à l’esprit, même malgré elle.

11 Elle doit être longtemps châtiée et contrainte de se soumettre à la servitude I Cor., IX, 27. jusqu’à ce qu’elle soit prête à tout, qu’elle sache se contenter de peu et se complaire dans la simplicité, et ne pas murmurer contre quelque inconvénient.