CHAPITRE VI – De la joie d’une conscience pure

I

1 La gloire de l’homme de bien, c’est le témoignage d’une conscience pure II Cor., I, 3. .

2 Aie la conscience pure et la joie demeurera toujours en toi.

3 La conscience pure peut supporter beaucoup de contrariétés, et rester toute joyeuse au milieu.

4 La mauvaise conscience est toujours craintive et inquiète.

5 Tu jouiras d’un délicieux repos si ton cœur ne te reproche rien Joan., III, 21. .

6 Ne te réjouis qu’après avoir bien agi.

7 Les méchants n’ont jamais de vraie joie, ni n’éprouvent de paix intérieure parce que, dit le Seigneur, il n’y a point de paix pour les impies Is., XLVIII, 22 et LVII, 21. .

8 Et s’ils disent : “Nous sommes en paix, les malheurs ne fondront pas sur nous, qui osera nous nuire ?” Ne les crois pas. Car la colère de Dieu se lèvera soudain : leurs actes retourneront au néant et leurs pensées périront I Thess., v, 3 ; Prov., XXIV, 22 et XXIX, 1 ; Ps., CXLV, 4. .

II

9 Se glorifier dans la tribulation n’est pas pénible à celui qui aime, car se glorifier ainsi, c’est se glorifier dans la Croix du Seigneur Rom., V, 3 ; Gal., VI, 14. .

10 Brève est la gloire que les hommes donnent ou que l’on accepte.

11 Toujours la gloire du monde est accompagnée de tristesse.

12 La gloire des bons est dans leur conscience et non dans la bouche des hommes.

13 L’allégresse des justes vient de Dieu, est en Dieu, et leur joie vient de la Vérité I Cor., XIII, 6. .

14 Qui désire la véritable et éternelle gloire, ne se soucie point de la gloire temporelle.

15 Et qui recherche la gloire temporelle, ou ne la méprise du fond du cœur, prouve qu’il ne préfère pas la gloire céleste.

16 Qui ne se soucie point des louanges, ni des blâmes, possède une grande tranquillité d’esprit.

III

17 Celui dont la conscience est sans tache, facilement sera satisfait et paisible.

18 Loué, tu n’es pas plus saint, blâmé, pas plus méprisable.

19 Ce que tu es, tu l’es, et tu ne peux être dit plus grand que tu ne l’es au témoignage de Dieu Cette pensée, attribuée à saint François d'Assise, se rencontre à nouveau Op. IV, chap. I, vers. 34. .

20 Si tu fais attention à ce que tu es en toi, intérieurement, tu n’auras cure de ce que disent de toi les hommes.

21 L’homme voit le visage, mais Dieu voit les cœurs I Reg., XVI, 7. .

22 L’homme considère les actes, mais Dieu pèse les intentions.

23 Bien agir toujours, se tenir pour peu est l’indice d’une âme humble.

24 Le refus d’être consolé Pour ne pas rompre la recherche continuelle de balancement entre l'intérieur et l'extérieur, nous conservons, là aussi, l'expression de «consolation» en parlant de la créature, mais il serait mieux de distinguer les «agréments», les «plaisirs» surajoutés, accidentels, des «consolations» reçues intérieurement, donc essentielles. Le chapitre IX de cet Op. II explicitera toutes ces modalités. par une créature quelconque est un signe de grande pureté et grande foi intérieures.

IV

25 Qui ne recherche aucun témoignage au dehors Extrinsecus : au dehors de lui-même. Évidence fondée sur ce que Dieu habite au-dedans, que le juge suprême habite à l'intérieur ; sans cette base, ce pourrait être l'indice d'un effroyable orgueil. s’est, de toute évidence, remis en Dieu tout entier.

26 En effet, dit saint Paul, ce n’est pas celui qui se recommande lui-même qui est digne d’approbation, mais celui que Dieu recommande II Cor., X, 18. .

27 Marcher intérieurement en la présence de Dieu Mich., VI, 8 ; Gen., V, 22, 24 etc. , n’être tenu par aucune affection au dehors, tel est l’état de l’homme intérieur.